Infiltrations dans le Pays d’Uvira: Antécédents, Mobiles & Pistes de Solutions


Le « pays d’Uvira » comme jadis appelé dans le temps est situé au croisement des frontières de trois pays de la Communauté Economique de Pays de Grands Lacs (CEPGL) : Burundi, RDC et Rwanda. La frontière entre ces trois pays est marquée par la tracée naturelle de la rivière Ruzizi (Rusizi pour les autres) qui est longue des plusieurs kilomètres. Cette rivière a souvent servi de relais pour des mouvements presque incontrôlés de groupes armés que connaît la région de grands Lacs. Cette région sud du Sud-Kivu connait actuellement des turbulences, mouvements de réfugiés ainsi qu’une forme d’infiltration à caractère militaire. Tous ces mouvements sont grandement liés à la crise Burundaise.

Le principal centre urbain de la région est la « cité d’Uvira » qui est face de la capitale Burundaise, Bujumbura. Bujumbura est connue ces derniers mois comme un champ de bataille ou de contestation contre un troisième mandat. Tout le long de la rivière Rusizi de Kamanyola à Kavimvira, il y a d’espaces presque inhabités qui servent de couverture pour tout mouvement même à caractère militaire. En termes de composantes ethniques, le pays d’Uvira est principalement habité par le Babembe, Bafulero, Banyamulenge, Barundi, Bavira comme groupes communautaires majoritaires. Les guerres récurrentes qu’a connues l’ancien Zaïre font toujours que ces groupes communautaires soient moins soudés dans le sens de la cohésion. La conséquence est que certaines prises de position s’organisent dans le cadre de « Règlement des Comptes ».

Bujumbura ville
Bujumbura ville

En plus de cela, cette partie de la RDC qui s’étend de la plaine de la Ruziz, les moyens et hauts plateaux d’Uvira-Itombe est largement connue pour ses antécédents de guerres, souvent à caractère communautaire ou exploitées à de pareilles fins. La région reste fragile de façon que toutes manœuvres d’y créer de troubles peuvent réussir avec moins d’efforts. Ses potentialités récemment reconnaissables sont une multitude des groupes armés, œuvrent pour les comptes d’individus innombrables qui exploitent presque un vide d’état. Ces dernières années, la zone sud de la province du Sud-Kivu a toujours été un de bastion qui accouche des mouvements rebelles.

De par sa position par rapport à ville de Bujumbura, capitale du Burundi, le pays d’Uvira est récemment confronté à des mouvements de personnes suspectes. Selon certaines indiscrétions, ces mouvements qui s’apparentent aux ‘infiltrations’ chercheraient en grande partie à s’impliquer dans la crise Burundaise. Des informations non encore vérifiées font étant des personnes qui quitteraient de pays voisins de la région d’Uvira, usant certaines facilités de s’identifier comme Congolais, en se dirigeant vers la plaine de la Rusizi ou tout au moins dans le haut-moyen plateau. L’objectif est d’enfin y créer un possible couloir pour accéder facilement au Burundi. Ces mouvements semblent se fier sur l’existence de ces groupes armés multifacettes, qui jouent aux jeux d’actualité car la notion idéologique a moins de sens.

Plaine de Rusizi
Plaine de Rusizi

Il paraitrait d’ailleurs que certains de ces personnes impliquées dans ces mouvements suspects ont été interpellées/appréhendées par les services de sécurité de la RDC. Cette information reste à vérifier du fait que cette région a toujours été soumise à la cure de tension liée aux rumeurs persistantes. Pour un observateur indépendant, les complices de ces mouvements du coté Congolais, seraient d’éclaireurs appartenant aux différents groupes ethniques, aux milices actifs opérant dans la région, de ‘personnalités ambitieuses’ qui trouvent intérêt dans un possible désordre pour se positionner ainsi que la largeur de services sécuritaires.

Il y a aussi lieu de mentionner que parmi ces acteurs, un groupe de gens à la recherche de survie qui suivent ces mouvements afin d’y tirer les ‘renseignements’ à livrer aux potentiels acheteurs de ces derniers. Ces véhiculeurs de renseignements sont souvent biaisés dans leurs rapportages car souvent motivés par de sentiments moins objectifs mais aussi dominés par d’antécédents conflictuels. De ce fait, ils peuvent détourner ou interpréter les faits selon leurs manières dont ils voient toujours les choses (poussés par les sentiments de haine, vengeance ou de frustration).

L’expérience du passé nous renseigne autant sur ces types de comportements à caractère discriminatoire même dans des situations douleureuses. Les observateurs bien informés ont assisté à des jets de pierre qui accompagnaient des dépouilles mortelles tombées sur un front contre le M23 et se voir moquer d’être morts pour ‘une cause qui ne leur valent pas’. Les années récentes, on assisté à des fouilles systématiques, aux frontières de Kavimvira et Kamanyola, qui visent particulièrement certains groupes communautaires en les soupçonnant d’appartenir aux ennemis du pays. Ce climat a toujours été frustrant de façon qu’un grand nombre des personnes semblent croire que l’amour d’un pays/nation est un facteur de faciès ; une erreur purement monumental mais aussi détruisant le tissu de la cohésion nationale.

Haut-Plateau Uvira
Haut-Plateau Uvira

A ce niveau, il est encore difficile de comprendre quel serait ce fonctionnement d’une base arrière dans un pays où ce groupe qui veut s’impliquer dans la crise Burundaise n’aurait pas d’appui officiel au sein de la hiérarchie RD congolaise. Toutefois, le choix de cette partie est en aucun cas un choix du hasard. Il est un choix presque minutieux au point qu’il peut servir de base arrière pour ces groupes dont on croit avoir reçu d’exercices militaires dans la région ; mais aussi il s’agirait d’une tactique de détourner l’attention comme quoi des ‘assaillants’ au Burundi viendrait de la RDC.

L’objectif de ce blog-post est de rappeler que cette région a été et reste fragile de façon qu’il soit impérieux de mieux comprendre ce qui se passe dans cette région. L’objectivité serait déterminante dans l’analyse des faits et informations en provenance du pays d’Uvira. Pour ce faire, indépendamment du niveau d’alarme que présente cette situation, le bloggeur croit qu’il y a nécessité de :

  • Eviter toute sorte d’amalgame embarquant dans l’ensemble des communautés ethniques alors que les acteurs qui y prennent part proviennent de différents groupes communautaires et ont fait des choix à titre individuel;
  • Eviter à tout prix de transborder la crise Burundaise dans la partie Est du Congo ; et particulièrement à Uvira. La raison est que la fragilité de cette dernière ferait cette crise embrase toute la région des grands lacs ;
  • Demander aux services de sécurité de ces pays cités de coopérer afin de limiter dans la sérénité ces mouvements suspects. D’une manière particulière, ceux de la RDC ferait de leur mieux pour éclaircir l’opinion sur ce sujet tout en évitant d’user les solutions hâtives et faisant usage d’affrontement ;
  • Demander aux autorités congolaises de s’atteler à ces questions pendantes qui servent de prétexte aux conflits incessants dans la région. Il s’agit notamment de penser aux questions liées à la distribution des richesses, à la justice ainsi que la réhabilitation des victimes de diverses atrocités qu’a connues le Zaïre ;
  • Exiger à communauté internationale de s’investir largement dans la recherche d’une solution pacifique au Burundi afin que cette crise ne ravive pas les tensions et conflit régionaux. Au même moment, il serait impérieux de prévenir de tels risques de violence dans l’ensemble de la région.

Ntanyoma R. Delphin

Secrétaire Exécutif & Coordonnateur

Appui au Développement Intégré &

à la Gouvernance

Compte Twitter @delphino12

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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