Ethiopian Airlines Reliant Goma à Walikale: Déficit d’Infrastructures Routières?


Walikale est l’un de territoires constituant la Province du Nord Kivu. En plus de Masisi, Rutshuru, Butembo, Lubero, Beni et la ville de Goma, tous ces territoires distants de milliers de Kms du chef-lieu de la Province sont reliés par des routes en état presque de délabrement. Loin de conditions d’infrastructures qui, en général ne sont pas adaptées au siècle actuel, la province est connue pour avoir traversé de moments difficiles liés aux  guerres à répétition ainsi que les conflits interethniques qui se sont plusieurs fois multipliés.

Apres la défaite du M23, la province connait une petite accalmie ces dernières années. Les signaux semblaient aller dans une bonne direction mais les tueries de Beni ne cessent de sombrer cette région dans la désolation. Ces massacres ignobles ne cessent d’endeuiller les paisibles citoyens qui n’ont rien à faire avec les politiques. Les cicatrices des événements de dernières décennies tendent à resurgir car les mesures appropriées tardent à se mettre en place. Raison pour laquelle, d’affrontement entre groupes ethniques peuvent toujours s’afficher ; la cohabitation ainsi que le climat de confiance entre ethnies ont du mal à se stabiliser. Il est difficile de lier cet état de chose avec la grogne au sein de la jeunesse dans la province de Mr Julien Paluku. Il y a tant de soucis et besoins qui trouvent difficilement de réponses qui étaient attendues au sein du pouvoir public. Le fameux #GomaVeurDeLeau rappelle que cette population qui aurait bénéficié du Gaz Méthane du Lac Kivu n’est même pas à mesure d’accéder à l’eau en immense abondance.

Le retard du développement socio-économique du Nord-Kivu ne se justifie pas seulement par les crises de guerres ; mais d’autres paramètres liés à sa gestion peuvent s’introduire aisément dans le « modèle économétrique » qui expliquerait ce retard. Cet article vous conduit à Walikale en passant par le territoire de Masisi en vous présentant le calvaire vécu par les transporteurs et usagers de cette route. Il s’agit de prendre cette occasion afin de rappeler aux décideurs que les priorités de stabiliser le pays et particulièrement sa partie Est doit inclure la mise en place de telles infrastructures qui peuvent contribuer à réduire le chômage ainsi qu’avoir une incidence sur le fonctionnement de mouvements armés.

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Village de Kumbwa, 45 Kms de Walikale

C’est au village de Kumbwa, à 45 Km de Walikale que ces images ont été prises. Cette route de 412 Kms qui servirait de milliers de paysans allant de Sake-Masisi-Walikale date des années d’avant indépendance. Depuis plus d’un demi-siècle, elle n’a jamais connu un entretien au vrai sens du terme. Bizarrement, les festivités d’indépendance de 2016 au niveau provincial se sont tenues à Walikale et on nous annonçant que cette route était dans les conditions prometteuses. Toutefois, ces images expriment une désolation pour les utilisateurs de la route amenant les marchandises vers le territoire de Walikale, et plus précisément sa principale Cité. Nos sources informent qu’il faudra aux transporteurs de dizaines de jours pour traverser  ces embuches au point qu’il vaudrait mieux aller à Walikale par Ethiopian Airlines. Pendant la période pluvieuse, les images dans ce village de Kumbwa prouvent qu’il faut sécher la route en utilisant des seaux pour faire passer ces camions. Ces seaux de convoyeurs constituent le système de drainage de la route.

De sources bien informées pointeraient que la situation de Kumbwa peut se trouver sur plusieurs tronçons de cette route ; mais également sur plusieurs directions qui relient la Capitale à ses territoires. Il sied de préciser que ces routes sont de grande importance car elles constituent le moyen optimal par lesquels les produits primaires quittent les territoires ; mais aussi les approvisionnements. D’une manière particulière, Walikale est connu pour ses productions en matière cassitérite, coltan etc. En termes d’approvisionnement, ce territoire n’a apparemment pas d’unités de transformation, sauf peut-être quelques moulins. Donc, c’est Goma qui fournit de l’allumette, au sel en passant par le sucre et pioches.

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Si l’inauguration etait pour la route de Walikale?

Tout n’est pas sombre quand même. Quelques projets se sont faits annoncés cette semaine par le Gouverneur de la Province. Avec Marcellin Chisambo du Sud-Kivu ainsi que le Ministre du Transport du Burundi, Julien Paluku a inauguré le vol d’essai d’Ethiopian Airlines vers Bujumbura. De par l’intérêt que le bloggeur accorde au développement interne, on ne pourrait pas facilement rêver que la Compagnie Ethiopienne de l’aviation pourrait relier Goma à Walikale via Bujumbura. C’est impossible ; mais bientôt si de mesures ne seront pas prises pour entretenir-construire la route reliant ces deux agglomérations, il ne restera que la voie aérienne comme moyen de connecter Goma à Walikale. Cette situation généralisée sur presque toute l’étendue du territoire national est à considérer avec priorité car la voie aérienne est la moins accessible au paisible citoyen. Le déficit affecte même les écoles de Walikale qui formeraient nos futur(e)s ingénieur(e)s !

Dans la foulée, la province du Nord-Kivu a aussi annoncé les travaux d’asphaltage de la route Goma-Bunagana. Il s’agirait d’un pas important vers l’ouverture cette province à l’Uganda, pays voisin où passe plus de marchandises venant de Mombasa. Ce dernier projet aurait plus d’impact que le vol d’une compagnie aérienne pour de raisons qui exigent moins de discussions. Ils sont moins nombreux de Gomatraciens et plus  spécifiquement le peuple ordinaire de Beni, Lubero, Butembo qui se déplacent par avion vers les capitales mondiales. Pour ce faire, le Nord-Kivu serait conseillé de faire son mieux en vue de mettre en place et entretenir ses infrastructures ; mais aussi à mieux gérer ces projets annoncés en vue de leur durabilité. L’expérience a prouvé que d’innombrables projets tels l’asphaltage de routes se soldent par de maigres résultats. On nous construit de routes qui ne tiennent que pour quelques heures à cause du manque de transparence qui souvent les accompagnent. Enfin, la population de Walikale aurait besoin de se voir libérer de ce « blocus sans issue».

NTANYOMA R. Delphin                              

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance (ADIG)

Twitter : https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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