Les Décisives 48 Heures de Divorce Total, Confrontation & Fin Tragique de l’UDPS ?


Dans son discours au Congrès, le Président Joseph Kabila a publiquement déclaré que les questions qui divisaient lors de négociations au Centre Interdiocésain ne doivent pas prendre en otage toute la République car elles renferment une notion d’ego de la classe politique. Dans un discours encadré par l’article 77 de la Constitution, le Raïs a annoncé une nomination d’un Premier Ministre dans les 48 heures à venir (il n’en reste moins que ça); s’agit-il d’une décision qui met fin aux tractations entre le PPRD-UDPS depuis Ibiza,Venise, Paris, Bruxelles… ? La question du Conseil National de Suivi d’Accord (CNSA) a été soumise aux deux chambres du Parlement pour encadrer juridiquement cette institution d’appui à la démocratie. Etant le premier et le dernier pour l’exercice 2017 (si ma mémoire n’abuse pas cfr Art 119), le discours du Président Joseph Kabila a tourné autour de la situation sécuritaire au centre du pays ainsi que la morosité qui gangrène l’économie du pays. Il est à reconnaitre toutefois que la RDC traverse une période cruciale de la crise politico-électorale couplée de la précarité économique de son peuple.

Tout en rendant hommage aux efforts d’Evêques de la CENCO ainsi qu’une reconnaissance de l’importance des deux accords encadrant la période pré-électorale (transitoire), le Chef de l’Etat a encore une fois appelé au Rassemblement de trouver une issue aux querelles internes afin de présenter les candidats « Premier Ministrables ». Néanmoins, l’observateur bien informé croirait que ça prendrait autant de milliers de jours pour qu’un compromis soit trouvé entre les cadres du Rassemblement ; et surtout que les raisons de dislocation se situent dans le fait de n’avoir pas préparé la relève démocratique de son leader charismatique Etienne Tshisekedi. Cependant, il est important de ne pas exclure la possibilité que la nomination de ce Premier Ministre peut encore prendre quelques jours car les annonces publiques ne concordent souvent pas avec l’art de la politique. Dans tous les cas, la question Congolaise ne peut difficilement connaitre d’interférences—injonctions de toute part au point que la dernière décision exigerait qu’on y pense doublement.

La crise politique et ses conséquences en termes de positionnement n’ont pas épargné non plus l’UDPS, parti cher à l’Honorable Felix Tshilombo. En plus des dissidences qui tourneraient autour du choix de l’UDPS de trouver un allié potentiellement maitrisant les poumons de décision du régime en place, ce parti connait tacitement un problème de lutte de leadership. Il semblerait objectivement que le leadership de ce « grand » parti dans le passé ne s’accorde pas aussi sur qui doit diriger ce parti après la mort du Sphinx de Limete. Le lecteur se souviendra qu’il y a quelques mois, le « dissident » Bruno Mavungu avait décidé de créer son propre parti. De son vivant, le poids d’Etienne Tshisekedi pourrait facilement contenir la grogne au sein de cadres de son parti curieusement et que les conséquences soient au degré minimal possible. Elles pouvaient aussi passer inaperçues et surtout qu’une ouverture existait dans les négociations.

Les donnes ont changé et la « démocratie multi-ethnique» a permis que chacun puisse créer son parti et mieux se positionner aussi longtemps que cela jouerait pour le compte du côté adverse. Nous assistons ce dernier jour le refus de Bruno Tshibala de suivre Felix et Moise-Pierre en s’alignant derrière Joseph Olengha Nkoy. Dans la foulée, même Valentin Mubake est exclu de son parti pour avoir rencontré le Président Kabila. L’UDPS dont son leader n’a pas encore été enterré se situerait entre le marteau et l’enclume pour faire un choix entre le rejet de « nouveaux-venus » ou l’atomisation de son cerveau. Rien ne dit vraiment pas que ceux qui quittent ont fait le bon choix. Toutefois, la confusion autour de famille politique et biologique semble exprimer que la démocratie est loin de se mettre en place au sein de partis politiques qui prônent haut et fort de restaurer celle-ci. Nous assistons à maintes reprises à de situation qui veulent nous imposer l’héritage familiale au détriment de l’héritage politique ; un choix qui déplairait aux cadres qui ont longtemps combattu pour une cause dite politique-idéologique.

Personnellement, j’avais toujours cru au calcul politique et croire que les négociations PPRD-UDPS vont toujours réussir. Les défis au sein de ce deux grands partis politiques m’ont semblé avoir de similarités : ne pas être prêts aux élections en 2016-18 car les dauphins trainent à être trouvés. Dans ce cas, le dénominateur commun était important pour que les stratèges de la renaissance et de la nouvelle génération puissent s’accorder sur la gestion de la transition. L’imprévisibilité de la politique congolaise tend à me prouver le contraire car la nomination du Premier Ministre (PM) peut ne pas s’aligner dans cette logique. Si la nomination de ce PM ne tient plus compte de l’effort de l’UDPS dans l’accalmie que connait ce pays présentement, mon entendement me laisser présager que l’aile lésée pourra recourir à la confrontation—violence. Cette assertion est moins fausse car ce 10.04.2017 est prévue une manifestation décidée par Kabund (Secrétaire Général de l’UDPS) et dont le Rassemblement, aile Felix a enjoint sa main. La gestion de la violence de la rue dans le contexte actuel ainsi que les divisions internes au sein du Rassemblement-UDPS me laisserait croire que l’avenir de ce parti progressiste Socialiste ne pas rassurant.

C’est serait fort d’affirmer qu’il s’agit d’une fin tragique mais l’avenir du parti de Limete reste dans le tourment. L’avenir de ce parti tiendrait en grande partie à la souplesse de ces nouveaux cadres de privilégier le dialogue à l’interne mais aussi au sein des regroupements dans lesquels il occupe une position importante. La confrontation et la rue auront inévitablement de conséquences néfastes sur l’ensemble du territoire national au point qu’elles ne doivent pas constituer l’unique voie qui reste. Au même moment, j’appelle aux tenants du pouvoir de ne pas simplement croire en sa capacité de contenir la rue mais entreprendre la logique pacifique de résoudre nos différends. En plus de cela, je leurs exhorte de comprendre que le peuple ne s’aligne pas derrière tout ce monde car chacun d’entre nous veut devenir Premier Ministre. Non. Je tiens encore à insister sur le fait que le peuple ordinaire veut voir son vécu quotidien s’améliorer et cela dépendra plus du choix de redistribuer équitablement les richesses nationales que de la personne au poste de Premier Ministre.

Il est alors dans l’intérêt du pouvoir de mieux appréhender les demandes du peuple et y répondre avec engagement que de recourir à l’usage de la force car ceux qui sont considérés comme déviants peuvent ne pas tous l’être si les conditions s’améliorent. En fin, avons toujours à suivre ceux qui recherchent leurs intérêts personnels et détruire profondément ce tissu socio-économique fragile ? Il est sage de mieux comprendre l’implication de nos choix ainsi que ce qu’attend cette nation de notre part. Pensez-vous autrement ?

NTANYOMA R. Delphin

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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