Et si la Solution Ultime de ces Crises Incessantes RD Congolaises Serait le Fédéralisme? Episode I


Les crises dans ce pays ne cessent de se succéder comme si on en a fait un contrat emphytéotique. Depuis les années d’indépendance, on dirait que le pays se surnomme ‘le pays des crises’ alors que les conditions socio-économiques de la population ne cessent de se dégrader du jour au jour. Les publicités télévisées ne peuvent pas convaincre un lecteur bien averti ; plutôt, on peut croire que ces dernières et annonces politiques s’inscrivent dans les manœuvres de faire perdurer ces crises.
Ce sont soient les guerres en succession, les pertes en vies humaines, les périodes de dictature, le statu quo, les guerres qui reviennent après de longues années, les dialogues qui ne finissent pas, les élections sans candidats mais aussi actuellement, l’incapacité d’organiser des élections dans un pays dont son indépendance a déjà duré une cinquantaine d’années. En plus de cela, il ne faut pas faire abstraction que durant toutes ces crises, des alliances autour de ces crises se dessinent, se redessinent, se disloquent et se recréent pour simplement maintenir les intérêts des uns (privilégiés) au détriment des autres (majorité du peuple).
L’expérience de parti-Etat et la dictature ont prouvé leur incapacité à répondre aux attentes de la population. L’usage des armes où on croyait que les miracles vont suivre la chute de la dictature n’ont fini qu’à ne pas apporter les solutions attendues. Le soi-disant système fortement décentralisé avec tous ces masques qui l’ont accompagné depuis les années 2003 ne cachent plus rien dans son inadaptabilité contextuelle. Voilà les raisons qui expliquent qu’un pays géré pendant une quinzaine d’années ou une cinquantaine peut ne pas être à mesure d’organiser les élections à temps ; bien que ces organisations ne pourraient pas non plus répondre à toutes les questions que connaissent le pays à la hauteur des attentes du peuple.
La RDC, un pays à la dimension d’un continent avec une diversité socio-culturelle encrée dans les esprits. Un pays qui est composé d’ilots autonomes qui ressemblent à des Etats indépendants dont la base coloniale tourne autour de la communauté ethnique, à moindre échelle régionale. Plus de 450 groupes ethniques qui sont tous représentés au niveau national probablement avec leurs partis politiques. Ce pays-continent dont toute la vie de l’Etat est presque concentrée dans Kinshasa, particulièrement à Gombe. Un pays qui, dura une quinzaine d’années, n’a jamais été à mesure d’appliquer l’article 175 de la constitution. Ce grand pays où le souci majeur des politiciens n’est autre que l’organisation des élections ainsi que le positionnement aux fins d’occuper les postes importants. La solution ultime à tous ces faillites d’Etat ne serait-il pas le fédéralisme ?
Le fédéralisme comme mode de gestion aurait été adopté au Zaïre/RDC presque deux fois durant. Comme le souligne TSHIBUABUA-KAPYA (2006), « en 1964, à Luluabourg, et en 1992, à Kinshasa, les fédéralistes avaient réussi à prendre le dessus des unitaristes. Tandis que le coup d’État de Mobutu en novembre 1965 et la libération afdélienne [voir AFDL] de Kabila vont redonner succès aux idées centralisatrices du pouvoir d’État avec, comme conséquence inévitable, la dérive dictatoriale » . De par cette affirmation, le fédéralisme qui avait primé sur le devant du centralisme, n’a pas eu la chance de mettre en pratique à cause de l’usage de forces. Donc, le fédéralisme en RDC avait été conçu comme mode de gestion, durant toutes ces assistes importantes comme une solution qui pourrait permettre une gestion effective d’Etat. Il est quoi ce mode gestion ?
Par définition, le fédéralisme s’entend comme un mode de gestion du pays admettant la superposition des pouvoirs/compétences entre niveau central (fédéral) mais aussi local (fédéré). Il se définit comme étant « un mode d’organisation dans laquelle chacun des membres dispose d’une large autonomie et délègue certains de ses pouvoirs à un organisme central, dit fédéral. Les membres participent collectivement et non individuellement aux décisions» . Le fédéralisme peut s’appliquer aux pays ainsi qu’aux groupements ou associations (ex : syndicats, partis politiques, mutuelles…).
Par rapport à la gestion du pays, le fédéralisme est conçu dans une logique où « les compétences législatives, juridiques et administratives sont partagées entre un gouvernement fédéral et des gouvernements de collectivités ou d’Etats fédérés ». D’une manière particulière, ces compétences sont reparties constitutionnellement et celles concurrentes ne doivent pas étouffer la viabilité d’une entité fédérée. Donc, le fédéralisme n’est qu’un mode de gestion qui délimite ces interférences centrales sur la vie des Etats fédérés. Il tient enfin des diversités socio-culturelles qui peuvent être tenues en considération dans les lois fédérées alors qu’on n’en a pas besoin au niveau fédéral. L’essentiel est que cela ne pêche pas contre la loi fondamentale. Cet article ouvre un début d’épisodes qui ramène le lecteur sur l’un d’objectifs de ce blog, plaider pour un système adapté au contexte socio-culturel de la RDC.

Ntanyoma R. Delphin
Secrétaire Exécutif & Coordonnateur
Appui au Développement Intégré &
à la Gouvernance
Compte Twitter @delphino12
Blog: http://www.edrcrdf.wordpress.com

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