Kinshasa « Morte » sauf la Salle de l’Hôtel Beatrice?


Tout Kinshasa a semblé observer la journée ville morte décrétée par l’opposition. Elle a été décrétée comme une réponse à la convocation des travaux du Comité Préparatoire du Dialogue Politique National Inclusif par le Facilitateur Edem Kodjo. L’opposition qui est devenue célèbre en « démobilisation », elle exige toujours la démission du Facilitateur pour de raisons qu’elle considère comme preuves caractérisant la partialité de cet ancien Premier Ministre Togolais. Elle a pu tout de même convaincre les Kinois qui, en majorité, ont décidé de timidement sortir ce 23 Aout 2016.

Cette Journée Ville Morte est la deuxième décrétée sans travail dans Kinshasa dans un intervalle de quelques mois. Toutefois, il est encore difficile de comprendre le degré de conviction pour ceux qui ont observé cette journée « morte ». S’agit-il de la capacité des opposants de mobiliser la population Kinoise ou simplement de créer un climat de peur qui constituerait une stratégie de démobilisation ? L’avenir proche nous en dira plus.

Alors que Kinshasa était en quelque sorte paralysée, la vie a connu son cours normal dans la salle de l’Hôtel Beatrice, près de la Gare Centrale où se tenaient les cérémonies d’ouverture de travaux du comité préparatoire. Tout en se félicitant de cet « avènement » longtemps reporté, le Facilitateur a déclaré dans son mot de circonstance que les portes restent ouvertes pour les opposants qui voudront rejoindre. Entouré de l’ensemble du groupe de soutien à la facilitation qui avait été exigée par l’opposition, l’ouverture de ces assises pour Edem Kodjo a constitué un pas géant vers la réalisation de sa mission. Il croit et est confiant que revenir à la raison est encore possible pour ces opposants qui hésitent encore.

Ces travaux préparatoires pourront prendre fin ce samedi 27 Aout afin de baliser le chemin au dialogue proprement dit. Le dialogue en soi est prévu dans un format réduit et ne durera qu’au plus deux semaines. Tout au plus 200 participants, repartis en 4 grandes catégories; 68 pour la majorité présidentielle, 68 pour l’opposition, 39 pour la Société Civile et enfin 25 représentant les diverses personnalités politiques. On peut espérer qu’avant la première quinzaine de Septembre, ces assises auront déjà rendu ces résolutions disponibles. Ces résolutions doivent tomber avant la date du 19 Septembre ? Possiblement oui et ça aurait une signification politique.

Toutefois, les politiciens se bousculent toujours en vue d’être représentés aux travaux préparatoires qui n’ont que 3 jours encore. Qu’en sera-t-il lors du dialogue proprement dit ? Les membres de la société civile se contestent mutuellement. La voie de jeunes doit aussi être entendue car ils représentent une force importante au sein de la société congolaise. Au besoin, si le format réduit ne le permet pas, leurs préoccupations doivent constituer une priorité. La jeunesse a besoin d’être embauchée, elle a besoin d’accéder facilement à l’éducation, aux soins de santé… Elle a besoin d’être activement impliquée dans la gestion de la chose publique.

Peut-on croire que tous ceux qui se bousculent sont guidés par ce souci d’intérêt public ? Croyez-moi, la réponse peut faire l’objet d’un débat sans fin. Si du moins la bousculade ait été le souci de nous servir, tous les dialogues organisés dans ce pays auraient largement changé nos conditions socio-économiques. Espérons cette fois-là que nos voies seront entendues et que l’avenir sera meilleur. J’en doute malheureusement!

Dans la salle de l’Hôtel Beatrice était absent l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, le MLC de Jean Pierre Bemba ou d’Eve Bazaiba, l’Ecide de Martin Fayulu, l’opposition Républicaine de Kengo wa Dondo (exigeant l’inclusivité) ainsi le groupe dit G7 conduit par Moise Katumbi. Etaient présents les partis de la Majorité Présidentielle, l’UNC de Vital Kamerhe sans possiblement son Secrétaire Général, Jean Bertrand Ewanga, les anciens compagnons d’Etienne Tshisekedi comme Samy Badibanga, Bruno Mavungu et Albert Moleka, les représentants de la Société Civile, le Front des démocrates de Jean-Lucien Busa ainsi que le G5 de Bitakwira-Ruberwa-Mbikayi… La liste n’est pas exhaustive mais telle est l’image qui se dessine. Il faut dialoguer avant qu’il ne soit tard?

L’inclusivité est loin d’être réalisée ce qui fait craindre que les mois à venir connaitra de confrontations probables. Ensuite, l’allure actuelle tend à polariser la participation et non-participation des acteurs politiques sur de bases d’appartenance linguistique ou régionale ? L’aspect fera l’objet d’un débat car nécessitant un approfondissement avec quelques éléments d’indication. L’apaisement des élections ne doit-il pas préoccupé nos dirigeants au même titre que nos conditions de vie ? Une nécessite s’impose toujours en vue de voir comment établir les mécanismes de distribution et de redistribution des richesses nationales. La pauvreté et l’inégalité restent insupportables.

NTANYOMA R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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