Sommet CIRGL à Luanda: Faibles Divergences entre Union Africaine & l’Occident?


Il se tient présentement à Luanda, la capitale de l’Angola un sommet organisé par la Conférence Internationale des Pays de Grands Lacs (CIRGL) en concertation avec la SADC (Southern Africa Development Community), l’Union Africaine (UA) ainsi que les représentants des Nations Unies. Ce sommet, au niveau ministériel et technique a commencé ce 24 Octobre 2016 ; alors que le sommet de Chefs d’Etats, auquel le Président Joseph Kabila pourra prendre part, se tiendra en date du 27.10.2016. Au même moment, les représentants de l’Union Européenne, des Etats Unis d’Amérique, de l’Organisation Internationale de la Francophonie(OIF) y seront possiblement conviés pour des raisons d’aplanir leurs divergences autour de la crise électorale en RDC. Bref, le sommet est consacré au dossier de la RDC et la crise actuelle qui tourne autour du retard des élections qui étaient prévues en 2016.

Ce sommet se tient après que l’accord du dialogue dit politique—inclusif, sous la facilitation de l’UA, avait été signé le mardi de la semaine passée, en date du 18 Octobre 2016. Le dialogue qui avait pour l’ancien Premier Ministre Togolais, Edem Kodjo comme facilitateur a remis ses conclusions au Président Joseph Kabila qui, à son tour, a exprimé sa satisfaction ainsi que son engagement en vue de la mise en application de ces résolutions dudit accord. L’accord des assises qui se sont tenues au sein de la Cité de l’UA prévoit la tenue des élections présidentielles, législatives et provinciales en Avril 2018. Dans le souci de s’assurer du climat politique en RDC, une délégation de l’Organe de Coopération Politique, Défense & Sécurité de la SADC a mené une mission à Kinshasa en date du 10-13 Octobre 2016.

La délégation de la SADC avait été mandatée par le Président Tanzanien, John Pombe Joseph Magufuli qui en est le président en exercice de cet organe. La mission d’évaluation comprenait en sein le Ministre Tanzanien des Affaires Etrangères et Coopération de l’Afrique de l’Est, Dr Augustin Mahiga ; du Ministre Angolais des Affaires Etrangères, Georges Rebelo Chikoti ; du Vice-Ministre Mozambicain de la Défense, Patricio José ainsi qu’une représentation importante du Secrétariat de la SADC sous conduite de son Secrétaire Exécutif, Dr Stergomena Lawrence Tax. Les ambassadeurs de pays membres de la SADC accrédités à Kinshasa avaient été conviés dans les différentes tractations menées par cette délégation.

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Declaeation finale de la mission SADC en RDC (10-13 Octobre 2016)

Alors que le dialogue de la Cité de l’UA était encore encours lors de La visite de cette délégation de la SADC, il en résulte que  cette dernière a largement apprécié et soutenu les avancées réalisées dans le cadre de résoudre la crise électorale en RDC. La déclaration sanctionnant leur mission a appelé tous les acteurs politiques à agir d’une manière responsable (éviter toute confrontation)  et avait implicitement « enjoint » ceux qui n’ont pas rejoint le dialogue à privilégier cette seule voie en vue de résoudre tous les différends. Bien qu’ayant rencontré la plateforme « Rassemblement », la déclaration finale de la mission de la SADC a semblé écarter l’option du « Dialogue Second Round » et aurait d’ailleurs exhorté tous les acteurs à considérer la nécessite que les nouveaux majeurs soient enrôlés pour qu’ils exercent leurs droits démocratiques comme tout citoyen. Toutefois, il est à rappeler que le Rassemblement—Dynamique et Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) continuent à plaider pour un dialogue inclusif ; modèle, deuxième—vrai dialogue. C’est dans cette optique que le Rassemblement pourrait officieusement avoir été invité à Luanda en vue de peser son poids en sa faveur.

Le sommet de Luanda serait déterminant de par la position tranchante qu’elle pourra prendre vis-à-vis de multiples pistes proposées par plusieurs acteurs et partenaires internationaux de la RDC. L’annonce de ce sommet aurait coïncidé ave  de déplacements du Chef de l’Etat Congolais dans la région de grands lacs ainsi qu’une pression implicite qui a fait que de concessions se fassent au sein de composantes qui ont pris part aux assises facilitées par Edem Kodjo. Bien que certains commentateurs aient fait allusion à une anticipation en vue de trouver un accord avant le sommet de Luanda, il est fort probable que ce sommet pouvait difficilement trouver une autre issue à cette crise en dehors de celle qui est le dialogue. Etant une communauté sous-régionale au sein de l’espace de l’UA, la SADC ne ferait toujours que s’aligner derrière la position de cet « Organe Suprême Africain » ; et semblet-il, la voie du dialogue pacifique reste la seule option envisageable et la plus appropriée pour le contexte congolais.

Le contexte RD congolais reste encore fragile aux yeux de partenaires sous-régionaux au point que le « forcing » ne serait pas la meilleure de solutions. Telle est la raison qui ferait que l’UA, la SADC ainsi que la CIRGL aient moins d’options à envisager si ce n’est que soutenir la solution pacifique car l’instable « Zaïre » déverserait plus de conséquences néfastes sur toute la région des grands lacs. Récemment d’ailleurs, le Ministre Angolais des Affaires Etrangères a insisté sur le fait que les acteurs congolais auraient déjà trouvé une issue à leur crise et que le sommet de Luanda ne saurait pas imposer une option contraire mais plutôt les résolutions du dialogue sont à soutenir par la région. Il reste à savoir si les mesures d’accompagnement de la sous-région renforceraient nos capacités pour que de crises pareilles ne se répètent pas de temps en temps. De surcroit, loin de l’attitude de précautions pour ces Etats voisins qui craindrait l’instable RDC, le lecteur se demanderait quel serait l’intérêt qu’auraient ces pays voisins dans le Congo fort ? Ne peuvent-ils pas préférer un Congo moins instable mais éternellement fragile ? Je n’y crois pas mais l’option ne pas à exclure complétement. Par conséquent, il est dans l’intérêt du peuple Congolais ainsi que de la classe politique de trouver une issue pacifique de nos crises tout en recherchant une position confortable dans l’arène des nations fortes. Toutefois, on ne part pas toujours avec le bain de sang pour y arriver!

Contrairement aux positions de l’UE, des USA, France et Belgique pour n’en cite que cela, la position de la SADC—UA pourrait grandement inspirer le résultat global à attendre lors de ce sommet de Luanda. D’ailleurs, les positions entre ces deux blocs aux expériences démocratiques et électorales largement « opposées », tendent à se rétrécir. Tous les deux blocs ont déjà réalisé l’impossibilité de tenir des élections en 2016. Le constat est apparemment un point fort de convergence. En deuxième lieu, le premier propose que des élections soient organisées en 2017 alors que les conclusions du dialogue de la Cité de l’UA les ont prévues en Avril 2018. Donc, on peut toutefois croire que le délai auquel les deux blocs divergent serait de 4 mois seulement. En troisième lieu, la préoccupation qui affiche un certain écart entre les deux blocs est l’inclusivité des acteurs politiques comparativement à ceux qui ont participé au dialogue « made in Kodjo ». D’une manière claire, les partenaires occidentaux partageraient la même position que la CENCO et exigent que l’ensemble d’acteurs prennent part en vue d’éviter toute confrontation violente. Toutefois, il est difficile d’affirmer que les motivations intrinsèques animant l’exigence de l’inclusivité soit les mêmes pour l’Occident et la CENCO. Enfin, les positions personnelles de Chefs d’Etat en rapport avec l’alternance jouerait en faveur de résolutions du dialogue de la Cit’e de l’UA.

De ce fait, il semble au bloggeur que les divergences de vue opposant l’Occident contre l’UA lors de ce sommet tendent à se rapprocher au point que le premier pourra céder en laissant la notion de l’inclusivité aux négociations en coulisse ; l’art de la « diplomatie pratique ». Ensuite, les occidentaux voudront s’assurer si ces élections finiront par avoir lieu en Avril 2018 car les circonstances socio-économiques et politiques pourront ne pas en faciliter cette tâche. Dans ce cas, le lecteur ne s’attendrait qu’à l’entérinement presque total de résolutions du Dialogue Politique Nationale Inclusif bien qu’une pression tacite sur les modalités d’inclure le Rassemblement pourra ressurgir de temps en temps. En plus de cette pression diplomatique, ceux qui voudront influencer les choses sur terrain ne le pourront qu’à travers un appui implicite qu’ils pourront fournir à l’opposition radicale en vue de créer un climat qui amènerait à peser plus. Ce serait à travers une opposition violente aux résolutions du dialogue ainsi qu’un possible riposte de la part de forces de sécurité pour enfin recourir aux sanctions. Par conséquent, il serait conseillé à la classe politique de mettre en avant l’intérêt national en vue de préserver la quiétude au sein de ce peuple longtemps meurtri par les violences de toute sorte.

 NTANYOMA R. Delphin                              

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance (ADIG)

Twitter : https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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