Kinshasa-Kikwit : Comment Je Suis Devenu Suspect et Serez-Vous le Suivant?


La vie est remplie d’incompréhensions et surprises innombrables. Pour ce faire, on doit alors apprendre à se conformer mais aussi à informer aux autres pour éviter que cela ne vous arrive pas. Il est aussi possible que notre synergie pour apporter les réponses appropriées pourra apporter un changement positif.

La ville de Kikwit est dans la province de Bandundu, à plus de 550 Kms de Kinshasa. Elle est liée à Kinshasa par probablement la route dite nationale No 1. La nationale No1 asphaltée est vraiment praticable par rapport aux autres infrastructures du pays. Le fait est quand vous dépassez Kikwit vers Tshikapa, les conditions routières changées automatiquement. La route nationale No 1 constitue le socle d’approvisionnement en vivres de Kinshasa, la ville de plus de 12 millions de la population.

Je deviens suspect quand je devais me rendre à Kikwit pour des raisons personnelles. Ma première descente vers Kikwit remonte vers fin décembre 2014. J’arrive au niveau de Mbakata, aux environs de 300 Kms de Kinshasa, je trouve une barrière de la route. La mission principale de celle-ci est de collecter les taxes pour la province de Bandundu. Une structure dite Brigade des Recettes de Bandundu (BRB) a été mise en place pour collecter des taxes aux véhicules transportant des marchandises dans les deux directions, Kinshasa-Kikwit et vice versa. Il arrive aussi que des personnes qui passent sont demandées de faire de la même manière que les véhicules de transport. Au-delà de la collecte des recettes, les missions régaliennes de l’Etat sont aussi à remplir du fait que la route est entreprise par un grand nombre de personnes.

Comme l’objet de l’article est de vous partager mon expérience sur cette ligne, la gestion de la BRB ne fait pas l’objet de discussions détaillées. Le bloggeur croit n’avoir pas assez d’informations sur les bases juridiques de sa mise en place ainsi que des débordements qui peuvent surgir dans ses contours, notamment l’affectation de ces recettes. L’affectation peut-elle faire la différence par rapport aux autres ? Si vous êtes intéressés, la question serait mieux répondue par les gestionnaires de ces fonds.

Dans un bus qui transportant plus de 50 personnes, assis presque au milieu, une dame entre dans le bus car on devait ralentir pour que les missions régaliennes soient effectuées. La dame appartenant probablement à la Direction Générale de Migration (DGM) ne pointe que du doigt à une seule personne alors qu’elle a dépassé la moitié des personnes dans ce véhicule. Elle me pose la question en Kikongo, à laquelle je n’ai rien vraiment saisie comme contenu. Bizarrement, j’ai cru au Lingala fort ! La discussion tourne autour de pourquoi elle doit pointer du doigt à une seule personne. Elle m’oblige de descendre par un ton qui me rappelle et qu’elle aurait possiblement hérité des anciennes forces armées dites zaïroises. On finit par trouver un compris, croyant qu’il s’agissait d’une maladresse qui peut nous surprendre tard la nuit.

Kinshasa-Kikwit route
Kinshasa-Kikwit route

La ligne Kinshasa-Kikwit peut sommairement se caractériser par quelques traits frappants. Il s’agit d’espace plat par le quel vous pouvez voir à l’horizon de 5000 mètres devant toi. Une savane et prairie et prairie verte qui sont enviable à contempler et qui ne sont pratiquement pas inexploitées. Personnellement, je me suis toujours représenté d’étendues d’espace qui peuvent servir des pâturages des gros bétails car suis et reste collé sur cette notion. La mise en place des fermes des vaches aurait dû résoudre le prix d’un litre du lait aux marchés de Kinshasa qui est autour de 3$/litre. Kinshasa-Kikwit c’est aussi la ligne qui abrite le projet Agro-industriel de Bukanga Lonzo à laquelle nous attendons le miracle. Toutefois, il y a des milliers et milliers de Kms non-exploités. L’explication simple de cette inexploitation renvoi à la densité de la Province de Bandundu qui est de 29hab/km2. N’oubliez pas aussi que la Région de Bandundu approvisionne en personnes la ville de Kinshasa, à travers l’exode rural ; ce qui ferait sa population change de temps en temps.

Il me parait important de vous raconter la situation choquante où on me dira que je suis suspect pour la deuxième fois. La deuxième fois que je me dirige vers Kikwit est la semaine passée, le samedi 07.02.2015. J’arrive au même endroit, un scenario semblable au premier se pose. Alors que devant moi il y avait 4 personnes, dont le chauffeur, on ne demande qu’à moi seul d’exhiber sa carte d’identité comme si j’étais spécialement suspect ou bien que sur ma face était inscrit un message lisible que je serai un potentiellement suspect. Sans une aucune justification convaincante, notre discussion encore une fois tourne sur pourquoi je dois seul exhiber cette carte et pourquoi pas les premiers ?

Tout au long de la discussion, je rappelle l’incident passé au même endroit et je désiste de ne même pas sortir ma carte d’électeur de la poche. L’excuse par rapport au premier incident est qu’ici la responsabilité est personnelle comme s’il ne s’agissait pas d’une structure cohérente. Pour dire que, la question est à résoudre au niveau individuel ; donc, il faut se faire connaitre par tout ce monde qui forme un corps de sécurité du pays ! Au point de me bousculer, pour me faire sortir du véhicule, un monsieur qui se présentant comme chef interviendra pour décanter la situation. On finit encore par trouver un terrain d’entente. Ici on me soufflera qu’un groupe de personnes Ouest-Africaines entreprennent cette ligne illégalement vers l’Angola. Donc, toute personne qui peut avoir de traits ouest-africains doit connaitre d’investigation profonde. D’où mon conseil est que cette traque des irréguliers est compréhensible mais elle ne doit pas faire objet d’amalgame et de ‘discrimination’.

Il est aussi possible que certains comportements et attitudes s’institutionnalisent parce qu’on a besoin de survivre. Ne pensez pas que tous sont mauvais ou que nous avons dépassé la période de l’article 15. L’observateur averti peut comprendre facilement que les conditions socio-économiques ainsi que l’environnement de travail de nos agents de sécurité sont des paramètres importants à inclure dans cette analyse. Il est évident que la personne qui a mon dossier accède difficilement au point que c’est presque impossible d’accéder à la base des données de personnes enrôlées officiellement. En plus, il peut paraitre aussi que le rôle du personnel de sécurité ne vise pas en premier lieu la prévention, au contraire les faits justiciables font payer et faire survivre.

Kwilu & Kwango riviere
Kwilu & Kwango riviere

Il serait moins consistant de passer au troisième événement sans vous dire qu’étonnement la ligne Kinshasa-Kikwit connait d’autres caractéristiques inconcevables. Alors qu’elle est la deuxième ville de Bandundu ; abritant au-delà de 600 mille personnes, ce centre économique s’approvisionne en électricité à partir de l’Arabie-Saoudite. Dépassant Mayindombe à une centaine de Kilomètres de Kinshasa, le reste est constitué des villages avec habitat moins décents. Il y a plusieurs agglomérations mais dont la plupart de maisons sont en chaume et pailles avec l’utilisation de moteurs-générateurs pour produire le courant électrique. Paradoxalement, la région est traversée par les grandes rivières à fort débit dont Kwango, Kwilu… qui peuvent servir de centrales électriques mais aussi d’approvisionnement en eau potable. L’apprivoisement de l’Arabie-Saoudite dit que toute activité économique nécessitant le courant électrique doit inévitablement être couteux car un litre de mazout est 1620 FC/litre sans compte les spéculations tout autour. Ces conditions couteuses sont supportées par des personnes qui sont dits chinois, népalais, pakistanais avec des magasins au détail partout même dans le village dit 316. Ceux connaissent mieux le village 316 vous dira de quoi ça signifie pour y trouver un magasin des chinois qui vendent aux détails toutes les pièces de véhicules-motos, bénéficiant doublement. Ce type d’investissement direct étranger est pratiquement incompréhensible pendant la campagne du ministre de l’industrie Germain Kambinga.

Tout au long de la route No 1, il y a plus d’un millier de drapeaux de partis politiques, le PPRD, PALU, ARC, MSR… Mon interprétation était qu’il s’agissait les seules affiches publicitaires qui prouvent la concentration d’énergie du pays de Kikwit/Bandundu. Il est aussi lisible des signes qui expriment que la population de ces contrées s’amusent et suivent les compétitions sportives. Cela se fait remarquer à partir des drapeaux de la Vita Club. Malgré toutes ces potentialités économiques et politiciennes, il est facile de s’apercevoir et suspecter les personnes qui souffrent ces derniers temps les ‘chiques’. De retour, nous nous arrêtons un petit peu à Misele. Une école qui ressemble à celle de mon village, au point que je pouvais introduire un dossier judiciaire de vol d’un immeuble en chaume et paille. A Misele, certains enfants ne vont pas à l’école comme quoi ils doivent payer 3500 FC par trimestre. S’agit-il d’un prétexte des enfants qui ne trouvent pas de motivation ou d’une situation de contraintes de la part des parents ? Le bloggeur trouve des surprises et incompatibilités qu’une écolière se soit renvoyé pour des raisons de 3500 FC.

Types de maisons au village de Bandundu
Types de maisons au village de Bandundu

Nous arrivons à Kenge, ce mardi 10/02/2015 aux environs de 9h00. Un cortège des policiers de la sécurité routière, agents de la DGM, et autres non-identifiables envahit le bus dans lequel je me trouvais. C’était presque un désordre ou une alerte, alors qu’ils étaient tous à la recherche de quelques personnes. One me fait sortir avec un jeune homme brun et élancé de ma taille, avec un autre qui se disait Angolais. Le jeune homme est si vite relâché car dans le bus les gens ont criés ‘aza Muluba toyebi ye, pour signifier, il est Muluba, nous le connaissons’. L’angolais présente ces pièces d’identités comme je l’avais fait et il est relâché après qu’il s’est exprimé en une langue proche de Kikongo. Il serait qu’il appartient à une communauté qui vit de deux côtés des pays, l’Angola et la RDC.

La suite est concentrée sur moi avec trop d’intérêt. La discussion prend une tournure quand la personne qui se présentait comme celui qui va m’identifier me dira qu’il croit que je ne suis pas congolais. Ce matin j’avais été humble à partir de l’expérience que j’ai connu durant les deux premiers événements et celui des personnes qui se sont battus à cause de la panne du bus. L’interprétation du discours de l’officiel de la DGM me semble comme si on jette du feu sur les chaumes secs. Notre débat prend une tournure d’acharnements qui finit par exiger le secours d’un commandant militaire, un commandant policier et celui de l’ANR de Kenge. On finit par trouver un compromis comme quoi ces officiels de sécurité ne sont peut-être pas informés de la diversité socio-culturelle de la RDC !

Peu importe l’explication à donner sur ces types d’incidents, il reste que les instructions reçues par ces officiels des structures de sécurité sont à mieux saisir. Il est de droit qu’un pays contrôle les mouvements en son intérieur comme ceux de l’extérieur. Toutefois, les mouvements à l’intérieur doivent être souples par rapport aux autres. Il y a aussi une nécessite de penser à l’amélioration des conditions socio-économiques et environnement de travail de nos agents de sécurité. Cela afin que ces agents ne tombent pas dans les manœuvres de rechercher par plusieurs voies leur survie. Les instructions doivent être claires et bien suivies pour éviter des débordements dans un contexte en quelque sorte fragile.

Ntanyoma R. Delphin

Compte Twitter @delphino12

Email: rkmbz1973@gmail.com

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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