De Manifestations Pacifiques, Pillages aux Violence : Mains de Gouvernants?


Tout Kinshasa avait tourné au ralenti du 19-20/09/2016. Elle était cette fois-là « morte » pas comme on nous a de fois présenté les autres journées dite ville-morte. Et la conséquence est que nous pleurons de dizaines de jeunes qui n’auraient pas perdu leurs vies si les politiciens comprenaient leurs responsabilités.

Officiellement, le bilan sanglant de ces deux journées est d’a moins 17 morts dont de personnes non autrement identifiées qui seraient peut-être de passage à Kinshasa pour se frayer un chemin. Il y a une grande possibilité que ce bilan officiel soit revu à la hausse dans les jours qui viennent. De surcroit, on dénombre parmi les morts de jeunes garçons, filles innocentes, mères et de papas qui, du reste, n’occuperaient que le fauteuil présidentiel avec une moindre probabilité en 2050-60.

cst5vqtxgaesh1g
Manifestants avec les armes

Au-delà de pertes en vies humaines, on a enregistré de dégâts collatéraux importants qui laissent présager qu’il ne s’agissait pas de la spontanéité. Quels que soient les commanditaires de loin ou de près, les cibles avaient été bien identifiées pour en tirer profit politique. Les attaques en quelque sorte préméditées et prise d’armes de policiers lynchés prouvent à suffisance que ces violences sont loin d’être un fait spontané. Que les medias de tout bord titrent ces événements de je ne sais quoi, il est important que les politiciens sachent sur quel terrain ils jouent. Il est jusqu’à preuve de contraire, glissant !

Les manifestations, jadis, pacifiques ont tourné dans une confrontation presque armée. D’un côté, on trouvait ces jeunes partisans de mouvements citoyens, fanatiques de partis politiques et ces jeunes « indifférents » qui ne savaient pas prédire leur avenir. De l’autre côté, il y avait la Police Nationale Congolaise dont on ne s’accorderait pas sur ses capacités professionnelles à faire face à de telles « insurrections ». Mais la question principale est de savoir si ces genres d’insurrections—protestations n’ont que l’ultime réponse, « les museler » ?

La contribution de cet article est d’appeler aux gouvernants d’analyser au mieux les motivations profondes de cette jeunesse qui, tout le temps appelée, fait éruption dans les rues. Cette éruption ne s’accompagne que de pertes en vies humaines, mais aussi des dégâts matériels. Les uns perdent leurs vies entrain de casser les banques, les maisons de particuliers ou en train de bruler les véhicules de particuliers. Certains ont toujours été vus en transportant de bagages pillés dans les magasins chinois ou autres.

De toute évidence, la plupart de ces jeunes ne sont ni les partisans d’une quelconque plateforme politique ni moins idéologiquement engagés derrière l’UDPS, MLC ou ECiDe. Le bloggeur croit d’ailleurs que la majorité de ces jeunes n’ont ni cartes d’affiliation. Quand la Majorité au pouvoir les appelle, ils répondent massivement dans la commune de Bandalungwa, Masina et Matete… Nous les avons croisés maintes fois et même en date du 19/09/2016. Hormis les étudiants, quelques jeunes appartenant aux mouvements citoyens ainsi que les cadres « politiques » du Rassemblement, le reste était de jeunes œuvrant souvent malheureusement dans la rue ! Certains de ceux-là que personnellement j’ai croisés étaient apparemment de mineurs, entre 14-18 ans.

Ils répondent à l’appel de la personne qu’ils n’ont jamais croisé et ne savent même pas son programme politique. Ils espèrent que le départ du Président Joseph Kabila leur ouvre les « portes du paradis ». Ils ne prétendent au grand jamais de devenir chef de l’Etat ni moins députés provinciaux en 2016. Ils le seront difficilement même en 2018-19-20. Alors, de quoi cherchent-ils ?

Ma contribution est que ce pays est bizarrement sous pillage—coulage depuis son indépendance. On ne cite que ces pillages des années 1990 car ayant été si médiatisés ; mais nous ne vivons que ce rythme quotidiennement. Et les autres peuvent croire ne rien protéger et recourir à la force pour devenir aussi « riches », à l’instar de ces ainés politiques. Sans toutefois faire l’avocat du diable, il serait conseillé aux gouvernants de faire la part de chose. Ils doivent inévitablement contenir les pilleurs ainsi que rétablir l’ordre public sans oublier qu’il y a un pas supplémentaire et plus décisif. Nos gouvernants doivent revoir la manière dont ils assurent l’avenir de ces jeunes.

Prenant en considération cette responsabilité de gouvernants, il m’est difficile de mieux déterminer le premier responsable de ces pertes en vies humaines, pillages et violences que connaît notre pays. S’agit-il de l’opposition qui appelle les manifestants dont ils ne connaissent pas leur identité ? OUI. D’autre part, la responsabilité de gouvernants pour apaiser les esprits de ces jeunes qui courent difficilement derrière ces besoins primaires n’est pas à interpeller ? OUI. Ils ont une grande charge et doivent faire de leur mieux afin de prévenir de tels incidents dans la prochaine décennie en mettant en place de mécanismes qui rassurent tout le monde.

Les jeunes ne doivent pas recourir et répondre à la violence pour l’intérêt politique. L’expérience prouve que quand ces politiciens cherchent à se positionner, ils reconnaissent amplement le rôle de jeunes. Leur installation et serment semble de couper le cordon ombilicale qui les relient à la base, jeunesse. Ce n’est pas pour autant que les jeunes doivent s’abandonner et sacrifier leurs droits. Le dilemme m’a toujours étouffé sur ce choix entre la non-violence et l’« ir- responsabilité » qui a longtemps caractérisé nos politiques. Toutefois, il est nécessiteux que ces derniers retiennent que la jeunesse a besoin de mieux vivre, mieux accéder aux droits fondamentaux en tenant compte de potentialités du pays.

Que le dialogue soit inclusif, mini-inclusif ou exclusif, la réponse à ces crises incessantes se dessine. Que la démocratie exige le respect de la Constitution ainsi que ses délais raisonnables, sa finalité est l’art de gouverner. Que la plupart de ceux se lancent dans les pillages ne comprennent l’alternance par rapport à l’alternative, vos obligations exigent de saisir les droits des autres ; et surtout de ceux-là qui vous donnent mandat. Que le pays connait de crises, la solution n’est pas de privilégier les intérêts personnels de « politiques » au détriment du public.

cameras
Destruction pure et simple

A mon avis, autant qu’on exigerait à la jeunesse de cesser la violence autant on imposerait aux politiques les lignes de bonne conduite. A fortiori, les dirigeants feraient de mieux savoir partager et redistribuer les richesses nationales. Surement que même ces étudiants, s’ils trouvaient une garantie de trouver un emploi à la fin de leurs études, ils auraient été apaisés plus qu’ils le sont aujourd’hui. Les partisans de mouvements citoyens n’exigent pas autant que ça. Ils n’exigent pas le respect de la constitution « Mono-Article », ils croient que nous pouvons bien vivre si la responsabilité politique est prise en compte.

Paix à leurs âmes toutes ces victimes de la barbarie politique. Qu’ils reposent en paix ces policiers dévoués ; indépendamment cette barbarie, ils se sont retrouvés lynchés alors qu’ils ouvraient à la cause du public. La mort de ces jeunes filles est choquante. Elles auraient peut-être cru au caractère pacifique de manifestations. Malheureusement, elles sont tombées sur ce champ de bataille où la violence a dominé sur la raison.

 NTANYOMA R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

Advertisements

CELAZA “Counterfeiting” Jesus & Mathew’s Baptism: Understanding Youth “Emancipation”?


Few weeks ago, I came across a baptism story of Kamaguru, a resident of the Itombwe-Minembwe Plateau. The baptism was as special as it went organized by young people who called themselves as CELAZA. These young people met with Kamaguru who looked as having taken longer than usual without showering. As per the story-teller, Kamaguru was also known for letting his clothes unwashed for long time. No one could rightly guess the motivations behind his choices, though access to washing detergents and soap would have been challenging.

At one noon, Kamaguru entered a neighboring village while requesting a support. With damp clothes, Kamaguru insisted to get helped for changing them. There hasn’t rain during the day and people wondered what has happened to the gentle dad who was so respectful despite challenging situation from which we all have evolved in. Then, Kamaguru revealed the trouble he came across in his way back home. Astonishingly, people realized that he has met these guys belonging to CELAZA community and exercised a baptism ceremony to him. They threw him into deep water as they found that he hasn’t yet been officially baptized, said Kamaguru. Then you wonder what that “Communauté” was?

The Communauté des Eglises Libres “Agahu” au Zaïre (CELAZA) has gained momentum in late 80-90s. In the specific area, the word “Communauté” characterized mostly Congregational Churches. We used to come across such concepts when referring to Christian—Protestant churches. Additionally, CELAZA included an aspect of being a “Communauté des Eglises Libres”. From the viewpoint, CELAZA would approximately mean a type of “Agahu (tobacco) Free Churches Community in Zaïre”. Literally, it was unstructured “congregational church” led by young guys in the High Plateau d’Itombwe-Minembwe with the aim of promoting freedom in their “churches” coupled with smoking values. Puzzling in understanding as no one researched on it.

river
Kamaguru could have been dumped or dampened into this river, who knows?

They were found all around to the extent it currently sounds as a Youth Freedom Movements, similar to what’s being called Citizen Movements or Civic Associations claiming their rights. The movements gained momentum alongside with the time football was getting attention within young people. These guys used to travel with some scaring materials such as knives. Theirs were called in Swahili “Siku za Giza”, roughly meaning “Dark Days Knife”. During their reign, people started to get frightened when travelling alone. It was specifically risky for women and ladies in general. They could unfriendly behave in front a person they meet for the first time. They have beaten moms to the extent some have involuntarily seen their nails cut.

While looking to what others do diligently negotiate, these guys have been involved into night’s incursions targeting women. They toppled congregational events held in the nights by sometimes kicking pig wearing women’s clothes. It happens that some events would have suddenly end. Besides these silly behaviors, CELAZA guys have to lesser extent behaved as normal people as they could help elders in constructing shanties. Some of them have helped seniors, carrying burdens either from markets or farms for elder people. They were extremely reliable when it came to using physical forces while defending someone against arbitrary arrest. They were important to protect people against military mistreatment or inter-community confrontation.

Back to Kamaguru’s story, the latter leaked that when he met them they inquire “His Christian Name”? He couldn’t have a response while yet baptized. It’s questionable, but a Christian name needs to be a Western one. They then inquire, explains Kamaguru, what are Jesus’ disciples’ names? Kamaguru did hear about “Matayo” by just guessing, he replied. The CELAZA guys decided to immediately baptize Kamaguru and gave him the name of “Matayo= Mathew”. Since the end of 80s, Kamaguru’s christian name is Matayo. Some sources told me that possibly he is still alive. Before judging the decision and CELAZA’s behaviors, the blogger beg your pardon and request the reader to check in the Bible a similar case of Mathew.

The story of Kamaguru reminds that of Levi who possibly got a “Christian name” of Mathew (see these references: Mathew 9.9; Marc 2.13-14; Luc 5.27-28). If you can’t locate them, not strange but you open a Bible and check the “New Testament”; these are the 3 first books of it. This one discussed in the Bible was the son of Alphaeus and my guess is that his Surname was LEVI. He was a tax collector who met Jesus in a circumstance that was so strange to admit. The Bible says that Jesus was walking around and suddenly sees Levi sitting in his office. He said to him “follow me”. Instantly, “Levi got up, left everything, and followed Him”. Though they shared a meal at Levi’s house, the story doesn’t tell anything on when he got baptized. Furthermore, the story doesn’t clearly state if Levi was the one who wrote the book of Mathew. In any case, these are similar stories in terms of suddenness.

minembwe
Village of Minembwe-Itombwe where Kamaguru could have requested a help

None of Kamaguru or Levi has predicted to meet such call to follow Jesus. At least Kamaguru went back home after getting a help from neighbors. Rather, Levi would be charged of “abandon de poste” based on the way he left everything. I was trying to connect Kamaguru’s attitude from the deep water and the way he decided to never look back for fearing CELAZA’s backfire. It gives me an indication that Levi would have left his office without locking it. Were people around astonished to see a tax collector leaving his office without requesting the permission to leave? It was likely the way people have seen Kamaguru this time his clothes with a chance of getting washed and he would have an opportunity to slightly taking shower.

During the meal sharing with Levi, Jesus sounded claiming that he came with an interest of calling “outcast” than respectable people. I wondered if tax collectors were less respectable or if they were charged with embezzlement. The second option looks as the probable as it happens in different contexts. If “outcast” constituted a concern for Jesus, it might be that CELAZA were on track than counterfeiting. The socio-cultural in Itombwe-Minembwe context can lead an informed observer to guess that Kamaguru did ever receive preachers from neighboring villages. The simple reason is that even preaching the “good news” had been discriminately exercised. If so, the CELAZA in their counterfeiting style, they might have contributed in expanding the “good news” by targeting “outcast” classes. This is why taking a stance in judging the “Civic Movements” needs to think twice.

It might be that the youth movement fell into disgusting behavior while seeking emancipation. They might have lacked a clear orientation from responsible structures, especially the State-Organizations. When going through this story, the reader wouldn’t believe that some of these young guys who belonged to the CELAZA are currently Bishops of mega churches, Pastors, Lawyers, Economists, Senior Military officers and so forth. Their actual status compared to their wrongdoings in the past does paradoxically underscore the relevance of deeply understanding the fate of “conflict of generation”. It reveals the necessity of comprehending societal dynamics and mutations. Let young guy have their voices aired.

NTANYOMA R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

Dialogue: Option de Coupler les Présidentielles -Législatives & Provinciales Elue


C’est depuis avant-hier que l’opposition avait décidé de suspendre temporairement sa participation au dialogue. Cette dernière avait exigé que les élections présidentielles et législatives aient une priorité par rapport aux locales que proposaient la Majorité Présidentielles.

Un compromis a été trouvé ce soir à l’Hôtel Pullman ou avaient siégé quelques représentants de l’opposition et ceux de la Majorité. Vital Kamerhe, Jean Lucien Busa, José Makila et Samy Badibanga pour l’opposition ; Alexis Tambwe Mwamba, Aubin Minaku, Ramazani Shadari, She Okitundu et Andre Kimbuta pour la MP. La décision qui tombe a confirmé le couplement des élections Présidentielles, Législatives et Provinciales.

Alors que cette option pourrait fausser l’établissement de la démocratie, les parties prenantes au Dialogue Politique National Inclusif ont décidé que soit ainsi pour apaiser les esprits des uns et des autres. Ce couplement peut inclure aussi les élections locales si la Centrale Electorale (CENI) trouve que les moyens financiers le permettent.

Sans perdant ni gagnant car il est de l’intérêt de dialoguer et trouver un compromis avant d’user la violence comme l’a dit quelqu’un de ces acteurs. Le peuple attend que des acteurs avisés n’attendent pas le bain de sang pour enfin dialoguer. Dans ce compromis réalisé ce soir, il semble que la CENI, après la « Refonte du Fichier Electoral » pourra déterminer le moment opportun d’organiser ces élections. Il est aussi possible que le dialogue fixera les grandes lignes qui encadreront le jugement de la CENI.

Il ressort qu’après le 19 Décembre, le Président Joseph Kabila assumera toujours ces fonctions du Chef de l’Etat bien qu’un gouvernement pourra être mis en place, selon les propos d’Alexis Tambwe Mwamba, Co-modérateur de la MP.

Pour ce faire, le facilitateur annonce que les travaux en commission reprendront ce jeudi 15/09/2016. Il s’agira du moment de mettre les points sur les y du fait que ce samedi 17/09/2016, le dialogue sera possiblement clos. Rendez-vous ce samedi pour vous annoncer les grandes résolutions du dialogue

 

NTANYOMA R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Twitter : https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

Dialogue Politique: Récapitulatif de Grands Evénements de la Décennie.


C’est dans les 3 jours à venir que prendra fin les travaux du dialogue Politique National « Inclusif » prendra fin. Bien que l’opposition ait suspendu temporellement sa participation pour désaccord sur la séquence d’élections, il semble que ces acteurs seront animés par ce sentiment d’éviter des dégâts à travers la confrontation violente. La clôture de ces assises sera inévitablement sanctionnée par de résolutions.

Ces résolutions sont tellement attendues par le public au point que de spéculations dans les rues de Kinshasa ne cessent de gonfler. Elles sont plus intéressantes pour la classe politique car pour certains, elles seront une ouverture de la porte qui accède aux caisses publiques dont ils pourront s’en servir pour « servir le peuple ». Et pour les autres, ces résolutions pourront leur montrer une porte de sortie pour entrer dans la dissidence. De l’autre côté, nous avons ceux qui n’attendent que le dernier sifflet d’Edem Kodjo pour préparer le deuxième round du dialogue. Nonobstant, il est difficile de savoir qui travaillent pour l’intérêt du peuple parmi tous ces groupes.

Comment en sommes-nous arrivés à ce stade de ne pas organiser les élections dans les délais constitutionnels ? Un bref aperçu de la suite d’événements de la décennie donnerait l’image de ces failles ou défis.

  1. Entre les Deux Guerres de 1996 & 1998
  • 17/05/1997 : Prise de Kinshasa par les Forces dit « Kadogo » de l’AFDL ;
  • 29/05/1997: Prestation de Serment de Mzee Laurent Désiré Kabila ;
  • 27-28/08/1998 : Expulsion de militaires rwandais alliés à LD Kabila, particulièrement son Chef d’Etat-Major Général James Kabarebe qui avait été limogé le 17/08/1998 ;
  • 02/08/1998 : Début de la deuxième guerre du Congo, la guerre mondiale de l’Afrique. Les pays ayant participé aux combats sont, d’une part le Rwanda, l’Uganda, le Burundi du côté de rebelles et l’Angola, le Zimbabwe, la Namibie, le Tchad… du côté Gouvernement de Kinshasa ;
  • Juillet-Aout 1999 : Accord de Lusaka entre belligérants de la guerre de 1998 (10 Juillet par l’Angola, RDC, Namibie, Rwanda, Uganda et Zimbabwe ; 1er Aout par le MLC ; 31 Aout par le RDC)
  • 17/01/2001 : Mort de Mzee LD Kabila ;
  • 26/Jan/2001 ; Investiture de Joseph Kabila (âgé de 30 ans) après la mort de son père ;
  • 19/Avril/2002 : Signature de l’Accord de Sun-City entre les belligérants nationaux de la guerre 1998-2003 ;

2. Période de Transition & Test de la Démocratie

  • 30 Juin 2003 : Installation du Gouvernement de Transition à Kinshasa dans la formule compliquée de 1+4(Président Joseph Kabila avec 4 Vice-Présidents);
  • 18-19/Dec/2005 : Referendum en vue de voter l’actuelle Constitution. La constitution est promulguée en date 18.02.2006;
  • 27/Nov/2006 : Les premières élections présidentielles dites démocratiques, Joseph Kabila est confirmé Président de la République au second tour après le recours introduit par Jean Pierre Bemba, le perdant ;
  • 20-21/Aout/2005& 11/Novembre/2006 & Mars 2007 : Les violences post-électorales de Kinshasa entre les forces de Jean Pierre Bemba et celles loyales au Président Joseph Kabila. Ces violences ont fait des milliers de morts, particulièrement les militaires ;
  • 24/Mai/2008 : Arrestation de Jean Pierre Bemba dans la banlieue de Bruxelles. Il est remis à la Cour Pénale Internationale, le 3 juillet 2008;
  • edem_kodjo
    Edem Kodjo, Facilitateur

3. Rechute de la Démocratie & Résurgence de Violence

  • 2004-2009: La guerre du CNDP (Congres National pour la Défense du Peuple);
  • 22/Jan/2009 : Arrestation de Laurent Nkunda et fin de son aventure ;
  • 25/Mars/2009 : Démission de Vital Kamerhe, Président de la Chambre Basse du Parlement ;
  • 20/Jan/2011 : Changement de la constitution ramenant les présidentielles un tour ;
  • 09/Dec/2011 : Joseph Kabila est proclamé Président de la République au tour unique avec 48.95% et à la deuxième position, Etienne Tshisekedi (32.33%);
  • 23/Dec/2011 : Tshisekedi conteste les résultats et prête serment à son domicile à Limete.
  • 26/Nov-25/Dec/2011 : Des contestations tournent en confrontation violente entre partisans de Tshisekedi et les forces de l’ordre qui a fait des dizaines de morts ;
  • 04/Avr/2012-05/Nov/2013 : La guerre du M23
  • 07/Sept-05/Oct/2013 : Tenue des assises dites de « Concertations Nationales » ayant produit 629 recommandations dont 100 jugées prioritaires ;
  • 12/Dec/2013: Signature de l’Accord dit de « Déclaration de Nairobi » entre le Gouvernement Congolais et le M23
  • 08/Dec/2014 : Formation du Gouvernement de Cohésion Nationale (Matata II) ;
  • 23/Dec/2014 : Déclaration de « Faux Penalties » par Moise Katumbi à son arrivée à Lubumbashi de retour en Europe; Majorité Présidentielle ;
  • 12/Fev/2015 : Publication du Calendrier électoral dit « Global» avec un budget de        1 145 408 680US $ Il est enfin rejeté par l’opposition pour son manque de réalisme.
  • Sept 2015 : Dissidence du groupe dit G7, 7 partis politiques qui faisaient partie de la
  • 21/Juin/2016 : Condamnation de Jean Pierre Bemba à la Haye
  • 29/Sept/2015 : Démission de Moise Katumbi comme Gouverneur de la Province du Katanga et au sein du PPRD (parti présidentiel) ;
  • conclave_bruxelles
    Conclave de Genval/Bruxelles

4. Retour au Palabre ou Début de la Démocratie RD Congolaise

  • Mai-Juin/2015 : Organisation de « Consultations » par le Président de la République. Objectif, s’enquérir des avis d’acteurs politiques sur l’organisation du Dialogue ;
  • Juillet-Sept/2015 : Pré-dialogue (Tractions entre la MP et l’UDPS). A titre d’exemple, on citerait les consultations du 11-17/08/2015 à Venise/Italie et celles du 9/09/2015 à Ibiza/Espagne;
  • 28/Nov/2015 : Convocation du Dialogue politique Nationale Inclusif par le Président Joseph Kabila,
  • 30/Mar/2016: Vote de la Résolution 2277 des nations Unies ;
  • 06/Av/2016 : Nomination par l’Union Africaine d’Edem Kodjo comme Facilitateur du Dialogue Politique National Inclusif ;
  • 04/Mai/2016 : Moise Katumbi est accusé de recrutement de mercenaires et va se faire soigner en Afrique du Sud en date du 20/Mai/2016;
  • 08-09/Juin/2016 : Tenue du Conclave de Genval ;
  • 27/Juil/2016 : Retour d’Etienne Tshisekedi à Kinshasa, ayant tenu le meeting-test du Rassemblement en date du 31 Juillet 2016;
  • 23-27/Aout/2016 : Tenue des travaux du Comité Préparatoire ;
  • 01-15/Sept/2016 : Début du Dialogue Politique Proprement-dit.

Les questions en suspens :

  • La question de séquence d’élections peut-elle ruiner tous les efforts entrepris en vue de sauver ce pays ?
  • Ce dialogue ne sera pas une énième occasion de se partager les gâteaux ministériels ?
  • Ceux qui ne participent pas, ne peuvent-ils pas hypothéquer les vies humaines en vue d’accéder à ces gâteaux au deuxième tour ?
  • Et à quand ce dialogue qui viserait à résoudre nos problèmes quotidiens et tous ces défis de Gouvernance dans ce pays?
  • Les résolutions de ce dialogue tiendront pour combien de temps ? le temps du compromis de la transition ou jusqu’à ce que personne ne sera interdit de présenter sa candidature ?

 

NTANYOMA R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

Terrorisme à Beni/RDC : Complicité ou Passivité de la Communauté Internationale ?


I. Introduction

La réalisation de cet article n’est pas un fait spontané, mais une préoccupation majeure, ayant depuis un laps de temps, perturbé les esprits des congolais par rapport aux actes de tueries répétées dans le territoire de Beni.

Dans ce point nous allons essayer de définir le terrorisme et puis faire un petit aperçu historique sur le terrorisme.

  1. Définition du terrorisme

Selon le Toupictionnaire, le dictionnaire politique, le terrorisme est étymologiquement d’origine latine « terror » qui signifie  terreur. Le terrorisme désigne l’usage de la violence par certaines organisations politiques pour atteindre leurs objectifs : faire pression sur l’Etat, contraindre une population à l’obéissance, médiatiser une cause, promouvoir une idéologie…. Le terrorisme peut prendre la forme d’attentats, d’assassinats, d’enlèvements, des sabotages…[1].

Selon la législation Congolaise, le terme « terrorisme » désigne les actes en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, à savoir :

  1. Les atteintes volontaires à la vie ou à l’intégrité physique de la personne, l’enlèvement et la séquestration de la personne ainsi que le détournement d’aéronefs, de navires ou de tout autre moyen de transport ;
  2. Les vols, extorsions, destructions, dégradations et détériorations ;
  3. La fabrication, la détention, le stockage, l’acquisition et la cession des machines, engins meurtriers, explosifs ou autres armes biologiques, toxiques ou de guerre ;
  4. tout autre acte des mêmes natures et but consistant à l’introduction dans l’atmosphère, sur le sol, dans le sous-sol ou dans les eaux de la République, d’une substance de nature à mettre en péril la santé de l’homme ou des animaux ou le milieu naturel [2];

Pour sa part, la Convention de l’OUA (Article 1er, Alinéa 3.a) définit le terrorisme comme «  tout acte ou menace d’acte en violation des lois pénales de l’État »[3]. Dans la Convention de l’OUA le paragraphe (3.a) complète la définition entamée par le paragraphe iii qui dispose qu’est terrorisme « tout acte ou menace d’acte commis dans l’intention de créer une insurrection générale dans un État partie » est un acte terroriste[4].

Pour parachever la définition du terrorisme, la Convention ci-haut citée prend en considération les acteurs indirects comme faisant partie de celui-ci. A cet effet, le paragraphe 3b dispose : « est acte terroriste toute promotion, financement, contribution, ordre, aide, incitation, encouragement, tentative, menace, conspiration, organisation ou équipement de toute personne avec l’intention de commettre tout acte mentionné au paragraphe 3.a ».

beni_massacre
Enterrement de victimes de Massacre de Beni

Constitue l’infraction de financement du terrorisme « le fait de fournir, de collecter de réunir ou de gérer par quelque moyen que ce soit ; directement ou indirectement, des fonds ou des valeurs ou des biens dans l’intention de les voir utiliser ou en sachant qu’ils seront utilisés en tout ou en partie en vue de commettre un acte de terrorisme indépendamment de la survenance d’un tel acte »[5].

2. Historique du Terrorisme

Comme le souligne EL KHADIR Mahmoud Dr. BENALI Sadequi[6], « le terrorisme est un phénomène historiquement récurent dans toutes les sociétés et à toutes les cultures. Il existe depuis que l’homme a décidé de tuer son frère l’homme, en le poignardant dans le dos, dans le but de changer les données d’une situation ou pour des raisons de vengeance ». Il ajoute que « la terreur était pratiquée dans certaines cultures tribales par des sociétés secrètes qui ne parvenaient à se maintenir que de cette manière. Le mot « terrorisme » est d’ailleurs lié à la période de la révolution française connu sous le nom de « terreur » (1793-1794) ».

Le terrorisme date de longtemps au point qu’ « au XIIe siècle, les assassins organisaient des compagnes terroristes contre les musulmans sunnites. Au lendemain de la Réforme, au XVIe siècle, les groupes protestants et catholiques en Irlande ont également pratiqué la terreur ». Ses courants majeurs sont : le terrorisme de minorités ethniques, le terrorisme religieux, le terrorisme d’extrême gauche, le terrorisme d’extrême droite, le terrorisme d’une question particulière.

L’Afrique n’a pas échappé à ce phénomène dont la progression ne rencontre pas encore d’obstacles efficaces. En 1998 les terroristes à travers des explosions avaient ensanglantés les ambassades des Etats-Unis à Dar es Salam (Tanzanie) et Nairobi (Kenya). Nous en connaissons récemment au Kenya, Somalie, Ouganda, Tunisie, Mali pour ne citer que ces cas. L’historique du terrorisme étant un sujet complexe, il fera l’objet d’un débat particulier lors des prochaines discussions

beni
Enterrement des victimes du Terrorisme de Beni

II. La Barbarie de Beni/RDC peut –elle être qualifiée du Terrorisme ?

Dans ce point on va essayer de décrire Beni comme entité administrative, relater les faits des actes barbares perpétrés en ce lieu et en fin, les confronter aux instruments juridiques en rapport avec le terrorisme.

  1. Les atrocités de Beni

Beni est une ville de la République démocratique du Congo qui se trouve au Nord-est du pays, située à proximité du Parc National de Virunga sur le Plateau du Mont Ruwenzori en bordure de la forêt d’Ituri. Elle se trouve à 70 km de Kasindi, la cité frontalière de l’Uganda.

Les massacres ont débuté le 02/10/2014 à Mukoko et à Kokola , à plus de 20 km au nord de la ville de Beni. Des victimes ont été décapitées devant les membres de leurs familles, des malades ont étés démembrés dans leurs lits d’hôpital et d’autres tués à l’aide d’armes blanches[7].

Les mêmes actes ont continué d’être perpétrés jusqu’au mois d’août 2016 et jusque-là, les sources bien informées font état de plus de 1200 personnes tués et un millier des blessés, 1470 personnes kidnappées, plus de 1000 maisons incendiées et beaucoup de déplacés[8].

  • Les victimes

Concernant les personnes ciblées, il est difficile de faire une généralisation. Malgré certaines rumeurs, toutes les communautés religieuses et ethniques ont été visées ; même si la majorité de victimes sont des chrétiens, religion la plus représentée démographiquement dans la région[9].

Il importe de rappeler que le terrorisme ne vise pas un groupe religieux ou ethnique mais ce qui compte beaucoup c’est la terreur semée par ce mouvement, c’est à dire que les tueries visent toute la population sans distinctions de race, religion et ethnie.

  • Les auteurs & Historique d’ADF-NALU

Partant des différents rapports sur les tueries de Beni, la majorité de ceux-ci affirment que les auteurs de ces dernières sont des ADF- NALU (Alliance Democratic Force – National Army Liberation for Uganda). ADF-NALU est un mouvement terroriste d’origine Ougandaise venu en RDC vers les années 1995. A la suite des échecs qu’ils ont enregistrés face à l’armée Ougandaise, ils se sont installés dans les massifs de Ruwenzori à quelques kilomètres de l’Ouganda dans la région Beni.

En 1995, après avoir été chassés d’Ouganda d’où ils sont originaires, les ADF, un groupe armé de tendance radicale-islamiste ont établi leur base arrière dans le territoire de Beni suite à une alliance avec l’Armée nationale pour la Libération de l’Ouganda (NALU) un autre mouvement rebelle ougandais installé dans le territoire de Beni depuis 1988. Cette fusion a donné naissance à un groupe rebelle armé connu sous l’acronyme « ADF-NALU». Dans un premier temps, on aurait cru que l’objectif commun de ces deux groupes armés était de renverser le gouvernement ougandais. En décembre 2007, une partie de combattants de NALU se sont rendus aux autorités Ougandaises ; et c’est après la mort de Amon Bazira que Jamil Mukulu (ayant un parcours d’Islamisme radicalisé) est devenu le chef du mouvement des ADF. Son groupe se serait alors investi dans des activités économiques locales à Beni et dans le trafic illégal de ressources naturelles, tels que le bois et l’or, tout en nouant des liens étroits avec des chefs locaux[10].

A ce sujet, les ADF-NALU sont reconnus comme mouvement terroriste par le comité du conseil de sécurité (groupe d’experts des Nations Unies), comité crée par la résolution 1533(2004) concernant la RDC. Au même titre que le Boko haram, Al-shabaab, Taliban, AQMI et AQPA, les ADF-NALU sont sur la liste noire des USA[11].

Les langues parlées par ces terroristes sont entre autres le Kiswahili et  la langue arabe, pour ne citer que cela. Parmi les différents liens étroits qui existent entre les ADF-NALU et d’autres mouvements terroristes, on peut citer leur mode opératoire, manque de revendications politiques en RDC ainsi que les transferts d’argent qu’ils effectuent vers l’étranger. Grosso modo, les liens entre les ADF-NALU et d’autres mouvements terroristes mondiaux, sont à affirmer sans ambages[12].

shopping_mall
Terrorisme a Nairobi, attaque au Shopping Mall

Dans les différents camps qu’ils occupaient jusqu’à ce qu’ils aient été attaqués par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les ADF comme une organisation bien structurée s’entraînaient, cultivaient, priaient, recrutaient jusqu’en 2014 en Ouganda et en RDC. Certaines recrues ont rejoint volontairement la rébellion, parfois même avec leur famille ; pour d’autres, on leur a fait miroiter des opportunités économiques ; d’autres encore ont été enlevées et obligées de suivre une formation militaire. Ceux qui refusaient étaient détenus et menacés jusqu’à céder. Dans leur mode de fonctionnement, on découvre un phénomène dit « Bazana » – les civils kidnappés – qui devenaient les esclaves personnels du chef des ADF et qui étaient forcés de se convertir à l’islam. Une méthode qui ressemble beaucoup à celle de Boko Haram[13].

2. Les actes des ADF-NALU face aux instruments juridiques

Partant des instruments juridiques internationaux tels que la Convention de 1963 relative aux infractions et à certains autres actes survenus à bord des aéronefs, la Convention de 1970 pour la répression de la capture illicite d’aéronefs, la Convention de 1971 pour la répression d’actes illicites dirigés contre la sécurité de l’aviation civile, la Convention de 1973 sur la prévention et la répression des infractions contre des personnes jouissant d’une protection internationale, y compris les agents diplomatiques, la Convention internationale de 1979 contre la prise d’otages, la Convention de 1980 sur la protection physique de matières nucléaires, l’article 3 paragraphe 8 de la loi N° 04/016 DU 19 Juillet 2004 Portant lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en RDC , Article 1 de la Convention de l’OUA du 14/07/1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme les ADF-NALU commettent les actes ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, les tueries, la décapitation et la mutilation, faire pression, assassinats , prendre en otage, sabotages, enlèvements … en plus de cela, le fait d’être inscrit sur la liste des terroristes, suffit pour qualifier leurs actes du terrorisme.

Les ADF-NALU n’ont ni jus ad bellum (droit de faire la guerre), ni jus in bello (règles juridiques applicables à la conduite des hostilités ou droit de Genève), car ils ne revendiquent rien en RDC et ils n’ont ni éthique militaire ou éthique de la guerre. Leurs relations étroites avec d’autres mouvements terroristes comme le confirment plusieurs rapports sont une preuve supplémentaire[14]. En plus de cela, il importe de signaler que les ADF-NALU font le commerce des pierres précieuses et bois, cela laisse croire que ces derniers peuvent financer, d’une façon ou d’une autre, le terrorisme.

jamil_beni
Jamil Mukulu dans les forets de Beni

III. La passivité de la communauté internationale face aux actes des ADF-NALU

Nul ne peut affirmer la complicité de la communauté internationale par rapport aux actes des ADF-NALU, mais probablement une sorte de passivité. Cette passivité est-elle liée au manque d’information ou manque de volonté ? Bien que cette communauté internationale appuie la RDC dans différents domaines et sécuritaire spécifiquement, il est difficile de comprendre pourquoi les atrocités de Beni n’attirent pas une attention particulière comme cela se fait remarquer dans d’autres contextes.

Sous réserve de la présence de la MONUSCO en RDC et en particulier à Beni, l’existence des opérations conjointe entre la MONUSCO et les FARDC ainsi que leur soutien logistique que la Mission de Stabilisation accorde aux FARDC, échange des renseignements sur la lutte contre les ADF-NALU, la mise des ADF-NALU sur la liste des mouvements terroristes par la communauté internationale ; cette dernière ne traite pas la question des ADF-NALU au même titre que les autres mouvements terroristes opérant en Afrique.

Et d’ailleurs, la perception de la population de Beni envers la MONUSCO est généralement négative. Dans un sondage effectué au Nord-Kivu par le McCain Institute, en octobre et en Novembre 2014, il apparait que 71% de la population avait une opinion défavorable de la MONUSCO[15] .

Les récents massacres ont soulevé des mouvements de protestation sur les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp et Twitter) criant « ‎Justice for Beni », « nous sommes fatigués de ces tueries » « viongozi wana tusahau ». Ces déclarations dénoncent l’inertie des autorités congolaises face à ce que certains internautes qualifient de «massacre en silence de la population à Beni»[16]. La déclaration du président de la société civile de Beni l’affirme aussi ouvertement.

A notre avis, le soutien de la MONUSCO ne devrait pas se limiter sur la logistique, l’échange d’informations. Plutôt, la communauté internationale devrait être mobilisée en vue de prendre des mesures adéquates sur l’éradication des ADF-NALU, en mettant en place une force particulière de lutte contre ces derniers. La mobilisation, tant sur le plan régional qu’international contre le Boko Haram, Al-shabaab et AQMI, devrait inspirer la lutte contre les ADF-NALU. Cela du fait que les capacités de nuisance de ces terroristes présentent un danger imminent, non seulement pour la RDC, mais également il y a risque qu’ils puissent s’étendre dans la région des grands lacs.

arrested_jamil
Jamil Mukulu en arrestation Tanzanie/Uganda

IV. Conclusion et recommandations

Partant des différents instruments juridiques tant internationaux que nationaux sur le terrorisme, il nous semble que les actes perpétrés à Beni par les        ADF–NALU sont à qualifier comme des actes du terrorisme.

Quand on observe le modus operandi (mode opératoire) des ADF-NALU, leurs liens étroits avec d’autres mouvements radicaux terroristes, leur manque des revendications politiques en RDC, les actes de ces derniers n’ont pas d’autres objectifs que celui de semer la terreur en RDC, d’attaquer militairement sans objectifs, d’intimider et saboter les institutions de la République, la prise en otage et enlèvement etc. C’est sans foi ni loi, sans éthique militaire ni éthique de la guerre (ADF-NALU) ont été déclaré comme un mouvement terroriste par les Nations Unies.

A supposer qu’il y avait d’acteurs nationaux ou internationaux impliqués dans les actes de terrorisme de Beni afin de discréditer le pouvoir en place à Kinshasa, le mode opératoire de ce terrorisme ne serait pas acceptable pour remettre en cause les institutions surtout les mêmes actes surviennent dans les Etats hautement sécurisés. A côté de leur mode opératoire, il est important de signaler que le manque de jus ad bellum et jus in bello, comme nous l’avons déjà souligné (manque de droit de faire la guerre en RDC et celui de respect des règles applicables pendant la guerre et de l’étique militaire) prouvent à suffisance que les ADF-NALU sont un mouvement terroriste sans aucune autre raison qui justifierait leur présence et activisme en RDC.

Sous réserve de la présence de la MONUSCO à Beni, la communauté internationale devrait déployer ses efforts dans lutte contre le terrorisme en RDC pour limiter son expansion dans la région. Pour ce faire, nous recommandons:

                                                     A la communauté internationale

  • L’ONU devrait s’intéresser à ce qui se passe à Beni et traiter les terroristes opérants en RDC au même titre que ceux qui opèrent ailleurs dans le monde ;
    •                                  A l’union africaine
  • Mettre en place une force spéciale africaine de lutte contre le terrorisme en RDC;
  • Promouvoir les mécanismes d’échange d’information sur le terrorisme
    •                                   Au Gouvernement de la RDC
  • Le Gouvernement devrait créer une Commission Permanente Nationale de la lutte contre le terrorisme;
  • Prioriser la population de Beni dans ces actions humanitaires en assistant les familles des victimes et les rescapés ;
  • Mener des campagnes des sensibilisations aux méfaits du terrorisme afin de gagner la confiance de la population de Beni;
  • Création des unités spécialisées de lutte contre le terrorisme au sein des forces de l’ordre et de la sécurité ;

Fait à Kinshasa le 09/09/2016

 

MUYOBOKE MUDUMIZA Cédric

                      Juriste

                    Master en Droit des Affaires( LLM)

                    Facilitateur de Forum des Jeunes Banyamulenge

MUJYAMBERE MAVUGO John

                      Licencié en Droit

                      Coordonnateur de l’EAD (ONG Locale)

[1] http://www.toupie.org/Dictionnaire/Terrorisme.htm;

[2] Article 3 paragraphe 8 de la loi N° 04/016 DU 19 Juillet 2004 Portant lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en RDC;

[3] Article 1 de la Convention de l’OUA du 14/07/1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme paragraphe 3 point A ;

[4] Ibidem ;

[5] Article 2 de la N° 04/016 DU 19 Juillet 2004 Portant lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme en RDC ;

[6] EL KHADIR Mahmoud, Le terrorisme, les causes et les remèdes, Mémoire, Université Mohamed I, 2005

[7] Congo Reseach Group, Qui sont les tueurs de Beni, Rapport d’enquête N° 1, Mars, 2016, P.5

[8] Gilbert Kambale, Déclaration de la société civile de Beni , le 15/08/2016;

[9] Congo Reseach Group, opcit, P.7

[10] Rapport du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme sur les violations du droit international humanitaire commises par des combattants des Forces alliées démocratiques (ADF) dans le territoire de Beni, province du Nord-Kivu, entre le 1eroctobre et le 31 décembre 2014, p.6

[11] Rapport du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme sur les violations du droit international humanitaire commises par des combattants des Forces alliées démocratiques (ADF) dans le territoire de Beni, province du Nord-Kivu, entre le 1eroctobre et le 31 décembre 2014

[12] Idem , p.8

[13] Ibidem

[14] Cfr plusieurs rapport sur l’ADF-NALU entre autre , Reseach Group, Qui sont les tueurs de Beni, Rapport d’enquête N° 1, Mars, 2016

[15] Reseuach Group, opcit, P. 30

[16] Gilbert Kambale , opcit, 15/08/2016