Jus d’“Inkeri”, Usine d’Enfance & Limites d’Entreprenariat ?


J’ai toujours cru que les inégalités en termes d’opportunités peuvent contribuer aux risques d’inégalités en termes d’épanouissement. Mais aussi, il me parait toujours que les rêves se font souvent inspirer par notre environnement, tant physique que psychique. C’est dans ce sens que le bloggeur est conscient que certains de nous réussissent difficilement car ayant été confrontés par ces contraintes de longues années. Certaines de celles-ci se construisent durant notre enfance car nous avons longtemps été moins ambitieux dû à l’environnement ne l’a pas permis.

Je devais apprendre la pédagogie générale car l’environnement ne m’offrait pas d’autres choix. Toutefois, mes enseignants et collègues savaient bien que j’étais « confortable » en mathématiques. J’aurai mieux compris la mathématique, la physique et la chimie si un laboratoire était à mes côtés. Le seul laboratoire où le bloggeur pouvait exercer ses talents, se trouvait derrière le village de Nyakirango en groupement Bijombo. Je l’appelle aujourd’hui une « Usine d’Enfance » qui traitait les fraises naturelles. Le lecteur comprendrait que je suis en train de signifier fraise par « Inkeri » en Kinyamulenge. Il ne serait pas opportun de m’accuser d’interprétation erronée car ces langues dites modernes nous les avons même apprises difficilement. C’est avec beaucoup d’efforts qu’un paragraphe se construit car Papa et Maman n’en ont jamais parlées. Toutefois, tous deux restent aussi SAGES que jamais et m’ont plus servi des modèles.

Derrière ledit village de Nyakirango, tout au long des collines qui relient ce dernier au village de Mugeti, se trouvait d’espaces verts non utilisés ; alors que auraient mieux été adaptés pour l’agriculture. Ces espaces étaient plutôt réservés au pâturage de vaches mais aussi de chèvres. Ces espaces étaient aussi caractérisés par de types de savanes qu’on appelle souvent « udushigo ». Là je ne saurais pas vraiment expliciter ; mais il s’agit apparemment de savanes caractérisées par d’arbres en petite taille et nombre. C’est dans ces « udushigo » qu’on trouvait ces fraises naturelles ; je vais simplement signifier, des fraises qui n’ont pas été plantées.

Fraises_1
Fraises “Modernes”

Ces fraises étaient de meilleure qualité plus que celles vous avez trouvé n’importe où dans le monde. J’affirmerais d’ailleurs que cette entité est favorable pour la culture d’Inkeri de façon qu’elle puisse développer cette culture dans le sens industriel. Noires et de grande taille au point qu’on pouvait « fabriquer » aisément un litre du jus dans un laps de temps. Et notre usine d’enfance n’exigeait que quelques matériels et équipements en termes de mise en place d’unité de fabrication de ce jus. On devait simplement préparer un morceau de bambou, appelle communément « ishengo » comme une vase dans laquelle ce jus est fabriqué. A côté de ce morceau de bambou tout mûr, il fallait avoir un autre morceau de tige bien propre qui servait pour mixage (concasser, broyer ou piler). Le morceau bambou mûr est à différencier avec l’autre moins mûr qui servait pour préparer le « riz »[1]. C’est de la chimie élémentaire car avec la force physique, la tige propre servait d’outil pour frotter les fraises au sein de la vase dite « ishengo ».

Le produit final était un jus extraordinaire que nous appelions « umutobe », de goût exceptionnel sans aucun mélange de substance chimique. On pouvait en faire autant qu’on voulait au point de ramener 2-3 litres de jus à la maison selon le temps vous imparti. Toutefois, la fabrication de ces jus ne pouvait en aucun cas justifier tout manquement de la part de nos obligations; surtout que ces unités de fabrication mobile pouvaient faire que nous abandonnions les vaches/chèvres. Malgré le risque de manquement à nos obligations, le goût du jus nous incitait souvent à ne pas répondre à certaines responsabilités. De fois, on devait trouver d’autres fausses explications pour éviter les punitions. L’histoire vous intéresserait si vous recherchez d’espaces pour cultiver ou avez d’ambitions industrielles.

Fraise_2
Fraises “modernes”

Cette expérience est située vers les années 1986-90. Bien que ces unités de fabrication qui datent de longtemps ne pouvaient pas être durables, elles restent parmi les seules expériences d’usine d’enfance. En ce temps-là, le bloggeur croit que nos amis de Kinshasa de même âge que nous auraient peut-être eu la chance de visiter une usine à Limete ou Kingabwa tout comme ils pouvaient le faire à la primature. Ils peuvent, par chance de proximité à un environnement bien propice développer les idées qui leur feraient de bons entrepreneurs industriels. Autant que je pensais souvent à l’utilisation de bambous, la tige propre et l’usage de muscles, les autres avaient commencé à deviner l’importance du courant électrique, la combinaison de produits à travers une machine ainsi que sa pérennité.

Ce cas d’une usine d’enfance n’est-il pas possible encore une fois, 30 ans après ? Peut-être que les jeunes garçons et filles de la contrée ne trouvent plus ces fraises qui viennent par elles-mêmes. A la place de celles-là, il y a lieu d’en cultiver d’autres catégories de fraises comme ça se fait ailleurs. Nonobstant, je crois que cette chance n’a pas encore souri aux enfants de Bijombo. Comme ces fraises naturelles sont en déclin, ces types de jus sont néanmoins devenus mystérieux. Pour trouver des jus, mes camarades villageois seront soit obligés de venir s’installer à Kinshasa ou ne plus y penser.

Devrions-nous tous aller vivre à Kinshasa ou dans d’autres centres urbains ? Pas du tout car les conditions ne deviendront que difficiles si tous déciderons de venir s’installer dans Malebo. Une autre solution est possible pour ne pas entretenir ces disparités ruraux-urbaines ? Peut-être oui. IL S’AGIRAIT DE LOCALISER LA PRIMATURE DANS CES VILLAGES POUR QUE CES JEUNES FILLES ET GARCONS DE MON ECOLE PRIMAIRE PUISSENT ASPIRER UN JOUR A DEVENIR PREMIER MINISTRE DE CE PAYS.

Voulez-vous savoir pourquoi je suis élancé de taille, bloggeur et amateur du village ? Consultez ce lien.

Ntanyoma R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Compte Twitter @delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

[1] Il s’agissait de petites particules des maïs qui restent après l’exercice de trouver de la farine.

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