Histoire de « Sous-Vêtements » dans le Haut-Plateau de Mulenge : Dédicace de la Visite de Lieve Joris ?


Chez-moi, un adage dit  « Umushitsi umumanikira inkoni, ariko ntumumanikira ijisho ». Littéralement, l’adage signifierait qu’on peut garder des effets appartenant au visiteur mais jamais son œil ; c’est-à-dire, sa possibilité de voir comment les choses se passent au sein de la famille visitée. Dans le fonds, l’adage rappelle que si un hôte n’en dise rien, ne crois jamais que son impression n’a pas été affectée. C’est dans ce sens que la visite de Lieve Joris m’a fort convaincu qu’on peut se faire aisément voir par une tierce personne, plutôt que d’être au même moment sujet à observer et observateur.

A deux reprises, Lieve Joris a visité la région de haut plateau de Mulenge en 2004 ; une période d’après-guerre qui a opposé les forces du commandant Masunzu à celles de Rwanda Defense Forces (RDF). Comme ce fut le cas dans plusieurs zones en guerres, le commandant militaire était resté à moitié un ‘chef suprême’. Pour la première fois, elle a été « renvoyée », sur fond d’un malentendu avec le chef militaire du la contrée, après deux semaines passé à Minembwe. Pour la seconde fois, elle a rejoint la région qu’elle avait toujours envié de mieux comprendre par petit porteur qui l’emmena de Bukavu vers Minembwe. C’était après d’intenses tractations qui ont duré 7 semaines qu’elle a pu rejoindre de nouveau Minembwe. Le second voyage est riche en soi car il a permis à la visiteuse de passer 2 semaines dans Minembwe en train de visiter les marchés dans les environs. De retour, elle a décidé de traverser à pied la région allant de Minembwe à Uvira ; qui durant aussi 3 semaines. Ses deux voyages ont valu à notre visiteuse 7 semaines en tout.

C’est dans ce cadre que Joris raconte dans son livre[1] une histoire qui m’a fortement touchée et qui est en rapport avec les réalités intrinsèques du plateau de Mulenge. Ce livre parle des habitudes de manger, la cohabitation entre groupes ethniques, la croyance, la crise dans le domaine de l’éducation, santé publique, emploi ainsi que l’inexistence d’outils d’information… Une observatrice qui soulève des écarts en termes de comportement individuels, ceux liés au genre ; mais aussi au jugement sur les « sous-vêtements ».

En dépit de 7 semaines qu’elle ait passé dans la région, son récit semble avoir couvert tous les secteurs de la vie dans cette contrée « oubliée » selon l’interprétation de ses dires. Comme une écrivaine—bonne observatrice, son livre suscite plus d’intérêts particuliers selon mon entendement. En premier lieu, son livre expose des sentiments/agissements que nous pouvons penser être imperméable/impénétrable dans toute société. En le lisant, le bloggeur trouve pertinemment intérêt du fait que Joris ait explicitement/implicitement exprimé son désagrément sur certains sujets qui constituent des controverses au sein des communautés dans cette région. En deuxième lieu, la visite de l’Institut Wanainchi de Kagogo ainsi que celle de Mzehe Mbiyombiyo m’ont aussi intéressé d’une manière spécifique.

Minembwe
Elles ne se fatiguent pas seulement dans Igitaramo. Mais elles travaillent aussi toute la journee au-dela de leurs forces

L’Institut Wanainchi est la deuxième Ecole que j’ai fréquentée de 1987-1992 durant mes études secondaires. L’Institut Wanainchi a posé les premières notions de grammaire, des mathématiques… dont mes professeurs comme Rugagaza, Serugo… restent gravés dans ma mémoire. Mais aussi, le même institut sans probablement Atlas ni globe en 1987 est resté tel qu’il était durant ses trentaine années d’existence. Même le père italien, si du moins serait-il encore en vie, n’a plus visité cette région/école alors que son engagement dans l’établissement de ce cadre d’enseignement scolaire ait été aussi marquant. S’appelait-il Chima ? Je n’en sais plus mais surtout comme épeler le nom[1].

Mzee Mbiyombiyo, le vieux qui a posé de pertinentes questions en rapport avec « les tribus Belges : Tutsi ou Hutu ? », origine des races dans le monde, le lien entre Russie et l’Océanie est mon grand-père maternel. Probablement né en 1910, il est la personne qui, durant toute ma jeunesse, ait grandement contribué afin que je devienne moi aujourd’hui. L’une de ses quatre femmes citées dans « Les Hauts Plateau : Récit traduit du Néerlandais par Marie Hooghe » est restée un modèle que je n’oublierais jamais.

Ma grand-mère était super-intelligente, courageuse et ambitieuse au point qu’elle avait imaginé que je pouvais un jour devenir « Président» afin que je puisse construire une route dans le parage de Mugeti[2]. L’attachement du grand-père Mbiyombiyo et de ma grand-mère Nyabatata aux études étaient simplement qu’à défaut d’opportunités multiples dans la région, il fallait passer par cette panacée afin de se créer les siennes. Mes propres parents en qui j’ai plus d’humilité et d’honneur m’avaient toujours conseillé d’être à l’écoute de mes grands-parents pour mieux réussir dans la vie. Le lecteur comprendra que, Lieve Joris a peut-être dédié ce livre à moi sans le savoir.

A l’instar de Jorojoro, le Curé de Minembwe, la première impression de Joris était que le Banyamulenge est un peuple méfiant. Toutefois, elle a fini par comprendre que l’accueil qui lui a été réservé durant son séjour était aussi chaleureux qu’elle ne pouvait l’imaginer. Pour preuve, David[3] et Bavire[4], personnages appartenant à cette communauté l’ont accompagné 3 semaines durant et de fois en jouant le rôle d’interprète. Et d’ailleurs, les familles accueillantes ont quelque fois mis à la disposition de Joris leurs lits propres. Cela exprime qu’en dépit de défis en termes de ‘facilites ménagères’, les peuples de Haut-Plateau ont du respect au ‘Muzungu’, mais aussi à d’autres visiteurs. Moins de lits, mois d’espaces aménagés pour faire la douche, mais la maison telle qu’elle est construite peut toujours servir de tout cela. Ça pourrait être inconcevable pour une Belgo-Néerlandaise.

L’utilisation d’un même espace pour des fins différentes ne se limite pas dans l’aménagement de la maison. Elle s’étend aussi aux espaces destinés aux terrains de football, des marchés et d’aérodromes au même moment ; réalité que la visiteuse de Mulenge a pu palper. Dois-je dire que les moyens financiers à la disposition de ces paysans de Mulenge ne pouvaient pas leur permettre d’aménager différemment ces espaces. Je serai peut-être aussi pessimiste que jamais ; mais Joris doit se rappeler le rôle de l’Etat dans la mise en place d’infrastructures publiques comme c’est le cas de la Belgique ou du Pays-Bas. Et je suis persuadé qu’une fois ces infrastructures établies, quelle que soit la valeur de la vache chez le Banyamulenge, un aéroport ne pourrait plus servir de pâturages.

Aerodrome
Aerodrome, terrain de football, terrain de paturage. A qui la faute?

Je pèse mes mots pour ne pas tomber dans le même piège que ces prédicateurs de Bijombo ou ses élèves de Kagogo comme l’exprime Prosper[1]. Ces prédicateurs qui venaient de loin-loin-loin, apportèrent le message de la bonne nouvelle qui était uniquement réservé, jusqu’à preuve de contraire, aux « seuls Banyamulenge »! Les Bafulero et Babembe semblaient être exclus dans cette logique de ramener plus d’âmes au seigneur. De surcroit, souvenez-vous que l’évangile est conçue dans le sens d’épargner le peuple de la terre de cette colère et du châtiment éternel du Dieu Vivant. N’est-il pas possible que l’héritage du passé dont les Belges en sont partie les concepteurs ou amplificateurs nous laisse indifférent devant la condamnation éternelle d’un Mubembe/Mufulero quand vous êtes Munyamulenge ? Oh Mon Dieu, le vice-versa est aussi pire que ça. Quand Joris semble ignorer le prix d’une vache en Belgique/Pays-Bas et ne détenir l’information du prix du kilo d’une viande, chez le Banyamulenge, elle est assimilée au Mubembe. Elle aurait peut-être un autre qualificatif en face d’un Mubembe/Mufulero pour avoir répondu pareillement à la même question. Devons-nous toujours blâmer les Belges et Mobutu ? Je ne crois pas, le mieux est d’assumer certaine responsabilité.

Cette responsabilité qui est la nôtre est celle d’apporter la bonne nouvelle sans discrimination et qui répond aux soucis majeurs/pratiques du peuple. J’ai toujours été d’accord avec Joris que les villageois congolais, particulièrement celui de mon village ont moins besoin de l’évangélisation que de la construction d’écoles, routes, hôpitaux… Nos efforts et nos messages ne doivent pas faire dormir les esprits de nos interlocuteurs comme quoi les « questions pratiques sont à laisser au Dieu d’Israël ». Quand ces prédicateurs parlent-ils de connexion, réseaux téléphoniques, corbeilles pour ordinateur… attendent-ils que Dieu viendra établir toutes ces opportunités qui manquaient à Bijombo ? Si les moyens financiers sont limités dans nos villages, il est tout de même nécessiteux de passer un message comme quoi il y a ce que nous pouvons réaliser par nos propres moyens sans attendre la main miraculeuse du Dieu ; et cela au Batwa, Babembe, Banyindu, Banyamulenge et Bafuliro. Par contre, en rendant ces message discriminatoires, nous nous enfonçons dans le schéma tracé par celui ne veut pas de notre bonheur.

[1] Prosper est l’un d’enseignants à l’Institut Wanainchi de Kagogo. Joris le cite comme appartenant à la communauté Bashi. Il est malgré sa volonté, oblige de rester dans cette contrée pour se faire payer de fois les chèvres. Il s’insurgeait raisonnablement sur le rinçage d’Inkongoro (Ngongoro) par l’urine des vaches, histoire qui tend à prendre fin.

 

Makutano_Minembwe
Ici tout le monde est convie,  discrimination de l’evangile n’est pas axcarbee comme dans le cas cite.

Ce sont ces types de messages, et surtout évangéliques qui fait que même nos élèves pensent que la priorité est le paradis au cas où Prosper est un communicateur moins biaisé. Alors que l’éclipse avait été relayée le lendemain par la RFI, le lecteur ne pourra non plus oublier que l’accès à l’information est difficile à Kagogo comme dans l’ensemble des milieux ruraux du pays, Mon Ancien Zaïre. Cela expliquerait en partie pourquoi quand le soleil change des couleurs, même les personnes informées ne s’en souviennent plus du phénomène Eclipse pour croire aux miracles qui répondraient à la demande d’un « Synthétiseur ». Ne serait-ce que le synthétiseur soit un instrument musical que nous utilisons dans les églises et que ces dernières restent de seuls lieux de détente et loisirs pour certains ?

Madame Joris avait parfaitement compris ce qui faisait que les filles qui travaillent chez le Curé de Minembwe devenaient de plus en plus moins courageuses la journée alors que la nuit était réservée au « Igitaramo ». Que ça soit catholique ou protestant, l’église/Igitaramo serait un lieu où on danse/chante aisément pour se rapprocher du Dieu mais de fois pour se divertir. Au cas où ces discos auxquels Joris fait allusion aient eu lieu, ils départageraient certaines convictions. A Overpelt ou ailleurs où notre visiteuse est passée, quand bien même les églises n’ont plus de places importantes, les effets de discos tombent sur un lundi et créent ce qu’on appelle communément le « Lundiose ». Le Lundiose est cette faiblesse qui trouve difficilement une dose préventive, à moins que vous preniez la même bouteille de bière que vous ayez prise le weekend.

String_Underwear
Loin d’etre tabou, l’optimalite de ressources exige qu’on fabrique de sous-vetements usant moins de matieres premieres

Certaines choses ne s’expliquent, elles trouvent d’explications en elles-mêmes. Le bloggeur ne saura pas pourquoi les sous-vêtements reflètent une apparence d’habit tabou ! En plus de cela, chrétiens ou pas, villageois ou citadins, le fonctionnement de nos corps restent presque le même. Le bloggeur comprend qu’il est possible qu’après l’église, les gens pensent à autre chose qui pourrait satisfaire d’autres besoins corporels ; activités clandestines selon le curé. Notre naïveté nous laisserait croire qu’après une chaude messe, on reste dans la même attitude toute la semaine durant. Et cela au point qu’on ne verra plus que ce jeune-homme ou cette jeune dame est mignon(e) ? A moins que vous soyez dans ce paradis dont la configuration est loin de notre imagination. Savez-vous que ces jeunes qui passent du temps dans Igitaramo ont du courage de s’offrir ces sous-vêtements qu’on cache derrière les arbres ou sous des pagnes lors de la lessive ? On les achète en catimini afin de s’en offrir comme de cadeaux et j’en suis sûr que plusieurs tentatives pour comprendre la reproduction sexuelle sont entreprises par ces jeunes. Par conséquent, il faut revoir nos manières de communiquer et d’éduquer nos enfants/jeunes sur la reproduction sexuelle.

Dans le même ordre d’idée, il est important de reconnaitre qu’avoir raté certaines opportunités ne signifierait pas qu’on n’est pas ambitieux. Ce n’est pas par volonté qu’un ingénieur géologue ayant un diplôme de licence fait le commerce ambulant, transportant à la tête un jerrycan de gasoil. Il décide de quitter régulièrement Uvira en direction du fin fond de Minembe pour en fin gagner 80$ par mois, y compris les dépenses innombrables. C’est à la grande surprise que Joris entendrait son porteur sollicite son appui afin qu’il aille faire ses études aux USA. Il a même proposé certaines voies de sortie pour réussir cette démarche. Ne le croyez jamais moins sérieux car vous n’avez pas encore compris combien de fois ce porteur a peut-être été contraint dans ses ambitions. Bizarrement, ce manque d’opportunité fait qu’une maman de 60 ans trouve du salut pour avoir eu l’occasion de transporter les bagages de Joris. Combien pouvait-elle gagner avec sa petite-fille orpheline qui n’a pas eu la chance d’aller à l’école ? Il n’est pas un secret, le récit de Joris vous présente ce paiement d’un porteur qui quitte Mikalati vers Bijombo. Imaginez une maman de 60 ans en Belgique/Pays-Bas devenir porteuse des bagages ; raisonnablement, elle avait droit de ne pas y croire.

 

Marche_Minembwe
Marche et espace de paturage

Le bloggeur reste convaincu qu’à défaut de ces opportunités, on se fraie des chemins partout. Certains de jeunes décident de rejoindre, indépendamment de leur volonté, des milices. Avec moins d’information sur ce qui est une machine dactylographique, le Mayimayi peut vous harceler, arrêter et même vous tuer croyant que cette machine est un appareil sophistiqué de communication. Là, personne ne vous défendrait car tout un groupe de miliciens serait peut-être sans information de cette machine dactylographique tombée en désuétude. D’incidents pareils sont quasiment fréquents même au sein de forces de sécurité dites nationales quand d’explications sont exigées sur un sujet presque banal pour de fins de se faire survivre. Un terrain favorable à la rumeur ! On croit aussi à des Kanyonya provenant de Bashi ou Bazungu en mesure de sucer le sang. Tout récit peut servir de prétexte pour s’égorger mutuellement.

L’avenir du Haut plateau est dans les mains de cette jeunesse désœuvrée dont la plupart a rejoint ces groupes armées. Cette situation a pris bien sûr du temps pour se décanter. Nos jeunes élèves dans les écoles secondaires apprennent toujours l’histoire du Cambodge, du Vietnam, du Japon ; pays dont on peut difficilement localiser sur la carte du monde, faute d’Atlas ni du globe. Il faut une carte imaginaire pour mieux situer ces pays de l’Asie. Et pourquoi faire ? Ses élèves apprennent des leçons de physiques par une lampe à torche pour expliciter la notion de l’électricité. À Kagogo et Bijombo, le vélo reste une notion impalpable jusqu’à présent. Quel rapport entre la réalité et défis du milieu avec les leçons sur le Vietnam, Japon, Cambodge, Joris se demande ? Même Mzehe Mutumitsi, le patriarche de Bijombo croit que la notion du rôle de l’Etat devrait être revue afin de créer une cohésion entre communautés. La responsabilité des dirigeants politiques est mise en cause par des vieilles personnes de 90 ans.

Le récit de Lieve Joris devrait interpeller nos dirigeants qui, quelque fois, font référence à nos styles de rédiger les lettres en français. Ils oublient que ces jeunes se sont battus pour arriver à ce niveau où ils sont pour le moment. Peuvent-ils, à la place de blâmer nos capacités intellectuelles, chercher à intérioriser les raisons qui ont fait que nous soyons qui nous sommes aujourd’hui. Devraient-ils perdre du temps en train de se lamenter devant nos demandes d’emplois ? Je conseille de chercher une cause ailleurs mais seulement afin de mieux trouver une solution adéquate. Pensez-vous autrement ?

 

Ntanyoma R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Compte Twitter @delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

[1] Lieve Joris (2008), « Les Hauts Plateaux : Récit Traduit du Néerlandais par Marie Hooghe », Acte Sud/Aventure

[2] Selon certaines indiscrétions, le Père Italien s’appellerait Cima est se trouverait présentement à Kinshasa. Il serait, comme cela est toujours dans ses passions, responsable une église et une école dans cette grande ville. Vous trouverez comment le haut plateau peut aussi être abandonné au profit de cette immense ville.

[3] Le village de Mugeti est un des villages près de Kagogo, dans groupement Bijombo dans lequel ma grand-mère vivait vers les 80-90

[4] David, le chrétien—disciple de Thomas Sankara qui croit en l’humiliation quand il fait une photo avec des commerçants

[4] Bavire, chef de l’organe judiciaire du Colonel qui ne pouvait pas hésiter de glisser un bizou à quelqu’un(e) pour vu que Joris ne s’en rende pas compte

[6] Prosper est l’un d’enseignants à l’Institut Wanainchi de Kagogo. Joris le cite comme appartenant à la communauté Bashi. Il est malgré sa volonté, oblige de rester dans cette contrée pour se faire payer de fois les chèvres. Il s’insurgeait raisonnablement sur le rinçage d’Inkongoro (Ngongoro) par l’urine des vaches, histoire qui tend à prendre fin.

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