Héritage de Tshisekedi: Retour Imminent pour quel Dernier Combat ?


Dans son mot de circonstance, lors de la célébration du 56e anniversaire de l’indépendance du Zaïre-Congo-Kinshasa, le Sphinx de Limete a semblé appeler à une émancipation apparente à l’ ‘indépendance bis’. Le dernier discours à la fin de premier mandat comme président de la « auto-proclamé » République, Etienne Tshisekedi a presque emballé la société congolaise dans « Genval ». La grande partie de son discours tournait autour de la nécessite et la pertinence des résolutions du Conclave de Bruxelles, tenue en date du 08-10/06/2016. Le discours de l’indépendance se confond quasiment au mot de clôture de la réunion tenue à quelques Kms au Sud de Bruxelles. Sa finalité, comme on s’y attendait, fut celle d’appeler la population de lutter pour que Joseph Kabila quitte le pouvoir en Décembre 2016. C’est la politique ! D’autres questions sont repoussées ultérieurement, après que le pouvoir sera dans leurs mains.

Dans son discours, il sied tout de même de reconnaitre l’aspect intéressant qui est le rappel du caractère insupportable et infini de conditions socio-économiques du peuple ordinaire. Toutefois, il parait que le conclave de Bruxelles n’a pas dans le fonds discuté cet aspect car ses résolutions se sont plus bornées au refus de participer au dialogue. Tout en étant d’accord avec la nécessite de voir nos conditions s’améliorer, le bloggeur croit que le schéma pour y parvenir n’est pas celui des déclarations ; mais plutôt dans la conception approfondie d’une alternative par rapport aux modèles politico-administratifs existants.

Se référant à ce discours du Leader Maximo de l’UDPS, l’objet de cet article est de proposer ce que pourrait être l’héritage qu’Etienne, le combattant de la démocratisation, lègue à la société congolaise en général, mais aussi celle de Kinshasa. C’est ce dernier héritage de son combat qui marquera plus les esprits, vu l’âge avancé ainsi que ses conditions physiques et de sa sante dans la globalité.

Manifestations
Manifestations de Janvier 2015

Tout en annonçant un grand meeting populaire à Kinshasa, le dimanche 31/07/2016, Tshitshi exprime en ces mots son combat actuel : « Chers Compatriotes, mon retour au pays ayant été reporté à plusieurs reprises pour besoin de la lutte que je poursuis avec vous dans l’intérêt du pays, je vous annonce que je regagne Kinshasa très bientôt pour que, grâce au concours de tous, nous prenions non seulement notre destin en mains, mais aussi pour que nous ayons un processus électoral non entaché d’irrégularités, de fraudes et des manœuvres tendant à pérenniser le pouvoir actuel et ses hommes rejetés par notre peuple ». On retiendrait implicitement un schéma passant par un « dialogue rassurant » pour faire sauter les dirigeants actuels afin de mettre en place une gouvernance appropriée (destin) ? Alors que tout acteur le chante, on est devant une formule qui dit : « sans nous sans avenir » ! Le peuple est derrière tous sans qu’il ne soit derrière personne !

Brièvement, le lecteur se rappelle qu’Etienne est dans ses quatre vingtaines d’âge. C’est à lui qu’on reconnait largement la contribution politique et un combat non-armé pour la démocratisation du Zaïre. Il est l’opposant farouche et engagé durant des décennies contre le pouvoir de Mobutu. Sa cohabitation avec le nouveau maitre des années 1997 n’a pas aussi été facile. Alors qu’ils avaient apparemment un même objectif, l’intransigeance de Tshisekedi a rendu difficile un rapprochement avec Mzee LD Kabila, maitre de Kadogo. A un certain moment, il a pu implicitement soutenir les rebellions simplement car il ne croyait as en la volonté des dirigeants issus de l’AFDL. En 2006, il décide de ne pas prendre part aux élections car se disait que l’espace politique n’était pas ouvert ou favorable. En 2011, dans des élections émaillées de critiques ; et de troubles qui s’en sont suivies, il annonça avoir gagné les élections présidentielles. Il prêta serment dans un salon à Limete avec un parlement débout. Sa prestation de serment suivait une annonce faite par la centrale électorale d’un autre candidat, qui au finish, sera celui qui gère.

De lors, un bras de fer l’oppose avec le régime actuel de Joseph Kabila. En 2013, si ma mémoire n’abuse pas, il rejoignit Bruxelles dans un avion médicalisé quand un grand nombre d’observateurs affirmaient la détérioration de ses capacités physiques. Le dossier médical était toujours à table pour certains car son rétablissement total n’avait pas encore été confirmé. L’âge peut ne pas permettre un rétablissement confiant. Dans ces conditions physiques moins tenantes, Etienne avait à faire face aux multiples défis dont le conflit internes au sein de son parti. La volonté de certains membres de la famille politique et biologique d’Etienne de voir un proche familier prendre le relais reste un pari qui divise et qui reste à gérer. La brèche ouvre une autre page, celui de nouveaux sangs qui utilisent le pragmatisme politique. Là s’inscrit les tractions entre la Majorité au Pouvoir à Kinshasa et l’UDPS. Vers le dialogue proprement dit qui tarde à se mettre en place, le Conclave de Bruxelles nous plonge dans un floue par rapport à ce que veut l’UDPS & alliés. C’est soit le dialogue en deux schémas ? Il y a moins de précisions jusque-là.

Son retour à Kinshasa s’annonce dans ce floue autour du dialogue qui est soupçonné par la classe politique de l’opposition de prolonger le mandat du Président actuel. Devant l’incapacité ou manque de volonté d’organiser les élections législatives et présidentielles, Etienne Tshisekedi a deux gros choix. Soit appeler à la confrontation et force de la rue ou opter pour un mécanisme apaisé s’inscrivant dans le « Realpolitik ». Là se résume son héritage de son dernier combat. Nonobstant, ces choix auront aussi d’implications sur l’avenir de l’UDPS comme parti de grande renommée.

La première option qui est la plausible et moins probable pour un parti connaissant les défis majeurs, l’UDPS rejoint l’opposition radicale qui veut voir à tout prix le Président Joseph Kabila partir d’ici le 19/12/2016. Engager une telle option serait couteuse pour la société car elle entrainerait les pertes en vies humaines résultant de l’usage de la violence. Le lecteur s’accordera avec le bloggeur que les conditions physiques du Sphnix de Limete ne permettent plus à ce dernier de participer activement et coordonner de telles actions dont on ne connait pas facilement les tenants et aboutissants. Dans un contexte socio-politique fragile et post-conflit, croire lutter pour les bienfaits du peuple peut déverser ces confrontations de la rue dans les bavures. Je vois cette option affaiblir la sante du président du « Rassemblement pour la Défense des Valeurs de la République ». Par conséquent, la confrontation conduirait à la détérioration de conditions physiques mais aussi à l’implosion de son parti car il est moins encore préparé pour la relève.

« La fin justifie les moyens » dit-on, mais les personnalités responsables pensent à ces moyens utilisés pour ne pas ternir leurs images. La confrontation, mort d’hommes, toutes les conséquences possibles de la rue incontrôlée ne devraient pas accompagner un leader comme Etienne Tshisekedi  reconnu pacifique. A fortiori que les solutions de la rue dans ce contexte spécifique de la RDC sont à prendre avec précautions. La deuxième option qui doit s’accompagner des garanties pour ne pas tomber dans les erreurs du passé se situerait, à mon entendement, en résolution de grandes questions préoccupant le peuple. Il s’agit de trouver des solutions à la misère, la pauvreté, l’inégalité, l’enrichissement illicite, l’inexistence d’infrastructures de sante…

Par ricochet, la deuxième option consisterait en un dialogue qui mettrait en place des mécanismes et modèles visant à faciliter au peuple ordinaire de répondre aux besoins primaires. Tel serait l’héritage que devrait léguer Tshisekedi, le leader charismatique à qui le bon sens lui donnerait invraisemblablement quelques années de survie, à la société Congolaise. L’option créera-t-elle une opportunité de renforcer l’UDPS dans l’avenir ? La reponse susciterait un débat houleux ; mais l’important est qu’elle est pacifique et sans dégâts humains. Pensez-vous autrement ?

NTANYOMA R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Twitter : https://twitter.com/Delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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