55 Ans d’Indépendance du Congo: Quelle Satisfaction?


Du 30 Juin 1960 au 30 Juin 2015, 55 ans d’indépendance du Congo qui est passé à l’authenticité, Zaïre et enfin à la République Démocratique du Congo. Ces 55 années de souveraineté constituent en termes clairs au moins 20.075 jours durant lesquels ce pays est dans les ‘mains’ des nationaux. De tous ces passages aux plusieurs noms, cette République semble n’avoir pas largement répondu aux aspirations de sa population et celles de Héros qui ont inlassablement lutté pour cette dignité. De Kasavubu, Mobutu, Kabila Mzee ainsi que le Rais actuel, le 55e anniversaire aurait dû représenter une opportunité de faire un bilan du passé pour mieux saisir l’avenir.

Pour cette année 2015, année des enjeux pré-électoraux, la fête d’indépendance au niveau national se voit délocaliser en dehors de Kinshasa vers la ville de Matadi, Province du Congo-Central (ancien Bas-Congo). La délocalisation de ces festivités serait liée au fait que cette province est celle du premier président du Congo, Joseph Kasavubu mais aussi du fort prophète Simon Kimbangu. La délocalisation constitue un signal politique pour honorer ces personnalités. Il est à considérer que Matadi où se sont déroulées ces festivités se situe à une distance de centaines de Kms de la capitale. Elle est liée par Kinshasa à partir de la Nationale No 1 qui devait relier Matadi-Kinshasa-Lubumbashi, sur une distance d’autour de 3 mille Kms.

Ville de Matadi & Pont Marechal
Ville de Matadi, Port & Pont Marechal

L’état de cette route d’importance capitale peut amener à comprendre la satisfaction du peuple par rapport à ce demi-siècle de gestion de souveraineté. De ce fait, la praticabilité de cette nationale No 1 vous en dit plus. Cette praticabilité reste à désirer au vu de l’état routier de cette longue ligne. Bien qu’étant un projet d’intérêt particulier qui pourrait servir la population en reliant les extrémités de ce pays ; 55 ans durant, même les infrastructures ferroviaires qui existaient ont fini par se délabrer. Ce délabrement occasionne de manques à gagner pour notre peuple, qui finalement ne s’approvisionne qu’à coût cher certains produits provenant de l’étranger. Le lecteur peut faire allusion à la viande, maïs, du riz… qui pourraient provenir des fermes Katangais ou ces champs de Maniema potentiellement riches.

Conséquemment, les producteurs et consommateurs finissent par ne pas se connecter car cette route reste moins praticable. Même si la nationale No 1 est actuellement en construction au niveau de 622 Kms vers Tshikapa en direction de Lubumbashi selon certaines indiscrétions, sa réussite reste aussi moins prévisible. Les raisons liées à l’inefficacité de gestion des projets publics sont apparemment connues mais les décideurs y attachent moins d’importance. A titre d’exemple, le lecteur se souviendra du dossier « Projet Fibre Optique » et les failles qui l’entourent. Pour ceux qui connaissent cette partie du pays, se demanderaient l’intérêt qu’a la population rurale de Mabaya-Tatu, Banda-Muntini à 597 Kms de Kinshasa par rapport à la mise en place de cette fibre optique ; alors que cette population manque d’eau, électricité, habitat décent, écoles… La deuxième question de satisfaction de 55 années d’indépendance se situe au niveau de savoir comment sont sélectionnés priorisés ces projets ? Ces projets sont-ils inscrits dans la logique de satisfaire les aspirations et besoins de la population ordinaire ou une occasion de gonfler ces poches intenables?

Village a 622 Kms de Kin
Village a 622 Kms de Kinshasa

Tout au long de la route nationale No 1, vous y remarquerez le niveau de vie des villageois congolais de Bandundu (Mai-Ndombe, Kwango & Kwilu) qui vous donne l’image du village sur l’ensemble du territoire national. La petite différence serait que les villageois de ces contrées ont des connaissances de grandes personnalités comme Théophile Mbemba, André Kimbuta, Kin Kiey Mulumba, Matadi Wamba, Olivier Kamitatu… au niveau central ou à Kinshasa. La proximité avec ces personnalités ne constituent en aucun cas une garantie pour avoir une vie meilleure ; au contraire, ils arrivent que ces grands hommes et femmes saisissent ces opportunités publiques pour faire échapper leurs proches de la misère villageoise ou ils nous encombrent avec de grosses villas à cote de nos huttes. Loin de ne m’en prendre à personne parmi ces personnes citées, il s’agit plutôt d’interpeller nos leaders afin qu’ils saisissent de ces opportunités, qui nous appartenaient tous, pour des fins publiques.

Le lecteur non-averti sentirait que cette analyse est celui d’un villageois émotionnel qui fait abstraction de toutes les réalisations macroéconomiques présentables aux chaines de TVs. Toutefois, il est à reconnaitre que les conditions socio-économiques de notre peuple restent fragiles aux villages mais elles sont plus préoccupantes dans les villes. Il y a un nombre plus large des personnes qui trouvent les conditions du village intenable. En se déversant en villes ou centres urbains, il arrive que la vie se complique davantage ; ces ‘villageois ruraux en exode’ méritent aussi une attention particulière.

Conditions de village au Kwilu
Conditions de village au Kwilu

Le temps de nous présenter les aérogares, des buildings qui serviront de bureaux du gouvernement, de satellites en construction…, il serait envisageable de nous apporter, au même moment, d’unités de transformation de nos produits locaux comme l’arachide, les palmiers à huile, les maniocs, riz, lait etc. Ces unités pourront servir ce peuple en l’aidant à trouver les frais scolaires, universitaires qui constituent un investissement en capital humain ; et au besoin, avoir de maisons convenables comme ceux habitent par nos dirigeants. En plus de cela, la population ordinaire aurait besoin des projets de haute intensité de main d’ouvre ‘mais pas à la chinoise’ qui embaucheraient, dans les conditions normales, ces sans emplois qui sont estimés en milliers. Par conséquent, sans avoir mangé, bu ni obtenir une assurance de l’avenir meilleur, l’indépendance serait toujours remise en cause et le niveau de satisfaction serait au niveau le plus bas. A moins que je sois un villageois émotionnel.

Nos vaillants héros, qui ont donné leurs efforts, sangs, corps et âmes pour obtenir l’indépendance-souveraineté, ne visaient que la finalité qui est un avenir meilleur du peuple, bénéficiaire souverain et primaire. Il faut reconnaitre que certaines avancées ont eu lieu mais que la notion d’efficience est à prendre avec légèreté. Cet avenir qui animait leurs combats incluait inévitablement la sécurité ainsi que la justice. Aussi longtemps que le pays compte des morts pour des raisons moins évidentes, la satisfaction par rapport à l’indépendance serait mitigée. Les questions liées à la sécurité de la population se font manifester encore ici et là et surtout à l’Est du Congo. Faudra-t-il s’accorder que l’insécurité n’est pas seulement liée aux maniements illégaux des armes ; il s’agirait aussi une question de survie. L’extrême pauvreté, l’inégalité en termes socio-économiques ramènent à toutes formes de malaises et frustrations innombrables au sein de la population.

Source d'eau au village
Source d’eau au village

Personne ne contredirait qu’en luttant pour la souveraineté de notre pays, les héros avaient dans leurs pensées l’idée de mettre en place une justice sociale équitable. Toutefois, 55 ans après l’indépendance, il y a encore beaucoup à faire pour que le système judiciaire congolais et la justice en général arrivent à mettre en place un système appréciable. En plus, cette justice doit sans ambages lutter contre toute forme de corruption, d’enrichissement illicite, de clientélisme, favoritisme… Elle doit aussi lutter contre la concentration d’opportunités à certains privilégiés et adoucir celles liées au déséquilibre en termes de développement d’entités. Il serait difficile qu’un Etat puisse satisfaire sa population aussi longtemps que sa richesse se concentre illégalement dans les mains de certaines personnes qui usent leurs mandats populaires pour s’enrichir individuellement.

Pour que ce pays avance dans la bonne direction, il faudra mettre en place de mécanismes de rendre justice à tous ces victimes des atrocités qu’a connues le pays ; et particulièrement sa partie Est. Il est connu de tous les observateurs avisés que ces atrocités ont laissé un nombre incroyable des victimes qui méritent obtenir la justice et réparation de la part des pouvoirs publics. Des discours et défilés ne suffisent pas pour apaiser les esprits et rendre hommage à tous ces victimes. Aux autorités étatiques de mieux évaluer, dans la sincérité et objectivité, les réalisations de la période d’un demi-siècle ainsi que le niveau d’appréciation d’un grand nombre de la population pour en tirer leçons des orientations futures. L’avis du bloggeur est que les 55 années d’indépendance ne nous ont pas apporté des réalisations à suffisance au degré de satisfaire les attentes de toutes et tous. Pensez-vous autrement ? Votre avis importe.

Ntanyoma R. Delphin

Compte Twitter @delphino12

Email: rkmbz1973@gmail.com

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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