De 1998-2016: 18 ans de Démonstration de Forces, Méfiance, Expérience & Reconstruction de la Famille ?


Cette démonstration de force—expérience politique totalise déjà 18 ans d’existence au point qu’elle devait s’enrôler si du moins elle était une personne physique. En date du 02/08/1998, une nouvelle rébellion s’annonce à partir de Goma, sous le label de la « Rectification ». Les nouveaux rebelles et surtout leurs maitres alliés sont les mêmes compagnons d’hier qui avaient pris part à la coalition dite d’Alliance de Forces Démocratiques pour la Libération du Congo-Zaïre (AFDL). De 1998-2003, durant toute la guerre, les anciens amis étaient maintenant déclarés « ennemis jurés » pour de motivations qui sont restées pour certains moins claires. Actuellement, une évolution a eu lieu tout de même.

Comme le temps en politique renseigne et instruit, ces anciens amis-ennemis ne tendent pas, à raison, de se rapprocher ? Voilà ce qui constitue l’objet de cet article qui est dédié à tous ces hommes et femmes qui ont péris dans de situations tragiques opposant les anciens compagnons de lutte. L’article ne se veut pas de donneur de leçons en ce qui concerne les combats politiques, insurrections ou le retour à la raison ; il veut plutôt rappeler que nos calculs politiques ne doivent pas être émotionnels ou guidés par le caractère sentimental. Au même moment, l’article interpelle les politiques par rapport à leurs agissements et aux conséquences irréparables qui en découlent. Ces victimes du divorce entre frères et compagnons de lutte ne peuvent pas renseigner ceux qui croient toujours en la force de l’arme ? Qu’adviendrait-il si ces victimes pouvaient avoir la chance de revenir et voir que ces ennemis s’assoient sur une même table, ils partagent un verre de bière ensemble, ils combattent ensemble pour la souveraineté du pays… Ne pourront-ils pas nous exiger d’explications qui sont difficilement trouvables de ce qui était le soubassement de ces motivations belliqueuses?

C’était en date du 02 Aout 1998 que nous nous retrouvons devant un fait accompli alors que l’ancien maitre de la guerre avait été obligé de rentrer dans son pays. Il est appelé à rendre le tablier du Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées Congolaises, possiblement le 27/07/1998. Dans 6 jours, il avait déjà organisée une nouvelle rébellion qui attaquant la République nouvellement dénommée Démocratique du Congo. De Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Goma, Bukavu pour ne citer que ces villes, la confusion et la lâcheté politique ont fait que de milliers d’âmes innocentes soient engorgées, brûlées aux pneus, tirées sous les balles réelles. Ils étaient soient militaires ou civils qui ne savaient rien par rapport à ce plan macabre orchestré dans les salons de ceux qui savent sauver facilement leurs peaux. Les enfants de ce pays n’ont pas été épargnés car les esprits mauvais avaient pris ce pays du sommet au niveau bas de l’échelle sociale. Des orphelins, veuves aux cœurs brisés sont innombrables et personne ne se soucie profondément de leur sort. Pourquoi et comment cela s’est-il passé ?

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Manifestations de Janvier 2015 a Kinshasa

La guerre ! Elle est toute une douloureuse histoire qui est mieux racontée par celui/celle qui l’a vécue. En dépit de contestation et opposition farouche à la guerre, mon expérience a réalisé que les forces derrières ces genres de guerres sont puissantes de façon que s’y opposer peut ne pas produire les résultats escomptés. Ma mémoire me rappele la semaine du 03-08/08/1998 ainsi que les personnes fortes par esprit qui avaient ouvertement opposé cet état de fait qui leur avait été imposé. Sans toutefois craindre pour leur vie, ma mémoire n’oubliera jamais la ferveur du Commandant Hassan Budederi, du Colonel Mwungura Richard (paix à leurs âmes) et les autres qui dirent NON à l’instrumentalisation et la manipulation, Ils sont ces grands-hommes dont l’histoire finira par reconnaitre leur bravoure. Devant ces dégâts dont on n’a pas encore identifié l’auteur principal, ils ne cessèrent de dire NON à cette histoire qui devrait concerner ceux qui l’ont préparée.

N’eut été la confusion entretenue autour de ceux-là qu’on se disait venir libérer ainsi que la lâcheté qui croyait défendre la patrie en exécutant d’une manière cible certaines communautés, le combat à Uvira avait déjà pris fin. Pour preuve, l’histoire ne reconnaitra pas que Feu Colonel Mwungura Richard, étant déjà à Fizi en direction du Katanga, décida unilatéralement sans consulter le Colonel Murokore de faire chemin retour vers Uvira via Minembwe. Il me parait que le moment n’est pas opportun de présenter cela, mais le monde doit reconnaitre que les politiques peuvent camoufler les réalités pour en tirer profit. Le bloggeur se dit inquiet qu’une telle histoire se répète pour une énième fois et que les politiques se permettent de dire ‘qu’au nom de…, nous engageons une lutte armée et que le peuple est derrière eux’. J’interpelle anticipativement ces camouflages politiques. Quelles leçons en tirons-nous ?

Le contexte change bien sûr. Les justifications de 2016 ne seront plus comme celles de 1998. Ceux qui étaient sur la ligne de front ne les seront peut-être pas demain. De 1998, la guerre qui opposait les alliés était entrée dans une phase de démonstration de force, avec une récurrence aux dégâts innombrables sous la manipulation pure et nette. La suite a été celle des années de la méfiance suivie par une expérience politique qui aurait conduit au rapprochement ou au rétablissement de l’ancienne famille politique. Ce rapprochement ou reconstruction eut pour objet l’intégration de « l’enfant prodigue ». Toutefois, n’estimez-vous pas que toutes les déclarations politiques annoncées publiquement et accompagnant les guerres ont été si dangereuses et que ses séquelles existent encore ?  Les conséquences de la guerre, loin de leurs justifications, elles restent néfastes. Raison pour laquelle, nos efforts doivent converger dans le sens de ne plus recourir aux armes pour gérer nos différends.

Le pas réalisé n’est pas un fruit du hasard. Il s’agit du recouvrement de l’intégrité territoriale ramenant ces territoires jadis contrôlés par les rebelles dans les mains de la capitale Kinshasa. Ce pas se mesure par cette accalmie, fragile soit-elle, dont connait ce pays en général ainsi que sa partie Est en particulier. Et c’est la raison pour laquelle, on exige les élections. Ce pas est le résultat de l’effort consenti à travers la force du dialogue entre congolais. Que ce bilan soit mitigé, mais nous nous accorderons sur l’importance du rétablissement de l’intégrité territoriale. A l’heure actuelle et devant les enjeux du moment, les failles et défis sont palpables au point que cette reconstruction familiale nécessite plus d’efforts en vue de renforcer la cohésion nationale. Malgré ces failles et défis, les politiques sont priés de ne pas retomber dans les mêmes erreurs que dans le passé. Le peuple exige que la politique tourne la page de l’affrontement et de la confrontation ; tout en mettant au centre de son jeu les réponses aux préoccupations majeures de ce citoyen ordinaire. Les revendications du peuple doivent être entendues sans qu’elles soient exploitées pour de fins politiciennes. Pensez-vous autrement ?

NTANYOMA R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Twitter: https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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