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Actualité et analyse de la situation en RDC.

Kinshasa & ses Millions d’habitants Exposés à l’Imprévisible: Quelque Chose se Fomente en Coulisse ?


La violence a élu domicile en RDC, mais on la croyait dans le fin-fonds du pays. On ne s’attendait pas facilement que tels événements se passent dans la capitale Kinshasa mais plutôt au Kivu, Ituri, Kasai, Tanganyika, pour ne citer que celles-ci. Le public Kinois ainsi que la population en générale connaissait souvent que les possibles événements qui dégénèrent vont se passer tel ou tel jour. Cela parce la population était souvent informée de manifestations politiques qui s’annoncent quelques semaines avant. Elles dégénèrent au point d’assister à la barbarie, mais tout de même, il y avait une possibilité de prendre de dispositions.

Présentement, Kinshasa pourra vivre d’événements à grande échelle qui restent imprévisibles. Sa population estimée aux environs de 12 millions, les Kinois(es) vivent au taux du jour et surtout du Petty commerce comme au marché central Zando, Zigida etc. Depuis la libération mystérieuse du leader religieux mythique de Bundu Dia Mayala (BDM) en date du 17/05/2017 (journée de libération), Kinshasa connait un climat de terreur avec d’incursions d’éléments dont on ne connait pas encore leur appartenance. Ne Muanda Nsemi aurait fui la prison Centrale de Makala dans de circonstances inconcevables et c’était peut-être tôt le matin. Sa disparition amène le public à croire qu’il est mythique mais, de zones d’ombres existent. Peut-on lire un disfonctionnement de forces de sécurité ?

Le marché centrale de Kinshasa a été attaque cet après-midi (14/07/2017) par des hommes dit aux bandeaux rouges, symbole de la secte Bundu dia Mayala ; mais aussi les Kamuina Nsapu en utilisent possiblement. On en a dénombré quelques morts dont l’administratrice de ce marché. Chantal Mombi Mboyo, elle n’a vraisemblablement pas rien à faire avec la politique (Que son âme repose en paix et tous ces victims innocents). Il serait que plusieurs personnes dont les policiers commis à la garde de ce lieu qui fait la vie de milliers de Kinois ordinaires auraient succombés durant cette attaque. Une situation de panique généralisée a atteint tout Kinshasa et la suite est imprévisible. Il doit y avoir eu de dégâts matériels, de pillages de biens dont on ne saura pas dénombrer.

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Dégâts a la prison de Makala, Photo : Radio Okapi

Il y a quelques semaines, le Rond-Point Victoire, l’un de grand carrefour de Kinshasa a été attaqué en date du 29 Juin 2017, la veille de la cérémonie de l’indépendance. On avait signalé de personnes se couvrant de bandeaux rouges en tête pour signifier qu’il s’agirait des adeptes de BDM. Quelques semaines avant, la prison du Parquet de Matete dans la Commune de Matete avait été attaquée par de personnes inconnues et on fait libérer les prisonniers. L’attaque eut lieu en date du 11/06/2017 et aurait fait 2 morts et plusieurs  blessés parmi les policiers. Les mêmes cas se sont produits à Beni/Nord-Kivu, le 11 Juin 2017 faisant au moins 11 morts, de milliers de prisonniers se sont volatilisés. La nuit du 18-19 Mai 2017, Kasangulu dans le Congo Central a connu ce même scenario, une évasion spectaculaire s’est produite sans qu’on en sache la destination de ses prisonniers.

Ne Muanda Nsemi a récemment promu une riposte généralisée si les 3000 ‘Rwandais’ au service de la colonisation ne décident pas de rentrer volontairement chez eux. Ces Rwandais auxquels  fait allusion Ne Muanda Nsemi sont en premier lieu, le Président de la République, Joseph Kabila ainsi que Bizima Karaha. Dans une vidéo postée en date 27 Juin 2017, il avait donné un ultimatum à ces ‘envahisseurs’ de quitter volontairement le Congo, une décision qui lui plairait plus au point de faire une visite de courtoisie (fraternelle) au pays voisin, le Rwanda. A défaut de respecter cet ultimatum, le lundi 07/08/2017, Ne Muanda prendra les choses en main et ‘libérer’ le pays. La suite serait que « nous serons intraitables, appliquerons la loi de justice divine qui signifie œil pour œil, dent pour dent ». Il insiste surtout sur le fait qu’il n’est pas en connivence avec le pouvoir et en Afrique on vote son appartenance ethnique. Il y a anguille sous roche comme quoi, sa ‘connivence’ lui a été signifiée par ses proches. La mobilisation ayant de limites qui tournent autour d’identités ethniques au point d’affirmer que Thambwe Mwamba Alexis est Burundais.

A la lecture de la suite de ces événements, on peut se poser plusieurs questions. Sommes-nous en train de vivre ce scenario promu par Ne Muanda Nsemi? Où sont les brèches qui font que les assaillants s’introduisent pendant la journée dans une grande ville comme Kinshasa et opèrent facilement ? Quel appui ont ces assaillants pour se dissimuler facilement au sein de la population ? La magie mythique ! N’est-il pas possible que des malfrats se cacheraient derrière ces déclarations ‘politiques’ moins mesurées pour d’intérêt égoïstes et mettre en pratique ce plan macabre visant à déstabiliser tout le pays? Peut-on aller loin et penser qu’il s’agit d’une histoire qui se répète où l’Ouest du pays veut prendre le devant comme l’a fait Pierre Mulele ? Inévitablement, ce climat aura d’effet négatif sur l’ensemble du territoire car il y a plusieurs zones dont l’autorité de l’état est encore inexistante. Qu’avons-nous fait pour demeurer dans la violence de siècles durant ? Wait and see.

Ntanyoma Rukumbuzi Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

 

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Le drame du Kasaï : Amalgame & Victimisation Collective ?


Le drame du Kasaï a atteint son paroxysme avec des milliers de morts, une quarantaine de fosses communes selon certaines sources, de milliers de déplacés internes mais aussi dans les pays limitrophes comme l’Angola. L’origine de ce drame s’inscrit en grande partie dans l’impunité qu’a connue la République Démocratique du Congo (RDC) de décennies durant mais aussi dans l’instrumentalisation et manipulation de la jeunesse à des fins politiques. L’instrumentalisation―manipulation vise la jeunesse qui, vivant à leur dépends, se sent marginalisée et peut répondre facilement à tous les appels sans toutefois penser à la finalité de leurs actes. Pour preuve, le phénomène Kamuina Nsapu qui endeuille cette partie du pays aurait enrôlé de milliers d’enfants au sein de cette « insurrection » dont les forces de sécurité sont accusées d’avoir usé une riposte disproportionnée.

Le Gouvernement de la RDC et les Nations Unies tardent à s’accorder sur l’approche de mener une enquête indépendante pour déterminer les causes et responsabilités de ce drame qui a fini par emporter les enquêteurs de l’ONU, Miachael Sharp et Zaida Catalan dans les circonstances non encore élucidées. Dans la foulée, l’Union Européenne a recouru aux sanctions ciblant 9 officiels RD Congolais présumés être responsables de ce drame. L’intérêt de mettre fin à ce drame a aussi fait que la communauté internationale, les médias internationaux s’activent pour apporter leurs voix en vue de plaider en faveur de victimes de ce drame sans précédent que connait le grand Kasaï. Parmi le plus marquants de ces médias, on trouve la Radio France Internationale (RFI) et son reportage sur les origines de massacres.

L’objet de cet article est d’apporter un éclaircissement sur les allégations qui tendent à victimiser et amalgamer certaines communautés comme étant de commanditaires collectifs alors que l’affirmation est basée sur la présence de militaires au Kasaï  appartenant à ces communautés. En deuxième lieu, l’article veut rappeler que la violence au Kasaï et en RDC en général est plus ancienne que l’Alliance de Forces Démocratiques pour la Libération du Congo/Zaïre du feu Mzee Laurent Désiré Kabila. L’une des raisons qui font que  l’impunité se perpétue serait que les événements s’interprètent sur base d’intérêts politiques en place et lieu de rendre la justice aux victimes. C’est dans cette optique que les exactions commises par les Kamuina Nsapu semblent ne pas avoir de responsabilités à être sanctionnées? Enfin, l’article conseille en particulier les médias d’éviter les formes de reportage influencées par de sentiments de haine au point de replonger la région dans une crise multidimensionnelle et répétitive.

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Chef Kamuina Nsapu, Jean Prince Mpadi (décédé  le 12 Aout 2016)

Le reportage de RFI dont vous pouvez retrouver sur ce lien à l’internet (reportage chapitre 1 ; reportage chapitre 2) a quelques failles ou imperfections qui doivent être éclaircies pour éviter  la victimisation collective d’une communauté ou de certains individus membres des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) faisant partie de ces mêmes communautés.

D’après ce reportage, l’actuelle insurrection  des adeptes du chef coutumier Kamuina Nsapu  dans la province du Kasaï Central serait une réaction des communautés locales contre le déploiement dans cette région de soldats que son auteur appelle des ‘Rwandophones’. A titre de rappel, au cours de ces différentes guerres qui ont successivement secouées la RDC dans ces dernières décennies, ce terme est souvent utilisé par plusieurs médias et hommes politiques, pour désigner les membres de la communauté Banyamulenge du Sud-Kivu et les communautés Hutu & Tutsi du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (DRC). Selon plusieurs sources concordantes, l’élément déclencheur de ce conflit est loin d’être celui avancé dans le reportage de la RFI en date du 13 et 16 Juin 2017.

Kamuina Nsapu c’est une chefferie traditionnelle située dans Kasaï Central. Depuis 2015, une loi conférant un statut légal à toutes les chefferies en RDC a été adoptée où les chefs se sont vus probablement attribués quelques avantages financiers par l’Etat Congolais. Toutefois, l’application de cette loi a connu certains défis au point que quelques chefferies n’ont pas été reconnues par le gouvernement mais aussi il avait été question d’une possibilité que la loi ait été utilisée pour de fins politiques. L’origine de l’actuel conflit au Kasaï Central est liée au fait que les  habitants de la chefferie de Kamwina Nsapu ainsi que leur chef auraient voulu réclamer la reconnaissance de celle-ci mais aussi les avantages que leur conféraient cette loi auprès du pouvoir central de Kinshasa. En d’autres termes, le déclenchement de ce conflit n’a aucun lien de rapport direct avec le déploiement de soi-disant militaires dits ‘Rwandophones’ pointés du doigt  par le reportage de RFI.

En outre, malgré l’inexistence des preuves tangibles de ses allégations, le même reportage pointe du doigt  certains officiers de l’armée Congolaise appartenant à  ces communautés ci-haut citées, y compris même ceux qui ne sont actuellement pas déployés dans la province du Kasaï Central d’être responsable des nombreux violations des droits de l’homme en RDC. Sans aucun doute, tous les actes horribles qui se sont commis dans la province du Kasaï Central sont condamnables et inacceptables. Toutefois, la désignation des présumés auteurs de ces crimes ne doit pas être fondée sur des motivations à caractère discriminatoire.

Le reportage de la RFI porte en son sein certains éléments d’idées propagées par les extrémistes et manipulateurs dans la région de Grands Lacs et en RDC en particulier consistant à imputer tous les événements malheureux que le Congo ait traversés durant ces dernières décennies  aux seuls membres de la communauté dit Tutsi, y compris le Banyamulenge. Telle est aussi l’idéologie de plusieurs groupes armés de l’Est du Congo ne jurant que par l’anéantissement collectif de ceux qu’ils considèrent comme des ‘étrangers―envahisseurs’. Cette campagne de diabolisation a pris une ampleur aussi grande au point que les médias sociaux ainsi que les politiciens opportunistes n’hésitent pas à appeler à la haine et même à l’extermination de ces groupes communautaires. Le fait que Rfi ait amalgamé la responsabilité de ces militaires et officiers congolais avec leurs communautés suscite une grande inquiétude et beaucoup de questionnements. Et quelles sont ces imperfections et failles ?

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Jeunes enrôlés dans le Kamuina Nsapu

Partout dans le monde, il est reconnu aux structures militaires d’être très rigoureuses et hiérarchisées au point que quelques individus, forts soient-ils, ne peuvent être les seuls responsables d’une opération qui a duré aux environs de deux ans. En dépit de disfonctionnement, il serait hasardeux d’affirmer que les forces de sécurité de la RDC opèrent en forme de milices, où certaines personnes décident de quoi faire sans que leurs supérieurs n’y payent d’attention. Cette conception tend à questionner l’objectivité d’éléments collectés pour déterminer les responsables de ce drame du Kasaï. En plus de cela, il est important de rappeler que l’armée nationale Congolaise (les Forces Armées de la RDC) ne constitue pas une branche indépendante de la gestion du pays comme le prétend le reportage RFI en stipulant que le seul militaire sanctionné est le Général Ruhorimbere Eric.

De surcroit, le reportage blesse quand il se lance, sans s’en rendre compte, dans la fournaise de la manipulation et discours de haine des extrémités qui ne veulent pas voir certains faciès sur ‘leurs terres’. Il est aberrant que la RFI ait pris dans l’amalgame toute la communauté Banyamulenge et celle dénommée ‘Rwandophones’ comme des criminels tuant au Kasaï. Dans une affirmation aussi tragique que forte, RFI affirme que « Les responsables sont connus. Ils sont le produit des heures les plus sombres de l’histoire du Congo, celles de ses deux guerres et des atrocités qui se perpétuent depuis dans l’Est du pays». Et bizarrement, les seules personnes dont on peut identifier leurs appartenances ethniques sont seulement Ruhorimbere Eric ainsi que François Muhire Sebasonza alors que Julle Bukamumbe et She Kasikila sont épargnés. Y’a-t-il une raison pertinente de présenter les faits de cette façon même si Julle est cité comme originaire du Kasaï, parlant Tshiluba? Pourquoi les deux premiers ne sont pas cités comme originaires du Sud-Kivu et Nord-Kivu peut-être ?

En parcourant le reportage RFI, on dirait que ces Banyamulenge ou ‘Rwandophones’ ont été spécifiquement déployés au Kasaï pour massacrer sa population et qu’ils aient exportés le conflit de l’est vers le centre. Alors que les informations à notre disposition prouvent que Ruhorimbere et Muhire ne sont pas les premiers responsables des unités opérant dans le Kasaï, on se demanderait pourquoi ils doivent faire l’objet de la campagne médiatique comme de seuls criminels. Il parait que le Général de Brigade Lombe Bwangangu Emmanuel ainsi que le Colonel Putela Bertin respectivement commandant région militaire du Kasaï et commandant Régiment dont Muhire Sebasonza (que personnellement je ne connais pas) est l’adjoint sont basés dans le Kasaï Central depuis le début des opérations.

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un de fosses communes dans le Kasaï

On se poserait une question de savoir comment l’adjoint du Général Emmanuel et celui de Bertin sont les premiers responsables ? Opéraient-ils en milice ? Et d’ailleurs, avant de rejoindre ce Régiment, Muhire fut commandant Second dans le Régiment dont le commandement appartient à un autre Colonel bien connu. Clairement, le commandant Régiment Second peut difficilement opérer pendant deux ans sans que le Commandant Régiment mais aussi le Commandant région n’en sache rien ; à moins que cela soit une milice au sein d’une armée hiérarchisée.

Pour preuve que cette structure fonctionne en armée sous commandement de la hiérarchie militaire, de témoins affirment que le Général Ruhorimbere Eric était en voyage de soins ou de vacances en Belgique durant les premiers mois de la crise au Kasaï. En plus de trois semaines et demie qu’il ait passé à Kinshasa, son séjour aurait duré presque trois mois entre mi-Juillet et début Octobre 2016. Pendant ce temps de vacances du Général Ruhorimbere, les opérations au Kasaï  se faisaient télécommander à partir de Bruxelles ? Je doute fort.  Si la région militaire du Kasaï, ayant un commandant au grade de Général de Brigade, peut fonctionner et opérer durant trois mois d’absence de son adjoint en charges des opérations, cela prouve à suffisance que l’armée fonctionne et opère sous les ordres de sa hiérarchie et non pas d’un individu car appartenant à la ‘communauté de criminels’.

Ces imperfections et failles mais aussi le contexte politique actuel m’amène à penser que ces révélations ne visent pas en premier lieu à servir le peuple congolais. Et pourquoi rappeler qu’il y a eu impunité d’un demi-siècle alors que peu a été fait pour rendre justice aux victimes. Le moment est-il propice pour prouver que les congolais ont connu d’atrocités inimaginables ? Les précipitations dans les investigations peuvent mener à des conclusions erronées qui auront de conséquences néfastes et irréparables. Toutefois, l’objet de cet article n’est pas d’affirmer ou d’infirmer la responsabilité de tel ou tel dans le drame du Kasaï, mais plutôt d’exiger que les responsabilités soient individuelles et objectivement établies.

Il est évident que le drame du Kasaï a été orchestré par des personnes dont la responsabilité devrait être indépendamment déterminée. Toutefois, les sanctions semblent avoir déjà jugé la partie coupable alors qu’elles ont épargné les responsables de Kamuina Nsapu comme si l’enrôlement de ces enfants ainsi que les crimes commis par ce groupe sont légers. Que les officiers FARDC aient, d’une manière ou d’une autre, été individuellement impliqués dans le drame au Kasaï, le bon sens exige de ne pas les mêler à leurs communautés ethniques. De plus, l’impunité en RDC et à l’Est n’est pas à présenter comme si les crimes ont été commis par les seules officiers Banyamulenge. Je précise bien que l’argument ne vise pas à les dédouaner.

« Eric Ruhorimbere est, notamment, soupçonné de faire partie des commandants banyamulenge ayant participé à l’assassinat de 36 officiers congolais à l’aéroport de Kavumu au Sud-Kivu, le 4 août 1998, et aux massacres de Makobola et Kasika au Sud-Kivu entre 1998 et 1999 » rapporte Rfi.

L’observateur indépendant s’accorderait avec moi que l’impunité en RDC est immense, au-delà de ces 10 années citées par RFI. Simplement, elle peut se réduire pour une raison ou une autre afin d’inciter le lecteur à focaliser sur certains événements. De 1996-1999, de milliers de massacre ont été commis à l’est du pays et ont été perpétrés dans plusieurs localités dont Makobola, Bibogobogo, Mboko, Kabera, Kasika, Bukavu mais aussi à Kinshasa, Kamina, Lubumbashi, et ailleurs. A une certaine mesure, certains de ces massacres visaient principalement les communautés bien identifiables et sur instruction de groupes rebelles ou de l’Etat Zaïrois/Congolais. Je redoute que la RFI ait été à mesure d’identifier ces présumés criminels impliqués dans tous ces crimes sans précédents parmi ceux qui ont opéré au Kasaï. Si non, ce reportage se serait servi des informations tendant à victimiser et amalgamer collectivement certaines communautés dont certains manipulateurs et opportunistes croient à tort qu’elles sont de criminels collectifs?

« Le territoire de Kamuina Nsapu voit alors déferler une armée commandée par des officiers, pour l’essentiel Rwandophones. Ces officiers qu’il accusait de son vivant d’avoir violé ses attributs de pouvoir et de tout faire pour maintenir le président Joseph Kabila au pouvoir après la fin de son deuxième et dernier mandat » Rfi rapporte.

Ce reportage n’hésite pas d’affirmer que ces militaires de l’Est sont les seules à tuer même devant les casques bleus de Nations Unies. Le reportage de RFI mentionne que « Après 10 ans d’impunité, ces officiers, redoutés, n’hésitent pas à massacrer, même sous le regard des casques bleus, comme à Kiwanja en 2008 ». Le lecteur peut facilement comprendre que l’intention est de prouver que ces criminels ‘identifiables par leur appartenance ethnique’, le sont durant de décennies tout en se basant sur  les preuves qui restent réfutables. Cela n’a-t-il pas de lien avec la façon dont ils sont vus par les habitants du grand Kasaï ? Et d’ailleurs dans ce reportage, on peut aisément réaliser que Kamuina Nsapu ainsi que certains citoyens de la région croient que ces ‘Rwandophones’ ne sont pas de citoyens congolais mais plutôt de criminels envahisseurs; une conception que RFI pose comme étant normale ! La radio va loin jusqu’à l’identification du premier commandant appartenant à ce groupe hétérogène qui, difficilement, est accepté au sein de la société congolaise. RFI trouve normal que ces militaires soient considérés comme des étrangers ?

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Des milliers de déplacés internes dans le Kasaï (plus de 3 millions)

En voici la formulation dans ce reportage :

« Ce redéploiement se fait au grand dam des Kasaïens eux-mêmes, qui considèrent ces militaires comme des étrangers, des « Rwandais », présentés comme criminels et oppresseurs. L’un des premiers à ouvrir la voie Est-Ouest est le général Obed Rwibasira, jusque-là commandant de la région militaire du Nord-Kivu. Il était accusé de laisser l’armée rwandaise faire des incursions en territoire congolais. Il est transféré en décembre 2004 à Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, puis à Kananga, au Kasaï-Central ».

Rfi veut faire croire que ce déploiement s’était fait au détriment de la population du Kasaï? Donc, les Kasaiens devraient avoir leur propre armée ? Mais aussi, il est important de rappeler qu’un grand nombre de militaires Zaïrois et Congolais ont collaboré avec les forces étrangères qui tentaient de trouver de brèches pour attaquer ce pays en connivence avec ces Généraux d’armée? La liste est longue ! Et aux miliciens Kamuina Nsapu d’affirmer que « les officiers FARDC Rwandophones sont des « Rwandais », des étrangers qu’il faut chasser de leur « terre sacrée ». Leur arrivée est synonyme d’invasion ». Malheureusement, rien ne filtre dans ce reportage pour dénoncer de telles conceptions qui ont fait sombrer ce pays dans le malheur sans précédent exploitable par certaines puissances régionales !

Même les compagnons d’armes croient que ces militaires et officiers sont des étrangers et la RFI ne trouve pas cette situation anormale alors  qu’elle mettrait en cause les révélations de leur investigation. Alors que tout peut s’apparenter à une campagne de créer de dissensions au sein de l’armée Congolaise, il est important de comprendre qui sont les informateurs de RFI car certains seraient peut-être ces militaires voulant se débarrasser de ceux qu’ils qualifient des étrangers. Pour preuve, le propos du lieutenant de l’armée nationale se décrit de cette manière : « Le lieutenant Julle Bukamumbe ne se cache pas, il est même plutôt bavard avec la population locale. Il se plaint des mauvaises relations avec les « Rwandais », favorisés par la hiérarchie. Comme les Kamuina Nsapu, il accuse ses compagnons d’armes rwandophones d’être « étrangers ». Qu’arriverait-il si quelqu’un de semblable ait été l’informateur de l’investigation menée par RFI ?

Alors que la situation se compliquait de la manière dont on ne saurait plus qui a tué, Rfi ne devrait pas juger ces seuls « Kadogo » de l’Est. Il est à noter que ce reportage affirme que « Certains de ces policiers et militaires, originaires du Grand Kasaï, rallient [ont rallié] les miliciens, et ces ralliements inquiètent [ont iniquité] les autorités ». Tout en ajoutant que « D’autres, agents locaux ou originaires de provinces ayant les mêmes croyances que les Kamuina Nsapu, ont [eu] peur de leurs « pouvoirs mystiques », de leurs armes en bois et de leur « baptême » censé les rendre invincibles » ; cela aurait possiblement occasionné la prise d’armes par les miliciens Kamuina Nsapu comme le mentionne ce reportage. Il est alors possible que ces miliciens, loin d’être victimes, cette complexité aurait peut-être créé une situation incontrôlée dont la responsabilité est à déterminer et à condamner de toute part. Et voilà pourquoi ces miliciens sont cités dans plusieurs cas de figure comme auteurs dont le gouvernement Congolais avait pendant longtemps hésité de déclarer ses pertes en vies humaines.

« Dans la nuit du 3 au 4 août 2016, d’autres miliciens surgissent à la gare et au poste de police de Mfuamba, dans le territoire voisin de Demba. Ils frappent les policiers et emportent une Kalachnikov. Le 8 août, alors que le chef de l’État est dans l’est du pays pour sceller la paix avec ses voisins, le chef coutumier prend d’assaut la ville de Tshimbulu. Le bilan officiel est de neuf morts, dont cinq policiers. Commissariat, sous-commissariat, résidences du commandant de la police et du maire de la ville et même le bureau de la Commission électorale… Tout est incendié ».

Du phénomène Kamuina Nsapu, le reportage de Rfi ainsi que les informations concordantes font état d’une confrontation interethnique qui en est résulté. Le conflit entre Luba, Lulua, Chokwe et Pende n’est pas littéralement lié au conflit de l’Est du Congo. Rfi est bien informé au même titre que tout lecteur avisé qu’en date  du 11 Octobre 1959, les Luluas et Balubas s’affrontent d’une manière sanglante à cause de rivalités créées de toute pièce par le pouvoir colonial. L’un de ces groupes avait trouvé de l’estime aux yeux de colons comme quoi il est «courageux et intelligent » ! De cet affrontement entre Luluas et Lubas, on en a dénombré de  milliers de morts et l’ensemble de groupes ethniques de la région s’est retrouvé en confrontation l’un contre l’autre ou en suspicion mutuelle. Pourrions-nous dire que ces crimes ont vieilli pour que ces massacres des années 60 ne soient pas considérés comme de l’impunité ?  Et cela s’appelle alors le déterrement de la hache de guerre à la place de l’impunité ? Bref, les imperfections et failles de Rfi doivent être objectivement revues et toutes ces questions sans réponses doivent nous éclairer dans la présentation de la réalité. La justice pour tous reste la seule voie pour la stabilité de la RDC.

 

Ntanyoma Rukumbuzi Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

Kongolité contre Congolité: Emergence de Sindika Dokolo


La politique RD Congolaise est remplie de phénomènes et paradoxes immenses qui de fois imposent de comprendre les origines d’acharnements à caractère politique qui se dissimulent dans les origines ethno-communautaires. C’est en lisant cette discussion sur les medias sociaux que je me suis rappelé de cette phrase dans le livre de Nzongola-Ntalaja Georges. En Anglais, l’auteur nous décrit l’origine de la constitution de la République Démocratique du Congo en ces mots : « The country as we know it today, resulted from the imperial dream of the King Leopold, his quest for access to the rich natural resources of central Africa, and the imperial rivalries of the European scramble for Africa[1] ». Le choix de mots utilisés peut susciter de débats au point de ne pas y croire ; mais littéralement, Georges voulait signifier que la RDC, le pays que nous connaissons est le produit du rêve de Leopold ainsi que des rivalités européennes pour accéder aux ressources naturelles de l’Afrique Centrale. Autrement, si les Belges et Européens n’avaient pas été intéressés par ces richesses naturelles et minières, la RDC aurait eu une autre forme ? Je ne saurais pas me prononcer.

Depuis qu’il opte au choix léger de s’en prendre au régime en place à Kinshasa, Sindika Dokolo a été l’objet de plusieurs qualificatifs tendant à l’exclure dans l’arène politique RD Congolaise comme quoi il ne l’est pas. Je ne saurais pas confirmer ni infirmer qu’il l’est ou pas car le contexte Congolais est riche en spectacles mais aussi en des événements qui ont obligé de faire de choix qui n’entaient pas nos préférences. Est-il victime de ses choix politiques ou de son appartenance aux familles métissées ? Il est difficile de lier ce deux aspects avec fermeté, mais le bon sens ferait croire à une corrélation car de tirs l’attaquant sont en ma connaissance venus quand il a affiché d’ambitions politiques. Il me parait qu’il avait toujours été concentré autour de sa fondation. Son intérêt dans la politique a employé les mêmes voies qui sont les critiques du régime en place. Possiblement, on peut se faire l’idée facile qu’il a décidé d’user le chemin le plus court comme le font les autres Il est facile d’accuser  ce régime car ce dernier trouve moins de réalisations à présenter. Alors, la meilleure façon de se positionner, il faut seulement pointer du doigt à ses faiblesses. De surcroit, il me semble que sa marge de manœuvre ne lui permet pas de toucher l’aspect « origines suspectes » de certains dirigeants actuels comme le font d’innombrables ‘politiciens’ peut-être pour des raisons de maturité ou celles liées à ses origines.

José Eduardo dos Santos, Angola's president, left, and daughter Isabel dos Santos in the second row
Photo de famille

Selon les informations accessibles au net, Sindika Dokolo est né en 1972 et est le fils d’Augustin Dokolo ainsi que de la Danoise Hanne Kruse. Il provient d’une famille d’Affaires millionnaire et aussi collecteur d’œuvres d’art Africains. Sindika a été élevé en Belgique, France où il a passé la majeure partie de son parcours. Depuis son mariage avec Isabel dos Santos, la fille ainée du Président Angolais, ses intérêts semblent s’orienter vers la fondation Dokolo ainsi que les affaires car son épouse est parmi les investisseurs reconnus du monde et la première milliardaire femme Africaine, si mémoire ne m’abuses pas. Depuis belle lurette, Sindika n’était pas intéressé possiblement de la politique Congolaise. L’une de ses sorties médiatiques fut sa visite aux refugiés Congolais venus du Kasai et ayant trouvé refuge au Nord de l’Angola. Alors que depuis les années 1999, Sindika concentrait ses activités à Luanda, son intérêt particulier dans la politique de Kinshasa durant cette période spécifique ferait que des observateurs indépendants penser à ses liens avec la famille présidentielle Angolaise mais aussi de l’intérêt que ce dernier pays prête sur l’évolution du climat politique de son voisin. Pourrait-il constituer l’alternative pour assurer les intérêts de la région ? Affaire à suivre.

Il a récemment multiplié de déclarations controversées qui peuvent s’interpréter différemment mais aussi de visites avec la « nouvelle » opposition Congolaise dont Moise Katumbi. A un certain niveau, il appelle à une forme de résistance――violence pour contrer le pouvoir en place dont il veut se peut-être se positionner comme opposant. Au même moment, il doit se défendre devant toutes sortes de qualificatifs tendent à le considérer comme étranger mais aussi proche de Luanda. On a réalisé qu’il y a d’innombrables arrêts à Kinshasa portant le nom de son père à la suite de ce débat. Ce débat n’est tout à fait pas nouveau au sein de l’arène politique. « Banda kala », ces types d’acharnements visaient toujours les hautes personnalités dont les Présidents de la République. L’un avait été considéré comme Centrafricain, le nouveau est dit être « rwandais ». Ces dernières années, l’opinion Kinoise ainsi que les populistes politiques ne feront que designer pour origine Tutsi ou Rwandaise toute personne dont on veut se débarrasser dans l’oreille de l’opinion publique et expliquerait comment on identifie un seul criminel présumé dans l’affaire impliquant de milliers de personnes. La tendance prouve que même les héros nationaux sont suspectés de ne pas appartenir à ce pays ; et enfin qui est Congolais et qui ne l’est pas. La réponse est dans les mains de Léopold ?

La campagne prend de fois une tournure xénophobique et en quelque sorte insensée. On oublie facilement que la politique et les origines ne doivent pas se mêler ; la loi définit peut ou ne pas faire. En plus de cela, je trouve qu’il est difficile que chaque congolais s’identifie par une peau purement « black », que je dénomme ‘Kongolite’. Malheureusement, ils sont nombreux qui usent la notion de Bantus pour s’approprier cette autre notion dit « Congolité ». Ceci rappelle inévitablement notre diversité mais aussi notre im/maturité politique. D’une part, cette im/maturité recourt aux critiques stériles pour prouver qu’on est plus opposant mais d’autres part, les luttes de positionnement font qu’on trouve toute justification pour se débarrasser du potentiel concurrent. La campagne qui s’attribuait au « Ngbandisme » dans le temps risquerait de dégénérer et fragiliser la société Congolaise dont la cohésion est fragile.

 

NTANYOMA R. Delphin  

Twitter : https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

[1] Pour les détails, Nzongola-Ntalaja Georges (2002), “The Congo from Leopold to Kabila: A people’s History, Zed Books, London and New York, page:14.

Clément Kanku dans le Collimateur du « Drame Kasaien »: Vies Humaines en « Champs d’Expérimentation »!


Le New York Times a révélé au courant de cette semaine que Clément Kanku serait parmi les commanditaires ou du moins partie de mains invisibles tirant les ficelles dans le « Grand Kasaï ». Le nom du députe de Dibaya dans le Kasaï Occidental et Ministre de la Coopération au  Développement dans le gouvernement Samy Badibanga est particulièrement cité dans le drame d’assassinat des experts de Nations Unies au Kasaï dont Madame Zaida Catalan (36 ans) et Monsieur Michel Sharp (34 ans).

Pour mieux comprendre ces développements sans précédent où les vies humaines sont exposées comme dans un champ d’expérimentation, il est important de brièvement revenir en arrière sur les causes de ce drame. Le drame du Kasaï commence ouvertement vers le mois d’Aout 2016 après la mort inopinée du chef de ce clan que porte le nom de la milice tribale, Kamuina Nsapu. Jean Pierre Mpadi, le chef présumé du clan Kamuina Nsapu est tué par les forces de l’ordre avec une dizaine de ses miliciens à Kimbulu  en date du 12 Aout 2016. Dans les affrontements avec la Police nationale Congolaise (PNC), Jean Pierre Mpadi est mort dans les circonstances dont on aurait pu peut-être prévenues si toutes les parties au conflit avaient anticipe ce drame qui ne profite personnes et ensuite toute la région du Grand Kasaï tombe dans le désarroi.

Selon les sources officielles de la RDC, Mpadi avait commencé à constituer une milice qui avait pour intention de s’opposer au gouvernement. Selon les sources dont on peut difficilement vérifier, ses liens avec l’opposition politique semblent se situer vers les années 2011. Dans le contexte socioculturel et politique congolais, sa région et son appartenance ethnique peuvent plutôt désinformer ou indiquer qui ils soutenaient durant les élections de 2011. La raison est que tout est exprimé en termes de régions et appartenance ethnique dans ce grand et bon pays de Lumumba. Certaines sources indiquent qu’une tentative aurait eu lieu de remplacer ceux qui n’était pas favorable au régime à Kinshasa ; ce qui enflammant la colère et la rupture totale au niveau local.

Les événements qui tournaient autour de la gestion de la chefferie coutumière engouffrent toute la région et des milliers de vies humaines tombent dans les affrontements entre ces miliciens qui se répandent en vitesse comme si quelque chose avait été préparé en avance. Toutefois, il est prudent de voir dans ce drame la main invisible qui trouve un « champ fertile » caractérisé par la frustration dans les milieux ruraux congolais et des milliers de jeunes sans emplois manipulables facilement. On assiste dans certains cas à des tueries  quelque fois ciblées. On en dénombrait ces dernières semaines autour de 40 fosses communes dont on n’a pas encore déterminé les auteurs; et des milliers de refugiés qui ont fui vers l’Angola ; des déplacés internes estimés en millions ; ainsi qu’une quarantaine de policiers qui auraient été décapités par cette milice.

Le drame du Kasaï arrive dans un contexte tendu de la crise sociopolitique lié aux élections en RDC qui aurait du se tenir en décembre 2016. En un certain moment, la politisation du drame prenait le devant du sens humain de compatir et comprendre le pourquoi de ce énième drame dans le Congo meurtri. Plusieurs vidéos ont circulé sur les toiles de medias sociaux incriminant les éléments de FARDC comme commanditaires de ces tueries barbares. Bien qu’aucune investigation indépendante n’ait jusque-là été menée, les motivations derrières la prise de vidéos lors de tueries des civils innocents ou miliciens ont quelque fois confus l’observateur. Toutefois, le gouvernement de Kinshasa a considéré ces vidéos comme ceux provenant du montage « politisé ». La vérité est loin d’être connue par tout le monde.

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Miliciens Kamuina Nsapu au Kasai

Les Nations Unies instituent une mission d’enquêter sur ces événements douloureux qui se commettent dans le Kasaï. Zaida Catalan, de nationalité Suédoise et Chilienne ainsi que Michel Sharp de Nationalité Américaine qui faisaient partie du groupe de 6 sont assassinés après leur disparition en date du 12 Mars 2017. Alors qu’ils enquêtaient sur ces massacres à répétition, l’article de NYtimes revele que ces enquêteurs auraient tombé sur une piste qui intéressait. Il s’agit selon ce quotidien New Yorkais, de la révélation venant du répertoire contenant 130 fichiers (dénommé sous le nom de Mr Kanku) dans l’ordinateur de Zaida Catalan. En plus d’autres fichiers qui pourront être révélés dans les jours à venir, ce répertoire contenait particulièrement une audio dans laquelle, ce Mr député et Ministre discutait avec un milicien de Kamuina Nsapu sur l’évolution de l’attaque de la résidence du Colonel ainsi que l’incendie de Tshimbulu.

 La vidéo date de Janvier (disons 2017) et au même moment, Zaida soulignant dans son agenda (journal intime) qu’elle a eu une percée. Elle aurait envoyé dans la foulée un message à son collègue Michael Sharp un message « I have a big stuff going on ». En plus de cela, les expressions évoquées dans l’article du New York Times font croire qu’une piste promettant avait été trouvée et ne reste que la « dénicher ». NYTimes souligne que Mr Kanku était au courant de l’existence de cette vidéo accusatrice et qu’un rendez-vous avait été fixé dès le retour de Catalan dans cette jungle dans laquelle elle n’aura pas la chance de s’en tirer. La question se pose sur pourquoi avait-elle informé Mr Kanku de l’existence de cette audio alors qu’elle était toujours en cours d’investigation ? Mon interprétation est que l’approche était si risquant dans un contexte de conflit de telle envergure. Tout pouvait alors arriver ! Il est aussi impérieux de comprendre les voies par lesquelles cette video avait été trouvée. Je doute fort qu’un expert de Nations Unies ait recours aux services de renseignement de la RDC comme une source fiable dans un conflit dont les Nations Unies voient la main de gouvernants.

Malheureusement, ce drame qu’ils enquêtaient finira par leur emporter la vie dans de circonstances dramatiques et inhumaines. Ce « modus operandis » de tuer ces experts rappelle la violence qui a élu domicile dans cette République Démocratique mais la terreur que connait le monde entier ces dernières années au point de décapiter la vie humaine. Dans cet article, le New York Times met à nu les failles dans le système des Nations Unies en termes de protection ainsi que la formation de ces experts d’opérer dans les zones à haut risque. Les Nations Unies ayant une grande force dans le Congo, MONUSCO n’a pas été à mesure de prévenir les violences dans le Kasaï et enfin ne pas être à mesure de protéger ces experts.

La famille de Catalan aurait été la première à informer le système des Nations du danger que couraient Catalan et Sharp alors qu’ils étaient déjà dans les mains de tueurs. Il me parait que l’intuition de la famille de suivre de près cette situation est liée au fait que Catalan leur avait informé du danger autour du dossier. Je me demande alors si la famille de Catalan était soucieuse de ce danger, comment se fait-il que les Nations Unies ayant tous les moyens de collecter les informations ne comprennent pas ce danger. Que les Nations Unies aient été informées par la famille, il était toutefois trop tard d’intervenir et d’ailleurs ca prendra quelques jours pour que la MONUSCO entame sa recherche de corps de ces victimes.

Une enquête indépendante et fiable autour du dossier de drame du Kasai est inévitablement à considérer pour mettre au clair ces zones floues. L’enquête indépendante doit mener une investigation sur tout le dossier qui endeuille la région plutôt que de comprendre les conséquences. Espérons que les Nations Unies ayant compris cette nécessite puisse coopérer avec la RDC dans l’affaire qui implique Mr Clément Kanku afin de tirer une leçon sur la manière dont les politiques manipulent les innocents afin d’en tirer leur profit personnels sur ces bains de sang. Ces cas seraient légions dans ce grand pays où la plupart de fois, des commanditaires sont « récompensés ». Pouvons-nous penser que ce dernier cas pourrait servir de model pour les politiciens qui prennent en otage les innocents ainsi que la jeunesse désœuvrés en vue de les instrumentaliser. Au même moment, il est de la responsabilité du gouvernant de mettre en place des mesures pour que ces jeunes aient de l’espoir que l’avenir est possible et certain. Il est encore une fois question de mieux redistribuer les richesses nationales plutôt recourir aux forces des armes.

Que toutes les âmes de ces victimes du drame Kasai, les victimes innocentes de la crise RD congolaise en général ainsi que Catalan et Sharp reposent en paix.

NTANYOMA R. Delphin  

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Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

Le Lundi de tous les Enjeux à la CENCO: Prophétiques face aux Politiques


« Un peuple qui dialogue », il le peut même pendant deux législatures. Le lecteur se souviendra que depuis 2013 jusque cet après-midi du dimanche 26/03/2017, la classe politique RDC a déjà organisé 3 assises de grande envergure dont les dénominations changent alors que l’aboutissement semble être le même ; l’opinion croit qu’elles aboutissent toujours au « partage des gâteaux». Celle en cours au sein du Centre interdiocésain de Kinshasa, sous les bons offices de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), a déjà fait au moins 104 jours avec certaines interruptions bien sûr. Elle fait suite à celle organisée sous la médiation d’Edem Kodjo ainsi que les Concertations Nationales dont la pertinence de recommandations n’ont pas épargné la tenue des autres.

Alors que le peuple attendons impatiemment l’amélioration de nos conditions socio-économiques, les tenants du pourvoir font abstraction de cette demande qui ferait que le peuple ne sait plus à qui s’aligne derrière. Certains agissements de ceux qui même répondent dans la rue m’ont toujours semblé comme étant moins liés à l’idéologie politique qu’une manière latente d’exprimer ce mécontentement. Que les défis aient été majeurs mais le bon sens exigerait de revoir l’efficacité de réalisations politiques et les réponses aux besoins primaires du peuple ordinaire. La solution viendrait moins dans multiple dialogues que dans la mise en place des mécanismes visant à mieux répondre à ces soucis majeurs du peuple qui demande encore une fois l’électricité, l’eau, le centre de santé, la maternité, l’école, l’habitat décent et quoi sais-je encore. Toutes, les politiques n’hésitent même pas de confondre les « prophétiques ».

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Negociateurs aux assises de la CENCO (photo politico.cd)

La lecture et l’interprétation de textes dont ils sont auteurs prend de milliers d’heures comme s’ils ont besoin de repayer les frais scolaires-académiques. Le lien entre les préoccupations initiales par rapport aux questions qui divisent tend à prouver que la motivation principale pour tous finira par devenir « ôte-toi que je m’y mette ». Nous avons toutefois intérêt de ne pas tomber dans ces pièges politiques qui, une fois les postes ne sont plus promettant, nous appellent à envahir la rue ; une occasion pour ceux qui croient que vaut mieux tout détruire s’ils ne veulent pas nous distribuer équitablement les richesses de la « Nation ». Ces derniers ont-ils raison ou tort ? Il s’agit de tout un débat car ceux qui détruisent ce pays ne sont pas seulement ceux qui pillent lors de manifestation bien que cette approche semble couteuse et affecte malheureusement les innocents.

Alors que les questions qui divisent au sein de « discussions directes » entre acteurs politiques sont les moins préoccupantes par rapport aux demandes du peuple, elles sont profondes au point que l’observateur indépendant ne croirait pas qu’un compromis sera si vite trouvé. Toutefois, les Evêques catholiques, avec tout l’appui de la « communauté internationale » ont promu que demain, Lundi 27 Mars 2017, les discussions seront clôturées ; le lundi de tous les enjeux. Il peut s’agir d’une manière de jeter le tablier ou soit exercer une pression sur les politiques en vue de trouver un compromis ; mais je doute fort que dans les heures qui viennent un compromis ait été trouvé sur le mode de désignation du premier ministre, le partage de postes ministériels et particulièrement ceux clés, la question de décrispation politique ainsi que la question du Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA).

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Participants au dialogue de la CENCO (Photo politico.cd)

A la première question, les évêques selon Monseigneur Ambongo Fridolin, croient qu’il s’agit d’une question de formulation alors qu’elle a pris plus de temps et de temps. On peut en déduire que les avis se rapprochent et que le respect de prérogatives présidentielles seront respectées. Si non, l’écart entre les positions de la Majorité Présidentielle et celle de l’opposition non-signataire de l’accord de la Cité de l’UA reste apparemment profond. La Constitution de la RDC à laquelle fait référence les accords de la CENCO stipule que « le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement ».

Pour mieux comprendre l’origine de cet écart, le lecteur peut recourir à la formulation de l’Accord CENCO dont parle Monseigneur Ambongo. L’accord stipule que « le gouvernement de la République est dirigé par le Premier Ministre présenté par l’opposition politique non-signataire de l’Accord du 18 Octobre 2016/Rassemblement et nommé par le Président de la République conformément à l’Article 78 de la constitution. Le troisième tiret du point III.3.1 de l’Accord de la Saint-Sylvestre précise enfin que « la mise en œuvre des principes énoncés ci-dessus est déterminée par un arrangement particulier conclu entre les parties prenantes faisant parties intégrantes de l’accord ». C’est alors dans ces arrangements particuliers qu’ait eu lieu l’origine de cette interprétation politique qui semble perplexe alors que les négociateurs ont décidé de respecter la constitution, voir le point II.1 de l’accord.

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Participants au dialogue CENCO (photo @lereveildotnet)

Ensuite viennent les questions du remplacement du feu Etienne Tshisekedi au poste du CNSA. Le poste qui avait été réservé au leader Maximo a pour le moment plusieurs postulants car le Rassemblement connait de divisions internes d’une part mais aussi les manœuvres politiques autour ce cadre de suivi des accords. Les Evêques promettent qu’ils s’occuperont comme à l’accoutumée de l’œuvre prophétique bien que leur place dans le suivi des accords ne cesse de revenir dans le débats. On dirait que la CENCO veut accompagner ce processus pour ne pas croire en un agenda d’avoir sa main mise dans les politiques en RDC. En plus de cela, le lecteur conviendra avec le bloggeur que les politiques dans ce contexte spécifique s’alignent derrière celui qui accordera les postes ministériels. De ce fait, cette question n’est pas aussi la moindre au point que demain un compromis de partage de « gâteaux » sera déjà prêt sur la table de négociations. Et qu’adviendra-t-il de la décrispation politique dont l’ouverture des medias, libération d’espace politique ainsi que prisonniers politiques…, il y a encore du travail.

Des prophétiques qui rapproches les politiques doivent être plus patients—courageux comme s’ils pardonnent ces chrétiens qui pèchent plus de 70 fois 7 fois. Bien qu’épuisant et fatiguant, le rôle de la CENCO est et restera louable pour nous avoir épargné de la violence et de la confrontation. Ce souci doit toujours animer leurs décisions afin de faciliter cet atterrissage incertain. Les politiques doivent aussi comprendre que leurs manœuvres ont de limites et qu’il est temps de penser aux demandes multiples de la population. Les premiers concernés sont les tenants du pouvoir qui doivent différencier les négociations politiques tournant autour des « élections » ainsi que les missions principales d’Etat et les risques que cela provoquerait si ces missions ne sont pas bien remplies. « A bon entendeur, salut ». Attendons le miracle de prophétiques pour clôturer ces « discussions directes », concept qui n’a été qu’utilisé durant la première semaine.

 

NTANYOMA R. Delphin

 

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