De Manifestations Pacifiques, Pillages aux Violence : Mains de Gouvernants?


Tout Kinshasa avait tourné au ralenti du 19-20/09/2016. Elle était cette fois-là « morte » pas comme on nous a de fois présenté les autres journées dite ville-morte. Et la conséquence est que nous pleurons de dizaines de jeunes qui n’auraient pas perdu leurs vies si les politiciens comprenaient leurs responsabilités.

Officiellement, le bilan sanglant de ces deux journées est d’a moins 17 morts dont de personnes non autrement identifiées qui seraient peut-être de passage à Kinshasa pour se frayer un chemin. Il y a une grande possibilité que ce bilan officiel soit revu à la hausse dans les jours qui viennent. De surcroit, on dénombre parmi les morts de jeunes garçons, filles innocentes, mères et de papas qui, du reste, n’occuperaient que le fauteuil présidentiel avec une moindre probabilité en 2050-60.

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Manifestants avec les armes

Au-delà de pertes en vies humaines, on a enregistré de dégâts collatéraux importants qui laissent présager qu’il ne s’agissait pas de la spontanéité. Quels que soient les commanditaires de loin ou de près, les cibles avaient été bien identifiées pour en tirer profit politique. Les attaques en quelque sorte préméditées et prise d’armes de policiers lynchés prouvent à suffisance que ces violences sont loin d’être un fait spontané. Que les medias de tout bord titrent ces événements de je ne sais quoi, il est important que les politiciens sachent sur quel terrain ils jouent. Il est jusqu’à preuve de contraire, glissant !

Les manifestations, jadis, pacifiques ont tourné dans une confrontation presque armée. D’un côté, on trouvait ces jeunes partisans de mouvements citoyens, fanatiques de partis politiques et ces jeunes « indifférents » qui ne savaient pas prédire leur avenir. De l’autre côté, il y avait la Police Nationale Congolaise dont on ne s’accorderait pas sur ses capacités professionnelles à faire face à de telles « insurrections ». Mais la question principale est de savoir si ces genres d’insurrections—protestations n’ont que l’ultime réponse, « les museler » ?

La contribution de cet article est d’appeler aux gouvernants d’analyser au mieux les motivations profondes de cette jeunesse qui, tout le temps appelée, fait éruption dans les rues. Cette éruption ne s’accompagne que de pertes en vies humaines, mais aussi des dégâts matériels. Les uns perdent leurs vies entrain de casser les banques, les maisons de particuliers ou en train de bruler les véhicules de particuliers. Certains ont toujours été vus en transportant de bagages pillés dans les magasins chinois ou autres.

De toute évidence, la plupart de ces jeunes ne sont ni les partisans d’une quelconque plateforme politique ni moins idéologiquement engagés derrière l’UDPS, MLC ou ECiDe. Le bloggeur croit d’ailleurs que la majorité de ces jeunes n’ont ni cartes d’affiliation. Quand la Majorité au pouvoir les appelle, ils répondent massivement dans la commune de Bandalungwa, Masina et Matete… Nous les avons croisés maintes fois et même en date du 19/09/2016. Hormis les étudiants, quelques jeunes appartenant aux mouvements citoyens ainsi que les cadres « politiques » du Rassemblement, le reste était de jeunes œuvrant souvent malheureusement dans la rue ! Certains de ceux-là que personnellement j’ai croisés étaient apparemment de mineurs, entre 14-18 ans.

Ils répondent à l’appel de la personne qu’ils n’ont jamais croisé et ne savent même pas son programme politique. Ils espèrent que le départ du Président Joseph Kabila leur ouvre les « portes du paradis ». Ils ne prétendent au grand jamais de devenir chef de l’Etat ni moins députés provinciaux en 2016. Ils le seront difficilement même en 2018-19-20. Alors, de quoi cherchent-ils ?

Ma contribution est que ce pays est bizarrement sous pillage—coulage depuis son indépendance. On ne cite que ces pillages des années 1990 car ayant été si médiatisés ; mais nous ne vivons que ce rythme quotidiennement. Et les autres peuvent croire ne rien protéger et recourir à la force pour devenir aussi « riches », à l’instar de ces ainés politiques. Sans toutefois faire l’avocat du diable, il serait conseillé aux gouvernants de faire la part de chose. Ils doivent inévitablement contenir les pilleurs ainsi que rétablir l’ordre public sans oublier qu’il y a un pas supplémentaire et plus décisif. Nos gouvernants doivent revoir la manière dont ils assurent l’avenir de ces jeunes.

Prenant en considération cette responsabilité de gouvernants, il m’est difficile de mieux déterminer le premier responsable de ces pertes en vies humaines, pillages et violences que connaît notre pays. S’agit-il de l’opposition qui appelle les manifestants dont ils ne connaissent pas leur identité ? OUI. D’autre part, la responsabilité de gouvernants pour apaiser les esprits de ces jeunes qui courent difficilement derrière ces besoins primaires n’est pas à interpeller ? OUI. Ils ont une grande charge et doivent faire de leur mieux afin de prévenir de tels incidents dans la prochaine décennie en mettant en place de mécanismes qui rassurent tout le monde.

Les jeunes ne doivent pas recourir et répondre à la violence pour l’intérêt politique. L’expérience prouve que quand ces politiciens cherchent à se positionner, ils reconnaissent amplement le rôle de jeunes. Leur installation et serment semble de couper le cordon ombilicale qui les relient à la base, jeunesse. Ce n’est pas pour autant que les jeunes doivent s’abandonner et sacrifier leurs droits. Le dilemme m’a toujours étouffé sur ce choix entre la non-violence et l’« ir- responsabilité » qui a longtemps caractérisé nos politiques. Toutefois, il est nécessiteux que ces derniers retiennent que la jeunesse a besoin de mieux vivre, mieux accéder aux droits fondamentaux en tenant compte de potentialités du pays.

Que le dialogue soit inclusif, mini-inclusif ou exclusif, la réponse à ces crises incessantes se dessine. Que la démocratie exige le respect de la Constitution ainsi que ses délais raisonnables, sa finalité est l’art de gouverner. Que la plupart de ceux se lancent dans les pillages ne comprennent l’alternance par rapport à l’alternative, vos obligations exigent de saisir les droits des autres ; et surtout de ceux-là qui vous donnent mandat. Que le pays connait de crises, la solution n’est pas de privilégier les intérêts personnels de « politiques » au détriment du public.

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Destruction pure et simple

A mon avis, autant qu’on exigerait à la jeunesse de cesser la violence autant on imposerait aux politiques les lignes de bonne conduite. A fortiori, les dirigeants feraient de mieux savoir partager et redistribuer les richesses nationales. Surement que même ces étudiants, s’ils trouvaient une garantie de trouver un emploi à la fin de leurs études, ils auraient été apaisés plus qu’ils le sont aujourd’hui. Les partisans de mouvements citoyens n’exigent pas autant que ça. Ils n’exigent pas le respect de la constitution « Mono-Article », ils croient que nous pouvons bien vivre si la responsabilité politique est prise en compte.

Paix à leurs âmes toutes ces victimes de la barbarie politique. Qu’ils reposent en paix ces policiers dévoués ; indépendamment cette barbarie, ils se sont retrouvés lynchés alors qu’ils ouvraient à la cause du public. La mort de ces jeunes filles est choquante. Elles auraient peut-être cru au caractère pacifique de manifestations. Malheureusement, elles sont tombées sur ce champ de bataille où la violence a dominé sur la raison.

 NTANYOMA R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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