Le Lundi de tous les Enjeux à la CENCO: Prophétiques face aux Politiques


« Un peuple qui dialogue », il le peut même pendant deux législatures. Le lecteur se souviendra que depuis 2013 jusque cet après-midi du dimanche 26/03/2017, la classe politique RDC a déjà organisé 3 assises de grande envergure dont les dénominations changent alors que l’aboutissement semble être le même ; l’opinion croit qu’elles aboutissent toujours au « partage des gâteaux». Celle en cours au sein du Centre interdiocésain de Kinshasa, sous les bons offices de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), a déjà fait au moins 104 jours avec certaines interruptions bien sûr. Elle fait suite à celle organisée sous la médiation d’Edem Kodjo ainsi que les Concertations Nationales dont la pertinence de recommandations n’ont pas épargné la tenue des autres.

Alors que le peuple attendons impatiemment l’amélioration de nos conditions socio-économiques, les tenants du pourvoir font abstraction de cette demande qui ferait que le peuple ne sait plus à qui s’aligne derrière. Certains agissements de ceux qui même répondent dans la rue m’ont toujours semblé comme étant moins liés à l’idéologie politique qu’une manière latente d’exprimer ce mécontentement. Que les défis aient été majeurs mais le bon sens exigerait de revoir l’efficacité de réalisations politiques et les réponses aux besoins primaires du peuple ordinaire. La solution viendrait moins dans multiple dialogues que dans la mise en place des mécanismes visant à mieux répondre à ces soucis majeurs du peuple qui demande encore une fois l’électricité, l’eau, le centre de santé, la maternité, l’école, l’habitat décent et quoi sais-je encore. Toutes, les politiques n’hésitent même pas de confondre les « prophétiques ».

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Negociateurs aux assises de la CENCO (photo politico.cd)

La lecture et l’interprétation de textes dont ils sont auteurs prend de milliers d’heures comme s’ils ont besoin de repayer les frais scolaires-académiques. Le lien entre les préoccupations initiales par rapport aux questions qui divisent tend à prouver que la motivation principale pour tous finira par devenir « ôte-toi que je m’y mette ». Nous avons toutefois intérêt de ne pas tomber dans ces pièges politiques qui, une fois les postes ne sont plus promettant, nous appellent à envahir la rue ; une occasion pour ceux qui croient que vaut mieux tout détruire s’ils ne veulent pas nous distribuer équitablement les richesses de la « Nation ». Ces derniers ont-ils raison ou tort ? Il s’agit de tout un débat car ceux qui détruisent ce pays ne sont pas seulement ceux qui pillent lors de manifestation bien que cette approche semble couteuse et affecte malheureusement les innocents.

Alors que les questions qui divisent au sein de « discussions directes » entre acteurs politiques sont les moins préoccupantes par rapport aux demandes du peuple, elles sont profondes au point que l’observateur indépendant ne croirait pas qu’un compromis sera si vite trouvé. Toutefois, les Evêques catholiques, avec tout l’appui de la « communauté internationale » ont promu que demain, Lundi 27 Mars 2017, les discussions seront clôturées ; le lundi de tous les enjeux. Il peut s’agir d’une manière de jeter le tablier ou soit exercer une pression sur les politiques en vue de trouver un compromis ; mais je doute fort que dans les heures qui viennent un compromis ait été trouvé sur le mode de désignation du premier ministre, le partage de postes ministériels et particulièrement ceux clés, la question de décrispation politique ainsi que la question du Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA).

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Participants au dialogue de la CENCO (Photo politico.cd)

A la première question, les évêques selon Monseigneur Ambongo Fridolin, croient qu’il s’agit d’une question de formulation alors qu’elle a pris plus de temps et de temps. On peut en déduire que les avis se rapprochent et que le respect de prérogatives présidentielles seront respectées. Si non, l’écart entre les positions de la Majorité Présidentielle et celle de l’opposition non-signataire de l’accord de la Cité de l’UA reste apparemment profond. La Constitution de la RDC à laquelle fait référence les accords de la CENCO stipule que « le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement ».

Pour mieux comprendre l’origine de cet écart, le lecteur peut recourir à la formulation de l’Accord CENCO dont parle Monseigneur Ambongo. L’accord stipule que « le gouvernement de la République est dirigé par le Premier Ministre présenté par l’opposition politique non-signataire de l’Accord du 18 Octobre 2016/Rassemblement et nommé par le Président de la République conformément à l’Article 78 de la constitution. Le troisième tiret du point III.3.1 de l’Accord de la Saint-Sylvestre précise enfin que « la mise en œuvre des principes énoncés ci-dessus est déterminée par un arrangement particulier conclu entre les parties prenantes faisant parties intégrantes de l’accord ». C’est alors dans ces arrangements particuliers qu’ait eu lieu l’origine de cette interprétation politique qui semble perplexe alors que les négociateurs ont décidé de respecter la constitution, voir le point II.1 de l’accord.

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Participants au dialogue CENCO (photo @lereveildotnet)

Ensuite viennent les questions du remplacement du feu Etienne Tshisekedi au poste du CNSA. Le poste qui avait été réservé au leader Maximo a pour le moment plusieurs postulants car le Rassemblement connait de divisions internes d’une part mais aussi les manœuvres politiques autour ce cadre de suivi des accords. Les Evêques promettent qu’ils s’occuperont comme à l’accoutumée de l’œuvre prophétique bien que leur place dans le suivi des accords ne cesse de revenir dans le débats. On dirait que la CENCO veut accompagner ce processus pour ne pas croire en un agenda d’avoir sa main mise dans les politiques en RDC. En plus de cela, le lecteur conviendra avec le bloggeur que les politiques dans ce contexte spécifique s’alignent derrière celui qui accordera les postes ministériels. De ce fait, cette question n’est pas aussi la moindre au point que demain un compromis de partage de « gâteaux » sera déjà prêt sur la table de négociations. Et qu’adviendra-t-il de la décrispation politique dont l’ouverture des medias, libération d’espace politique ainsi que prisonniers politiques…, il y a encore du travail.

Des prophétiques qui rapproches les politiques doivent être plus patients—courageux comme s’ils pardonnent ces chrétiens qui pèchent plus de 70 fois 7 fois. Bien qu’épuisant et fatiguant, le rôle de la CENCO est et restera louable pour nous avoir épargné de la violence et de la confrontation. Ce souci doit toujours animer leurs décisions afin de faciliter cet atterrissage incertain. Les politiques doivent aussi comprendre que leurs manœuvres ont de limites et qu’il est temps de penser aux demandes multiples de la population. Les premiers concernés sont les tenants du pouvoir qui doivent différencier les négociations politiques tournant autour des « élections » ainsi que les missions principales d’Etat et les risques que cela provoquerait si ces missions ne sont pas bien remplies. « A bon entendeur, salut ». Attendons le miracle de prophétiques pour clôturer ces « discussions directes », concept qui n’a été qu’utilisé durant la première semaine.

 

NTANYOMA R. Delphin

 

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

Le drame du Kasai : Amalgame & Victimisation Collective ?


Le drame du Kasai a atteint son paroxysme avec des milliers de morts, une quarantaine de fosses communes selon certaines sources, de milliers de déplacés internes mais aussi dans les pays limitrophes comme l’Angola. L’origine de ce drame s’inscrit en grande partie dans l’impunité qu’a connue la République Démocratique du Congo (RDC) de décennies durant mais aussi dans l’instrumentalisation et manipulation de la jeunesse à des fins politiques. L’instrumentalisation―manipulation vise la jeunesse qui, vivant à leur dépends, se sent marginalisée et peut répondre facilement à tous les appels sans toutefois penser à la finalité de leurs actes. Pour preuve, le phénomène Kamuina Nsapu qui endeuille cette partie du pays aurait enrôlé de milliers d’enfants au sein de cette « insurrection » dont les forces de sécurité sont accusées d’avoir usé une riposte disproportionnée.

Le Gouvernement de la RDC et les Nations Unies tardent à s’accorder sur l’approche de mener une enquête indépendante pour déterminer les causes et responsabilités de ce drame qui a fini par emporter les enquêteurs de l’ONU, Miachael Sharp et Zaida Catalan dans les circonstances non encore élucidées. Dans la foulée, l’Union Européenne a recouru aux sanctions ciblant 9 officiels RD Congolais présumés être responsables de ce drame. L’intérêt de mettre fin à ce drame a aussi fait que la communauté internationale, les medias internationaux s’activent pour apporter leurs voix en vue de plaider en faveur de victimes de ce drame sans précédent que connait le grand Kasaï. Parmi le plus marquants de ces medias, on trouve la Radio France Internationale (RFI) et son reportage sur les origines de massacres.

L’objet de cet article est d’apporter un éclaircissement sur les allégations qui tendent à victimiser et amalgamer certaines communautés comme étant de commanditaires collectifs alors que l’affirmation est basée sur la présence de militaires au Kasaï  appartenant à ces communautés. En deuxième lieu, l’article veut rappeler que la violence au Kasaï et en RDC en général est plus ancienne que l’Alliance de Forces Démocratiques pour la Libération du Congo/Zaïre du feu Mzee Laurent Désiré Kabila. L’une des raisons qui font que  l’impunité se perpétue serait que les événements s’interprètent sur base d’intérêts politiques en place et lieu de rendre la justice aux victimes. C’est dans cette optique que les exactions commises par les Kamuina Nsapu semblent ne pas avoir de responsabilités à être sanctionnées? Enfin, l’article conseille en particulier les medias d’éviter les formes de reportage influencées par de sentiments de haine au point de replonger la région dans une crise multidimensionnelle et répétitive.

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Chef Kamuina Nsapu, Jean Prince Mpadi (decede le 12 Aout 2016)

Le reportage de RFI dont vous pouvez retrouver sur ce lien à l’internet (reportage chapitre 1 ; reportage chapitre 2) a quelques failles ou imperfections qui doivent être éclaircies pour éviter  la victimisation collective d’une communauté ou de certains individus membres des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) faisant partie de ces mêmes communautés.

D’après ce reportage, l’actuelle insurrection  des adeptes du chef coutumier Kamuina Nsapu  dans la province du Kasaï Central serait une réaction des communautés locales contre le déploiement dans cette région de soldats que son auteur appelle des ‘Rwandophones’. A titre de rappel, au cours de ces différentes guerres qui ont successivement secouées la RDC dans ces dernières décennies, ce terme est souvent utilisé par plusieurs medias et hommes politiques, pour désigner les membres de la communauté Banyamulenge du Sud-Kivu et Banyarwanda (Hutu & Tutsi) du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (DRC). Selon plusieurs sources concordantes, l’élément déclencheur de ce conflit est loin d’être celui avancé dans le reportage de la RFI en date du 13 et 16 Juin 2017.

Kamuina Nsapu c’est une chefferie traditionnelle située dans Kasai Central. Depuis 2015, une loi conférant un statut légal à toutes les chefferies en RDC a été adoptée où les chefs se sont vus probablement attribués quelques avantages financiers par l’Etat Congolais. Toutefois, l’application de cette loi a connu certains défis au point que quelques chefferies n’ont pas été reconnues par le gouvernement mais aussi il avait été question d’une possibilité que la loi ait été utilisée pour de fins politiques. L’origine de l’actuel conflit au Kasai Central est liée au fait que les  habitants de la chefferie de Kamwina Nsapu ainsi que leur chef auraient voulu réclamer la reconnaissance de celle-ci mais aussi les avantages que leur conféraient cette loi auprès du pouvoir central de Kinshasa. En d’autres termes, le déclenchement de ce conflit n’a aucun lien de rapport direct avec le déploiement de soi-disant militaires dits ‘Rwandophones’ pointés du doigt  par le reportage de RFI.

En outre, malgré l’inexistence des preuves tangibles de ses allégations, le même reportage pointe du doigt  certains officiers de l’armée Congolaise appartenant à  ces communautés ci-haut citées, y compris même ceux qui ne sont actuellement pas déployés dans la province du Kasai Central d’être responsable des nombreux violations des droits de l’homme en RDC. Sans aucun doute, tous les actes horribles qui se sont commis dans la province du Kasaï Central sont condamnables et inacceptables. Toutefois, la désignation des présumés auteurs de ces crimes ne doit pas être fondée sur des motivations a caractère discriminatoire.

Le reportage de la RFI porte en son sein certains éléments d’idées propagées par les extrémistes et manipulateurs dans la région de Grands Lacs et en RDC en particulier consistant à imputer tous les événements malheureux que le Congo ait traversés durant ces dernières décennies  aux seuls membres de la communauté dit Tutsi, y compris le Banyamulenge. Telle est aussi l’idéologie de plusieurs groupes armés de l’Est du Congo ne jurant que par l’anéantissement collectif de ceux qu’ils considèrent comme des ‘étrangers―envahisseurs’. Cette campagne de diabolisation a pris une ampleur aussi grande au point que les medias sociaux ainsi que les politiciens opportunistes n’hésitent pas à appeler à la haine et même à l’extermination de ces groupes communautaires. Le fait que Rfi ait amalgamé la responsabilité de ces militaires et officiers congolais avec leurs communautés suscite une grande inquiétude et beaucoup de questionnements. Et quelles sont ces imperfections et failles ?

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Jeunes enroles dans le Kamuina Nsapu

Partout dans le monde, il est reconnu aux structures militaires d’être très rigoureuses et hiérarchisées au point que quelques individus, forts soient-ils, ne peuvent être les seuls responsables d’une opération qui a duré aux environs de deux ans. En dépit de disfonctionnement, il serait hasardeux d’affirmer que les forces de sécurité de la RDC opèrent en forme de milices, où certaines personnes décident de quoi faire sans que leurs supérieurs n’y payent d’attention. Cette conception tend à questionner l’objectivité d’éléments collectés pour déterminer les responsables de ce drame du Kasaï. En plus de cela, il est important de rappeler que l’armée nationale Congolaise (les Forces Armées de la RDC) ne constitue pas une branche indépendante de la gestion du pays comme le prétend le reportage RFI en stipulant que le seul militaire sanctionné est le Général Ruhorimbere Eric.

De surcroit, le reportage blesse quand il se lance, sans s’en rendre compte, dans la fournaise de la manipulation et discours de haine des extrémités qui ne veulent pas voir certains faciès sur ‘leurs terres’. Il est aberrant que la RFI ait pris dans l’amalgame toute la communauté Banyamulenge et celle dénommée ‘Rwandophones’ comme des criminels tuant au Kasai. Dans une affirmation aussi tragique que forte, RFI affirme que « Les responsables sont connus. Ils sont le produit des heures les plus sombres de l’histoire du Congo, celles de ses deux guerres et des atrocités qui se perpétuent depuis dans l’Est du pays». Et bizarrement, les seules personnes dont on peut identifier leurs appartenances ethniques sont seulement Ruhorimbere Eric ainsi que François Muhire Sebasonza alors que Julle Bukamumbe et She Kasikila sont épargnés. Y’a-t-il une raison pertinente de présenter les faits de cette façon même si Julle est cité comme originaire du Kasai, parlant Tshiluba? Pourquoi les deux premiers ne sont pas cités comme originaires du Sud-Kivu et Nord-Kivu peut-être ?

En parcourant le reportage RFI, on dirait que ces Banyamulenge ou ‘Rwandophones’ ont été spécifiquement déployés au Kasai pour massacrer sa population et qu’ils aient exportés le conflit de l’est vers le centre. Alors que les informations à notre disposition prouvent que Ruhorimbere et Muhire ne sont pas les premiers responsables des unités opérant dans le Kasaï, on se demanderait pourquoi ils doivent faire l’objet de la campagne médiatique comme de seuls criminels. Il parait que le Général de Brigade Lombe Bwangangu Emmanuel ainsi que le Colonel Putela Bertin respectivement commandant région militaire du Kasaï et commandant Régiment dont Muhire Sebasonza (que personnellement je ne connais pas) est l’adjoint sont basés dans le Kasaï Central depuis le début des opérations.

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un de fosses communes dans le Kasai

On se poserait une question de savoir comment l’adjoint du Général Emmanuel et celui de Bertin sont les premiers responsables ? Opéraient-ils en milice ? Et d’ailleurs, avant de rejoindre ce Régiment, Muhire fut commandant Second dans le Régiment dont le commandement appartient à un autre Colonel bien connu. Clairement, le commandant Régiment Second peut difficilement opérer pendant deux ans sans que le Commandant Régiment mais aussi le Commandant région n’en sache rien ; à moins que cela soit une milice au sein d’une armée hiérarchisée.

Pour preuve que cette structure fonctionne en armée sous commandement de la hiérarchie militaire, de témoins affirment que le Général Ruhorimbere Eric était en voyage de soins ou de vacances en Belgique durant les premiers mois de la crise au Kasaï. En plus de trois semaines et demie qu’il ait passé à Kinshasa, son séjour aurait duré presque trois mois entre mi Juillet et début Octobre 2016. Pendant ce temps de vacances du Général Ruhorimbere, les opérations au Kasaï  se faisaient télécommander à partir de Bruxelles ? Je doute fort.  Si la région militaire du Kasaï, ayant un commandant au grade de Général de Brigade, peut fonctionner et opérer durant trois mois d’absence de son adjoint en charges des opérations, cela prouve à suffisance que l’armée fonctionne et opère sous les ordres de sa hiérarchie et non pas d’un individu car appartenant à la ‘communauté de criminels’.

Ces imperfections et failles mais aussi le contexte politique actuel m’amène à penser que ces révélations ne visent pas en premier lieu à servir le peuple congolais. Et pourquoi rappeller qu’il y a eu impunité d’un demi-siècle alors que peu a été fait pour rendre justice aux victimes. Le moment est-il propice pour prouver que les congolais ont connu d’atrocités inimaginables ? Les précipitations dans les investigations peuvent mener à des conclusions erronées qui auront de conséquences néfastes et irréparables. Toutefois, l’objet de cet article ne pas d’affirmer ou d’infirmer la responsabilité de tel ou tel dans le drame du Kasaï, mais plutôt d’exiger que les responsabilités soient individuelles et objectivement établies.

Il est évident que le drame du Kasaï a été orchestré par des personnes dont la responsabilité devrait être indépendamment déterminée. Toutefois, les sanctions semblent avoir déjà jugé la partie coupable alors qu’elles ont épargné les responsables de Kamuina Nsapu comme si l’enrôlement de ces enfants ainsi que les crimes commis par ce groupe sont légers. Que les officiers FARDC aient, d’une manière ou d’une autre, été individuellement impliqués dans le drame au Kasaï, le bon sens exige de ne pas les mêler à leurs communautés ethniques. De plus, l’impunité en RDC et à l’Est n’est pas à présenter comme si les crimes ont été commis par les seules officiers Banyamulenge. Je précise bien que l’argument ne vise pas à les dédouaner.

« Eric Ruhorimbere est, notamment, soupçonné de faire partie des commandants banyamulenge ayant participé à l’assassinat de 36 officiers congolais à l’aéroport de Kavumu au Sud-Kivu, le 4 août 1998, et aux massacres de Makobola et Kasika au Sud-Kivu entre 1998 et 1999 » rapporte Rfi.

L’observateur indépendant s’accorderait avec moi que l’impunité en RDC est immense, au-delà de ces 10 années citées par RFI. Simplement, elle peut se réduire pour une raison ou une autre afin d’inciter le lecteur à focaliser sur certains événements. De 1996-1999, de milliers de massacre ont été commis à l’est du pays et ont été perpétrés dans plusieurs localités dont Makobola, Bibogobogo, Mboko, Kabera, Kasika, Bukavu mais aussi à Kinshasa, Kamina, Lubumbashi, et ailleurs. A une certaine mesure, certains de ces massacres visaient principalement les communautés bien identifiables et sur instruction de groupes rebelles ou de l’Etat Zaïrois/Congolais. Je redoute que la RFI ait été à mesure d’identifier ces présumés criminels impliqués dans tous ces crimes sans précédents parmi ceux qui ont opéré au Kasaï. Si non, ce reportage se serait servi des informations tendant à victimiser et amalgamer collectivement certaines communautés dont certains manipulateurs et opportunistes croient à tord qu’elles sont de criminels collectifs?

« Le territoire de Kamuina Nsapu voit alors déferler une armée commandée par des officiers, pour l’essentiel Rwandophones. Ces officiers qu’il accusait de son vivant d’avoir violé ses attributs de pouvoir et de tout faire pour maintenir le président Joseph Kabila au pouvoir après la fin de son deuxième et dernier mandat » Rfi rapporte.

Ce reportage n’hésite pas d’affirmer que ces militaires de l’Est sont les seules à tuer même devant les casques bleus de Nations Unies. Le reportage de RFI mentionne que « Après 10 ans d’impunité, ces officiers, redoutés, n’hésitent pas à massacrer, même sous le regard des casques bleus, comme à Kiwanja en 2008 ». Le lecteur peut facilement comprendre que l’intention est de prouver que ces criminels ‘identifiables par leur appartenance ethnique’, le sont durant de décennies tout en se basant sur  les preuves qui restent réfutables. Cela n’a-t-il pas de lien avec la façon dont ils sont vus par les habitants du grand Kasaï ? Et d’ailleurs dans ce reportage, on peut aisément réaliser que Kamuina Nsapu ainsi que certains citoyens de la région croient que ces ‘Rwandophones’ ne sont pas de citoyens congolais mais plutôt de criminels envahisseurs; une conception que RFI pose comme étant normale ! La radio va loin jusqu’à l’identification du premier commandant appartenant à ce groupe hétérogène qui, difficilement, est accepté au sein de la société congolaise. RFI trouve normal que ces militaires soient considérés comme des étrangers ?

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Des milliers de deplaces internes dans le Kasai (plus de 3 millions)

En voici la formulation dans ce reportage :

« Ce redéploiement se fait au grand dam des Kasaïens eux-mêmes, qui considèrent ces militaires comme des étrangers, des « Rwandais », présentés comme criminels et oppresseurs. L’un des premiers à ouvrir la voie Est-Ouest est le général Obed Rwibasira, jusque-là commandant de la région militaire du Nord-Kivu. Il était accusé de laisser l’armée rwandaise faire des incursions en territoire congolais. Il est transféré en décembre 2004 à Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, puis à Kananga, au Kasaï-Central ».

Rfi veut faire croire que ce déploiement s’était fait au détriment de la population du Kasai ? Donc, les Kasaiens devraient avoir leur propre armée ? Mais aussi, il est important de rappeler qu’un grand nombre de militaires Zaïrois et Congolais ont collaboré avec les forces étrangères qui tentaient de trouver de brèches pour attaquer ce pays en connivence avec ces Généraux d’armée? La liste est longue ! Et aux miliciens Kamuina Nsapu d’affirmer que « les officiers FARDC Rwandophones sont des « Rwandais », des étrangers qu’il faut chasser de leur « terre sacrée ». Leur arrivée est synonyme d’invasion ». Malheureusement, rien ne filtre dans ce reportage pour dénoncer de telles conceptions qui ont fait sombrer ce pays dans le malheur sans précédent exploitable par certaines puissances régionales !

Même les compagnons d’armes croient que ces militaires et officiers sont des étrangers et la RFI ne trouve pas cette situation anormale alors  qu’elle mettrait en cause les révélations de leur investigation. Alors que tout peut s’apparente à une campagne de créer de dissensions au sein de l’armée Congolaise, il est important de comprendre qui sont les informateurs de RFI car certains seraient peut-être ces militaires voulant se débarrasser de ceux qu’ils qualifient des étrangers. Pour preuve, le propos du lieutenant de l’armée nationale se décrit de cette manière : « Le lieutenant Julle Bukamumbe ne se cache pas, il est même plutôt bavard avec la population locale. Il se plaint des mauvaises relations avec les « Rwandais », favorisés par la hiérarchie. Comme les Kamuina Nsapu, il accuse ses compagnons d’armes rwandophones d’être « étrangers ». Qu’arriverait-il si quelqu’un de semblable ait été l’informateur de l’investigation menée par RFI ?

Alors que la situation se compliquait de la manière dont on ne saurait plus qui a tué, Rfi ne devrait pas juger ces seuls « Kadogo » de l’Est. Il est à noter que ce reportage affirme que « Certains de ces policiers et militaires, originaires du Grand Kasaï, rallient [ont rallié] les miliciens, et ces ralliements inquiètent [ont iniquité] les autorités ». Tout en ajoutant que « D’autres, agents locaux ou originaires de provinces ayant les mêmes croyances que les Kamuina Nsapu, ont [eu] peur de leurs « pouvoirs mystiques », de leurs armes en bois et de leur « baptême » censé les rendre invincibles » ; cela aurait possiblement occasionné la prise d’armes par les miliciens Kamuina Nsapu comme le mentionne ce reportage. Il est alors possible que ces miliciens, loin d’être victimes, cette complexité aurait peut-être créé une situation incontrôlée dont la responsabilité est à déterminer et à condamner de toute part. Et voila pourquoi ces miliciens sont cités dans plusieurs cas de figure comme auteurs dont le gouvernement Congolais avait pendant longtemps hésité de déclarer ses pertes en vies humaines.

« Dans la nuit du 3 au 4 août 2016, d’autres miliciens surgissent à la gare et au poste de police de Mfuamba, dans le territoire voisin de Demba. Ils frappent les policiers et emportent une Kalachnikov. Le 8 août, alors que le chef de l’État est dans l’est du pays pour sceller la paix avec ses voisins, le chef coutumier prend d’assaut la ville de Tshimbulu. Le bilan officiel est de neuf morts, dont cinq policiers. Commissariat, sous-commissariat, résidences du commandant de la police et du maire de la ville et même le bureau de la Commission électorale… Tout est incendié ».

Du phénomène Kamuina Nsapu, le reportage de Rfi ainsi que les informations concordantes font état d’une confrontation interethnique qui en est résulté. Le conflit entre Luba, Lulua, Chokwe et Pende n’est pas littéralement lié au conflit de l’Est du Congo. Rfi est bien informé au même titre que tout lecteur avisé qu’en date  du 11 Octobre 1959, les Luluas et Balubas s’affrontent d’une manière sanglante à cause de rivalités créées de toute pièce par le pouvoir colonial. L’un de ces groupes avait trouvé de l’estime aux yeux de colons comme quoi il est «courageux et intelligent » ! De cet affrontement entre Luluas et Lubas, on en a dénombré de  milliers de morts et l’ensemble de groupe ethniques de la région s’est retrouvé en confrontation l’un contre l’autre ou en suspicion mutuelle. Pourrions-nous dire que ces crimes ont vieilli pour que ces massacres des années 60 ne soient pas considérés comme de l’impunité ?  Et cela s’appelle alors le déterrement de la hache de guerre à la place de l’impunité ? Bref, les imperfections et failles de Rfi doivent être objectivement revues et toutes ces questions sans réponses doivent nous éclairent dans la présentation de la réalité. La justice pour tous reste la seule voie pour la stabilité de la RDC.

 

Ntanyoma Rukumbuzi Delphin

PhD Researcher in Conflict Economics

The Institute of Social Studies/

Erasmus University Rotterdam

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

Kongolité contre Congolité: Emergence de Sindika Dokolo


La politique RD Congolaise est remplie de phénomènes et paradoxes immenses qui de fois imposent de comprendre les origines d’acharnements à caractère politique qui se dissimulent dans les origines ethno-communautaires. C’est en lisant cette discussion sur les medias sociaux que je me suis rappelé de cette phrase dans le livre de Nzongola-Ntalaja Georges. En Anglais, l’auteur nous décrit l’origine de la constitution de la République Démocratique du Congo en ces mots : « The country as we know it today, resulted from the imperial dream of the King Leopold, his quest for access to the rich natural resources of central Africa, and the imperial rivalries of the European scramble for Africa[1] ». Le choix de mots utilisés peut susciter de débats au point de ne pas y croire ; mais littéralement, Georges voulait signifier que la RDC, le pays que nous connaissons est le produit du rêve de Leopold ainsi que des rivalités européennes pour accéder aux ressources naturelles de l’Afrique Centrale. Autrement, si les Belges et Européens n’avaient pas été intéressés par ces richesses naturelles et minières, la RDC aurait eu une autre forme ? Je ne saurais pas me prononcer.

Depuis qu’il opte au choix léger de s’en prendre au régime en place à Kinshasa, Sindika Dokolo a été l’objet de plusieurs qualificatifs tendant à l’exclure dans l’arène politique RD Congolaise comme quoi il ne l’est pas. Je ne saurais pas confirmer ni infirmer qu’il l’est ou pas car le contexte Congolais est riche en spectacles mais aussi en des événements qui ont obligé de faire de choix qui n’entaient pas nos préférences. Est-il victime de ses choix politiques ou de son appartenance aux familles métissées ? Il est difficile de lier ce deux aspects avec fermeté, mais le bon sens ferait croire à une corrélation car de tirs l’attaquant sont en ma connaissance venus quand il a affiché d’ambitions politiques. Il me parait qu’il avait toujours été concentré autour de sa fondation. Son intérêt dans la politique a employé les mêmes voies qui sont les critiques du régime en place. Possiblement, on peut se faire l’idée facile qu’il a décidé d’user le chemin le plus court comme le font les autres Il est facile d’accuser  ce régime car ce dernier trouve moins de réalisations à présenter. Alors, la meilleure façon de se positionner, il faut seulement pointer du doigt à ses faiblesses. De surcroit, il me semble que sa marge de manœuvre ne lui permet pas de toucher l’aspect « origines suspectes » de certains dirigeants actuels comme le font d’innombrables ‘politiciens’ peut-être pour des raisons de maturité ou celles liées à ses origines.

José Eduardo dos Santos, Angola's president, left, and daughter Isabel dos Santos in the second row
Photo de famille

Selon les informations accessibles au net, Sindika Dokolo est né en 1972 et est le fils d’Augustin Dokolo ainsi que de la Danoise Hanne Kruse. Il provient d’une famille d’Affaires millionnaire et aussi collecteur d’œuvres d’art Africains. Sindika a été élevé en Belgique, France où il a passé la majeure partie de son parcours. Depuis son mariage avec Isabel dos Santos, la fille ainée du Président Angolais, ses intérêts semblent s’orienter vers la fondation Dokolo ainsi que les affaires car son épouse est parmi les investisseurs reconnus du monde et la première milliardaire femme Africaine, si mémoire ne m’abuses pas. Depuis belle lurette, Sindika n’était pas intéressé possiblement de la politique Congolaise. L’une de ses sorties médiatiques fut sa visite aux refugiés Congolais venus du Kasai et ayant trouvé refuge au Nord de l’Angola. Alors que depuis les années 1999, Sindika concentrait ses activités à Luanda, son intérêt particulier dans la politique de Kinshasa durant cette période spécifique ferait que des observateurs indépendants penser à ses liens avec la famille présidentielle Angolaise mais aussi de l’intérêt que ce dernier pays prête sur l’évolution du climat politique de son voisin. Pourrait-il constituer l’alternative pour assurer les intérêts de la région ? Affaire à suivre.

Il a récemment multiplié de déclarations controversées qui peuvent s’interpréter différemment mais aussi de visites avec la « nouvelle » opposition Congolaise dont Moise Katumbi. A un certain niveau, il appelle à une forme de résistance――violence pour contrer le pouvoir en place dont il veut se peut-être se positionner comme opposant. Au même moment, il doit se défendre devant toutes sortes de qualificatifs tendent à le considérer comme étranger mais aussi proche de Luanda. On a réalisé qu’il y a d’innombrables arrêts à Kinshasa portant le nom de son père à la suite de ce débat. Ce débat n’est tout à fait pas nouveau au sein de l’arène politique. « Banda kala », ces types d’acharnements visaient toujours les hautes personnalités dont les Présidents de la République. L’un avait été considéré comme Centrafricain, le nouveau est dit être « rwandais ». Ces dernières années, l’opinion Kinoise ainsi que les populistes politiques ne feront que designer pour origine Tutsi ou Rwandaise toute personne dont on veut se débarrasser dans l’oreille de l’opinion publique et expliquerait comment on identifie un seul criminel présumé dans l’affaire impliquant de milliers de personnes. La tendance prouve que même les héros nationaux sont suspectés de ne pas appartenir à ce pays ; et enfin qui est Congolais et qui ne l’est pas. La réponse est dans les mains de Léopold ?

La campagne prend de fois une tournure xénophobique et en quelque sorte insensée. On oublie facilement que la politique et les origines ne doivent pas se mêler ; la loi définit peut ou ne pas faire. En plus de cela, je trouve qu’il est difficile que chaque congolais s’identifie par une peau purement « black », que je dénomme ‘Kongolite’. Malheureusement, ils sont nombreux qui usent la notion de Bantus pour s’approprier cette autre notion dit « Congolité ». Ceci rappelle inévitablement notre diversité mais aussi notre im/maturité politique. D’une part, cette im/maturité recourt aux critiques stériles pour prouver qu’on est plus opposant mais d’autres part, les luttes de positionnement font qu’on trouve toute justification pour se débarrasser du potentiel concurrent. La campagne qui s’attribuait au « Ngbandisme » dans le temps risquerait de dégénérer et fragiliser la société Congolaise dont la cohésion est fragile.

 

NTANYOMA R. Delphin  

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[1] Pour les détails, Nzongola-Ntalaja Georges (2002), “The Congo from Leopold to Kabila: A people’s History, Zed Books, London and New York, page:14.

Clément Kanku dans le Collimateur du « Drame Kasaien »: Vies Humaines en « Champs d’Expérimentation »!


Le New York Times a révélé au courant de cette semaine que Clément Kanku serait parmi les commanditaires ou du moins partie de mains invisibles tirant les ficelles dans le « Grand Kasaï ». Le nom du députe de Dibaya dans le Kasaï Occidental et Ministre de la Coopération au  Développement dans le gouvernement Samy Badibanga est particulièrement cité dans le drame d’assassinat des experts de Nations Unies au Kasaï dont Madame Zaida Catalan (36 ans) et Monsieur Michel Sharp (34 ans).

Pour mieux comprendre ces développements sans précédent où les vies humaines sont exposées comme dans un champ d’expérimentation, il est important de brièvement revenir en arrière sur les causes de ce drame. Le drame du Kasaï commence ouvertement vers le mois d’Aout 2016 après la mort inopinée du chef de ce clan que porte le nom de la milice tribale, Kamuina Nsapu. Jean Pierre Mpadi, le chef présumé du clan Kamuina Nsapu est tué par les forces de l’ordre avec une dizaine de ses miliciens à Kimbulu  en date du 12 Aout 2016. Dans les affrontements avec la Police nationale Congolaise (PNC), Jean Pierre Mpadi est mort dans les circonstances dont on aurait pu peut-être prévenues si toutes les parties au conflit avaient anticipe ce drame qui ne profite personnes et ensuite toute la région du Grand Kasaï tombe dans le désarroi.

Selon les sources officielles de la RDC, Mpadi avait commencé à constituer une milice qui avait pour intention de s’opposer au gouvernement. Selon les sources dont on peut difficilement vérifier, ses liens avec l’opposition politique semblent se situer vers les années 2011. Dans le contexte socioculturel et politique congolais, sa région et son appartenance ethnique peuvent plutôt désinformer ou indiquer qui ils soutenaient durant les élections de 2011. La raison est que tout est exprimé en termes de régions et appartenance ethnique dans ce grand et bon pays de Lumumba. Certaines sources indiquent qu’une tentative aurait eu lieu de remplacer ceux qui n’était pas favorable au régime à Kinshasa ; ce qui enflammant la colère et la rupture totale au niveau local.

Les événements qui tournaient autour de la gestion de la chefferie coutumière engouffrent toute la région et des milliers de vies humaines tombent dans les affrontements entre ces miliciens qui se répandent en vitesse comme si quelque chose avait été préparé en avance. Toutefois, il est prudent de voir dans ce drame la main invisible qui trouve un « champ fertile » caractérisé par la frustration dans les milieux ruraux congolais et des milliers de jeunes sans emplois manipulables facilement. On assiste dans certains cas à des tueries  quelque fois ciblées. On en dénombrait ces dernières semaines autour de 40 fosses communes dont on n’a pas encore déterminé les auteurs; et des milliers de refugiés qui ont fui vers l’Angola ; des déplacés internes estimés en millions ; ainsi qu’une quarantaine de policiers qui auraient été décapités par cette milice.

Le drame du Kasaï arrive dans un contexte tendu de la crise sociopolitique lié aux élections en RDC qui aurait du se tenir en décembre 2016. En un certain moment, la politisation du drame prenait le devant du sens humain de compatir et comprendre le pourquoi de ce énième drame dans le Congo meurtri. Plusieurs vidéos ont circulé sur les toiles de medias sociaux incriminant les éléments de FARDC comme commanditaires de ces tueries barbares. Bien qu’aucune investigation indépendante n’ait jusque-là été menée, les motivations derrières la prise de vidéos lors de tueries des civils innocents ou miliciens ont quelque fois confus l’observateur. Toutefois, le gouvernement de Kinshasa a considéré ces vidéos comme ceux provenant du montage « politisé ». La vérité est loin d’être connue par tout le monde.

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Miliciens Kamuina Nsapu au Kasai

Les Nations Unies instituent une mission d’enquêter sur ces événements douloureux qui se commettent dans le Kasaï. Zaida Catalan, de nationalité Suédoise et Chilienne ainsi que Michel Sharp de Nationalité Américaine qui faisaient partie du groupe de 6 sont assassinés après leur disparition en date du 12 Mars 2017. Alors qu’ils enquêtaient sur ces massacres à répétition, l’article de NYtimes revele que ces enquêteurs auraient tombé sur une piste qui intéressait. Il s’agit selon ce quotidien New Yorkais, de la révélation venant du répertoire contenant 130 fichiers (dénommé sous le nom de Mr Kanku) dans l’ordinateur de Zaida Catalan. En plus d’autres fichiers qui pourront être révélés dans les jours à venir, ce répertoire contenait particulièrement une audio dans laquelle, ce Mr député et Ministre discutait avec un milicien de Kamuina Nsapu sur l’évolution de l’attaque de la résidence du Colonel ainsi que l’incendie de Tshimbulu.

 La vidéo date de Janvier (disons 2017) et au même moment, Zaida soulignant dans son agenda (journal intime) qu’elle a eu une percée. Elle aurait envoyé dans la foulée un message à son collègue Michael Sharp un message « I have a big stuff going on ». En plus de cela, les expressions évoquées dans l’article du New York Times font croire qu’une piste promettant avait été trouvée et ne reste que la « dénicher ». NYTimes souligne que Mr Kanku était au courant de l’existence de cette vidéo accusatrice et qu’un rendez-vous avait été fixé dès le retour de Catalan dans cette jungle dans laquelle elle n’aura pas la chance de s’en tirer. La question se pose sur pourquoi avait-elle informé Mr Kanku de l’existence de cette audio alors qu’elle était toujours en cours d’investigation ? Mon interprétation est que l’approche était si risquant dans un contexte de conflit de telle envergure. Tout pouvait alors arriver ! Il est aussi impérieux de comprendre les voies par lesquelles cette video avait été trouvée. Je doute fort qu’un expert de Nations Unies ait recours aux services de renseignement de la RDC comme une source fiable dans un conflit dont les Nations Unies voient la main de gouvernants.

Malheureusement, ce drame qu’ils enquêtaient finira par leur emporter la vie dans de circonstances dramatiques et inhumaines. Ce « modus operandis » de tuer ces experts rappelle la violence qui a élu domicile dans cette République Démocratique mais la terreur que connait le monde entier ces dernières années au point de décapiter la vie humaine. Dans cet article, le New York Times met à nu les failles dans le système des Nations Unies en termes de protection ainsi que la formation de ces experts d’opérer dans les zones à haut risque. Les Nations Unies ayant une grande force dans le Congo, MONUSCO n’a pas été à mesure de prévenir les violences dans le Kasaï et enfin ne pas être à mesure de protéger ces experts.

La famille de Catalan aurait été la première à informer le système des Nations du danger que couraient Catalan et Sharp alors qu’ils étaient déjà dans les mains de tueurs. Il me parait que l’intuition de la famille de suivre de près cette situation est liée au fait que Catalan leur avait informé du danger autour du dossier. Je me demande alors si la famille de Catalan était soucieuse de ce danger, comment se fait-il que les Nations Unies ayant tous les moyens de collecter les informations ne comprennent pas ce danger. Que les Nations Unies aient été informées par la famille, il était toutefois trop tard d’intervenir et d’ailleurs ca prendra quelques jours pour que la MONUSCO entame sa recherche de corps de ces victimes.

Une enquête indépendante et fiable autour du dossier de drame du Kasai est inévitablement à considérer pour mettre au clair ces zones floues. L’enquête indépendante doit mener une investigation sur tout le dossier qui endeuille la région plutôt que de comprendre les conséquences. Espérons que les Nations Unies ayant compris cette nécessite puisse coopérer avec la RDC dans l’affaire qui implique Mr Clément Kanku afin de tirer une leçon sur la manière dont les politiques manipulent les innocents afin d’en tirer leur profit personnels sur ces bains de sang. Ces cas seraient légions dans ce grand pays où la plupart de fois, des commanditaires sont « récompensés ». Pouvons-nous penser que ce dernier cas pourrait servir de model pour les politiciens qui prennent en otage les innocents ainsi que la jeunesse désœuvrés en vue de les instrumentaliser. Au même moment, il est de la responsabilité du gouvernant de mettre en place des mesures pour que ces jeunes aient de l’espoir que l’avenir est possible et certain. Il est encore une fois question de mieux redistribuer les richesses nationales plutôt recourir aux forces des armes.

Que toutes les âmes de ces victimes du drame Kasai, les victimes innocentes de la crise RD congolaise en général ainsi que Catalan et Sharp reposent en paix.

NTANYOMA R. Delphin  

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Calvaire de Bijombo: Narratifs & Mobilisation Opposants Bafuliro contre Banyamulenge?


Le groupement de Bijombo se situe dans le territoire d’Uvira, en Province du Sud-Kivu. Il est principalement habité par le Banyamulenge (formant la majorité), la communauté Bafuliro, Bavira, Banyindu et moins de Babembe possible. La première communauté a pour base Minembwe bien sûr mais Bijombo est le seul groupement parmi les entités de base—chefferies qui est traditionnellement géré par le par la celle-ci. Ce groupement connait actuellement un calvaire où se voient « pendus » le Banyamulenge, le Bafuliro et au milieu d’entre eux, les innocents.

Ces innocents représentent la grande partie de la population locale qui ne souhaite plus voir leurs localités sombrer dans les affrontements sans fin. Ils ont été imposés ce calvaire par une main invisible dont les motivations me restent encore inconnues. Il peut s’agir du manipulateur voulant en tirer profit ou soit une conséquence de l’absence d’état de droit exploitant la fragilité socio-économique et culturelle ; et la suite serait que ces affrontements peuvent constituer une source de conflit aux conséquences imprevisibles.

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Visite du Gouverneur Marcellin Chisambo a Bijombo

L’histoire rappelle que le Sud-Kivu a été la première où est parti la guerre dite de libération de 1996. Son origine et ses contours restent controversés mais la contestation de nationalité de certaines communautés du Kivu fut parmi les paramètres exploités par les politiques pour justifier ou mobiliser pour la guerre. Bien que les mobiles et motivations puissent différemment être interprétés, l’histoire retiendra tout de même que les questions communautaires furent sur la liste de griefs qui ont embrasé tout le territoire Zaïrois dans un bref délai.

Hormis les faiblesses de forces de sécurité de contrôler tout le territoire, depuis quelques années Bijombo était parmi les contrées apparemment calmes et l’image promettait une cohabitation entre groupes socio-culturels vivant dans ce groupement. Le refus du « paternalisme—parrainage » de Banyamulenge aurait grandement joué au profit de l’accalmie de cette région en particulier et celui du Sud-Kivu en général. Le lecteur se rappellera que les tentatives du phénomène M23 auraient accouchées une souris dans son plan de s’étendre au Sud-Kivu. Ce refus fut une position catégorique qui s’inscrit dans la logique partagée par nombreuses communautés de la région de trouver une solution interne.

La semaine du 10-17 Avril 2017, le Groupement de Bijombo était sous le feu de miliciens dont l’origine serait la mort de deux personnes (femmes malheureusement) membres de la communauté Bafuliro. Ils avaient été abattus par des hommes en armes non autrement identifiés alors qu’ils partageraient le village avec leurs voisins Banyamulenge. Les deux victimes appartenaient à une famille dont l’un de ses membres aurait été suspecté d’avoir fait allégeance aux miliciens Maimai de la région. Des tels incidents sont innombrables dans cette région au point que toutes les possibilités sont à exclure et à inclure. Pour mieux situer le lecteur, il est à retenir que Bijombo a plusieurs groupes armés dont Maimai composé principalement par les hommes en armes appartenant à la communauté Bafuliro, alors que Gumino est composé principalement par le Banyamulenge. En Mars 2016, les échauffourées avaient opposé le Gumino contre les Forces Armées de la RDC sur de bases « sélectives » car les Maimai n’ont pas été visés alors qu’au départ, le conflit semblait se situer dans les rivalités de ces deux groupes en armes et le contrôle de sources de revenus tirées dans l’accompagnement les commerçants ambulants.

La complexité de griefs existants ainsi que les narratifs peuvent amener le bloggeur à confondre le lecteur, mais il s’agit de causes et mobiles à différents niveaux. En plus de cela, il faudra rappeler que la majorité de ces Maimai avaient décidé, après la défaite du M23, de réintégrer les FARDC et ont passé plusieurs mois à Uvira sans que le processus ait abouti. La suite était qu’ils ont décidé de reprendre leur « carrière des armes ». D’autre part, ceux appartenant au groupe dit Gumino ont, depuis fin 2012, été en attente d’intégration selon les indiscrétions provenant leurs proches se trouvant à Kinshasa. Etonnement, le Chef de Groupement de Bijombo avait été attaqué et blessé par de hommes en armes au mois de Juillet 2016 dans une tentative qui s’interprétait comme une réaction à la visite du Gouverneur Marcellin Chisambo à Bijombo. Il aurait confirmé sans ambages que le Groupement de Bijombo appartenait à Monsieur Kabarure comme chef traditionnel-coutumier, position qui n’aurait pas plu à ses détracteurs. La contestation de Kabarure dans son groupement de Bijombo semble avoir une tournure de la contestation généralisée de sa communauté—objet d’une grande mobilisation de tous les Banyamulenge partout au monde dans un contexte de la jungle.

En plus de multiples griefs qui n’ont pas été résolus durant ces dernières décennies ainsi que la gestion du processus de démobilisation—intégration— qui connait plusieurs de failles, mes impressions me font croire que la région peut sombrer dans la violence perpétuelle. Il est important de retenir que le paysage socio-culturel et politique du Sud-Kivu  est tout à fait différent du Kasai—phénomène Kamuina Nsapu mais aussi du Tanganyika où lesdits « Bantous » affrontent les « pygmées ». Les informations qui pourront se confirmer pointent du doigt à la présence de groupes armes étrangers dont certains sont encore à identifier. Du Palpe-Hutu FNL du Général Nzabampema, aux miliciens dits FDLR qui peuvent ne pas l’être, on dirait qu’il y a d’autres qui tenteraient de s’y installer dans les perspectives du conflit régional autour du Burundi et la main de son voisin Rwanda. Et quelques indices se font voir vers le grand Sud du Sud-Kivu dans la région de Lusenda-Baraka où on soupçonnerait quelques manœuvres militaires dans ses moyens plateaux. Toutefois, l’avenir de Bijombo et du Sud-Kivu en général dépend largement de la cohabitation entre groupes communautaires que de la volonté de l’élite ou de Kinshasa.

Les conséquences de ces affrontements de Bijombo sont énormes au point qu’elles ont fait plusieurs morts mais aussi de déplacés. Une quinzaine de villages appartenant aux deux communautés ont été saccagés et brulés en entièreté durant ces violents affrontements qui les opposent. Par surprise, on a signalé usage d’armes calibres et létales—lourdes comme Kalachnikov et machines guns— dans les mains de miliciens au point que leurs origines restent inconnues. Les Banyamulenge se sont concentrés dans les villages distants de la ligne de front alors que la majorité de la communauté Bafuliro auraient constitués un bouclier humain dans les mains de Maimai. Ils seraient dans les forêts de Rubuga—Magunda ; une zone où ils auront difficiles à accéder aux facilités et produits de base nécessaires pour la survie. Tous ces déplacés ont abandonné leurs champs, les villages qui n’ont pas été brules se sont vus saccager au point que tous ces victimes n’ont plus de biens ménagers. Les enfants auront difficilement accès aux infrastructures scolaires comme d’habitude et l’accès aux marchés devient de plus en plus limité à ces innocents. La fragilité s’accentue mais aussi la suspicion mutuel entre communauté.

Une communauté ethnique garantirait moins la sécurité à une autre ; d’où la nécessité de l’autorité de l’état à y être déployé ainsi que la neutralité de forces de sécurité. Il est important de reconnaitre que des efforts  ont été déployés par les gouvernants au niveau central que provincial pour calmer cette crise. La présence des FARDC pourrait largement contribuer à l’accalmie bien que leur intervention ait connu une lenteur notable. Il est impérieux de bien saisir cette opportunité pour rappeler que des griefs existent et que leurs solutions ne se trouvent pas dans l’usage de force ou à imposer par la tenue militaire. Les raisons derrière ces affrontements inattendus sont multiples et peuvent s’inscrire dans le positionnement autour de la crise socio-politique au niveau central. Les manipulateurs, en exposant de vies humaines, trouveraient une occasion de s’attirer l’attention comme sapeurs-pompiers. Nonobstant, l’état reste responsable de la sécurité de personnes et de leurs biens sans discrimination aucune.

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Les affrontements epargnent moins toutes les richesses (Proprietes privees)

Cette question doit être gérée dans tous ses contours. Il est important que les déplacés soient assistés avec urgence pour qu’ils aient à manger et à boire et pourquoi pas réhabiliter leurs maisons. L’effort doit être déployé pour sensibiliser ceux qui ont pris fuite dans les forêts afin qu’ils reviennent dans leurs villages et au même moment reconstruire ce tissu social de cohabitation entre groupes ethniques. Il est nécessiteux—urgent d’éviter que ces genres d’affrontements puissent s’étendre dans d’autres zones du haut plateau car cette situation peut dégénérer. Ensuite, une solution doit être trouvée en rapport avec la gestion de ses groupes armés étrangers et la communauté internationale doit veiller à ce que les crises sous-régionales de Grands Lacs ne s’exportent en RDC. Les limites des opportunités socio-économiques contribuent en enlisement de ces crises récurrentes ; d’où la redistribution des richesses nationales doit constituer une priorité.

NTANYOMA R. Delphin

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Les Décisives 48 Heures de Divorce Total, Confrontation & Fin Tragique de l’UDPS ?


Dans son discours au Congrès, le Président Joseph Kabila a publiquement déclaré que les questions qui divisaient lors de négociations au Centre Interdiocésain ne doivent pas prendre en otage toute la République car elles renferment une notion d’ego de la classe politique. Dans un discours encadré par l’article 77 de la Constitution, le Raïs a annoncé une nomination d’un Premier Ministre dans les 48 heures à venir (il n’en reste moins que ça); s’agit-il d’une décision qui met fin aux tractations entre le PPRD-UDPS depuis Ibiza,Venise, Paris, Bruxelles… ? La question du Conseil National de Suivi d’Accord (CNSA) a été soumise aux deux chambres du Parlement pour encadrer juridiquement cette institution d’appui à la démocratie. Etant le premier et le dernier pour l’exercice 2017 (si ma mémoire n’abuse pas cfr Art 119), le discours du Président Joseph Kabila a tourné autour de la situation sécuritaire au centre du pays ainsi que la morosité qui gangrène l’économie du pays. Il est à reconnaitre toutefois que la RDC traverse une période cruciale de la crise politico-électorale couplée de la précarité économique de son peuple.

Tout en rendant hommage aux efforts d’Evêques de la CENCO ainsi qu’une reconnaissance de l’importance des deux accords encadrant la période pré-électorale (transitoire), le Chef de l’Etat a encore une fois appelé au Rassemblement de trouver une issue aux querelles internes afin de présenter les candidats « Premier Ministrables ». Néanmoins, l’observateur bien informé croirait que ça prendrait autant de milliers de jours pour qu’un compromis soit trouvé entre les cadres du Rassemblement ; et surtout que les raisons de dislocation se situent dans le fait de n’avoir pas préparé la relève démocratique de son leader charismatique Etienne Tshisekedi. Cependant, il est important de ne pas exclure la possibilité que la nomination de ce Premier Ministre peut encore prendre quelques jours car les annonces publiques ne concordent souvent pas avec l’art de la politique. Dans tous les cas, la question Congolaise ne peut difficilement connaitre d’interférences—injonctions de toute part au point que la dernière décision exigerait qu’on y pense doublement.

La crise politique et ses conséquences en termes de positionnement n’ont pas épargné non plus l’UDPS, parti cher à l’Honorable Felix Tshilombo. En plus des dissidences qui tourneraient autour du choix de l’UDPS de trouver un allié potentiellement maitrisant les poumons de décision du régime en place, ce parti connait tacitement un problème de lutte de leadership. Il semblerait objectivement que le leadership de ce « grand » parti dans le passé ne s’accorde pas aussi sur qui doit diriger ce parti après la mort du Sphinx de Limete. Le lecteur se souviendra qu’il y a quelques mois, le « dissident » Bruno Mavungu avait décidé de créer son propre parti. De son vivant, le poids d’Etienne Tshisekedi pourrait facilement contenir la grogne au sein de cadres de son parti curieusement et que les conséquences soient au degré minimal possible. Elles pouvaient aussi passer inaperçues et surtout qu’une ouverture existait dans les négociations.

Les donnes ont changé et la « démocratie multi-ethnique» a permis que chacun puisse créer son parti et mieux se positionner aussi longtemps que cela jouerait pour le compte du côté adverse. Nous assistons ce dernier jour le refus de Bruno Tshibala de suivre Felix et Moise-Pierre en s’alignant derrière Joseph Olengha Nkoy. Dans la foulée, même Valentin Mubake est exclu de son parti pour avoir rencontré le Président Kabila. L’UDPS dont son leader n’a pas encore été enterré se situerait entre le marteau et l’enclume pour faire un choix entre le rejet de « nouveaux-venus » ou l’atomisation de son cerveau. Rien ne dit vraiment pas que ceux qui quittent ont fait le bon choix. Toutefois, la confusion autour de famille politique et biologique semble exprimer que la démocratie est loin de se mettre en place au sein de partis politiques qui prônent haut et fort de restaurer celle-ci. Nous assistons à maintes reprises à de situation qui veulent nous imposer l’héritage familiale au détriment de l’héritage politique ; un choix qui déplairait aux cadres qui ont longtemps combattu pour une cause dite politique-idéologique.

Personnellement, j’avais toujours cru au calcul politique et croire que les négociations PPRD-UDPS vont toujours réussir. Les défis au sein de ce deux grands partis politiques m’ont semblé avoir de similarités : ne pas être prêts aux élections en 2016-18 car les dauphins trainent à être trouvés. Dans ce cas, le dénominateur commun était important pour que les stratèges de la renaissance et de la nouvelle génération puissent s’accorder sur la gestion de la transition. L’imprévisibilité de la politique congolaise tend à me prouver le contraire car la nomination du Premier Ministre (PM) peut ne pas s’aligner dans cette logique. Si la nomination de ce PM ne tient plus compte de l’effort de l’UDPS dans l’accalmie que connait ce pays présentement, mon entendement me laisser présager que l’aile lésée pourra recourir à la confrontation—violence. Cette assertion est moins fausse car ce 10.04.2017 est prévue une manifestation décidée par Kabund (Secrétaire Général de l’UDPS) et dont le Rassemblement, aile Felix a enjoint sa main. La gestion de la violence de la rue dans le contexte actuel ainsi que les divisions internes au sein du Rassemblement-UDPS me laisserait croire que l’avenir de ce parti progressiste Socialiste ne pas rassurant.

C’est serait fort d’affirmer qu’il s’agit d’une fin tragique mais l’avenir du parti de Limete reste dans le tourment. L’avenir de ce parti tiendrait en grande partie à la souplesse de ces nouveaux cadres de privilégier le dialogue à l’interne mais aussi au sein des regroupements dans lesquels il occupe une position importante. La confrontation et la rue auront inévitablement de conséquences néfastes sur l’ensemble du territoire national au point qu’elles ne doivent pas constituer l’unique voie qui reste. Au même moment, j’appelle aux tenants du pouvoir de ne pas simplement croire en sa capacité de contenir la rue mais entreprendre la logique pacifique de résoudre nos différends. En plus de cela, je leurs exhorte de comprendre que le peuple ne s’aligne pas derrière tout ce monde car chacun d’entre nous veut devenir Premier Ministre. Non. Je tiens encore à insister sur le fait que le peuple ordinaire veut voir son vécu quotidien s’améliorer et cela dépendra plus du choix de redistribuer équitablement les richesses nationales que de la personne au poste de Premier Ministre.

Il est alors dans l’intérêt du pouvoir de mieux appréhender les demandes du peuple et y répondre avec engagement que de recourir à l’usage de la force car ceux qui sont considérés comme déviants peuvent ne pas tous l’être si les conditions s’améliorent. En fin, avons toujours à suivre ceux qui recherchent leurs intérêts personnels et détruire profondément ce tissu socio-économique fragile ? Il est sage de mieux comprendre l’implication de nos choix ainsi que ce qu’attend cette nation de notre part. Pensez-vous autrement ?

NTANYOMA R. Delphin

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Interested in discussing socio-economic and political issues in DRC, especially Eastern part