Révolution de la Modernité & de la Nouvelle Citoyenneté : Déboires de « Kombongisa Mboka yo Moko » ?


Toute une décennie s’écoule dans un climat socio-politique qui obligeant de jouer à la souplesse pour survivre encore quelques années. Comme dans le rêve, je me suis retrouvé encore une fois sur ce terrain que je considère, du fonds de mon cœur et indépendamment des appréhensions et perceptions erronées, comme une terre natale.

Pendant une dizaine d’années, les choses changent bien sûr. Certaines dans les sens décroissant mais les autres dans le sens croissant avec un rythme qui donne moins d’espoir. La crise de l’article 15, débrouillez-vous et autour de pots de vin n’a pas totalement changée. Il est facile de percevoir toujours de mains qui s’échangent quelques ‘signes’ entre personnes ; l’une chargée de conduire un véhicule et l’autre en charge de la sécurité routière. Sans toutefois tenir compte de l’état du véhicule transportant les êtres humains, les signes des mains constituent possiblement la garantie de conduire dans les routes de fois en conditions de délabrement. Même les véhicules qui vous transportent dans la capitale Kinshasa sont impressionnants ! Vous vous demanderez quelque fois qu’il s’agit d’un véhicule ou d’une casquette qui servirait d’objet dans un musée.

Boulevard du 30 Juin
Boulevard du 30 Juin

Les infrastructures de base ne sont pas forcément adaptées par rapport au siècle que nous vivons et considérant les potentialités de ce continent-pays. Toutefois, dans la capitale Kinshasa, à la superficie tournant autour de 10.000 Km2 avec une population de près de 12 millions ; il y a d’autoroutes qui sont régulièrement entretenues par des balayeurs, une idée porteuse d’espoir d’avenir hygiénique. De grandes autoroutes asphaltées qui font rêver d’un ‘grand Congo’ dans 50 ans à venir si la volonté politique se renforcerait au niveau conceptuel. Bizarrement, l’hygiène se limiterait au niveau de ces grandes routes souvent entreprises par de hautes personnalités. L’impression que vous donnerait la vue de certaines infrastructures routières dans les communes de la ville, reste moins désirée. Il est difficile de savoir distinguer les poubelles, système de canalisation de ces routes par rapport aux restaurants, boutiques, cyber-café…

Canalisation dans un quatier
Canalisation dans un quatier

Heureusement, presque tout le samedi, le ‘Salongo’ a été réintroduit et ça rappelle le temps qu’on chantait « Salongo Alinga Mosala ». Dans un premier temps, malgré les efforts de Salongo, ce mécanisme ne serait peut-être pas approprié compte tenu du niveau de saleté de certains quartiers. Les conditions dans lesquelles se sont entassés ces débris autour des routes nécessiteraient plus d’efforts mais aussi des stratégies à limiter ces poubelles qui viennent de n’importe où. Dans certains quartiers, on dirait qu’il est apparemment permis de jeter des débris n’importe comment. La question d’hygiène n’est pas la seule problématique que connait la ville. Le niveau d’emploi de la jeunesse est apparemment préoccupant. Les mamans se débrouillent aussi comme à l’accoutumée. Il faudrait plutôt penser dans une logique à long terme pour mieux assoir des stratégies qui feront que cette grande ville ainsi que l’ensemble du pays soient à la hauteur d’autres villes mondiales.

La question paradoxale est la mentalité de la population ainsi que celle des officiels même de haut niveau. Alors que la campagne de la « révolution de la modernité et la nouvelle citoyenneté » bat son plein, presque l’ensemble de la population semble ne pas croire à cette dernière dans le fond. Il est fort possible de comprendre ce désespoir compte tenu du temps que prend le relèvement de l’économie et du social congolais. Les conditions de base pour la plupart de la population restent au niveau très bas, alors qu’il y a certains individus qui émergent à la vitesse de la croisière au détriment de ce peuple. Ce qui est malheureux, ces individus appartiendraient à la classe dirigeante ainsi que les officiels dans le domaine public.

A toute question adressée à n’importe quelle personne, même ceux-là en position d’élite ; savoir pourquoi une situation est pareille, les gens répondent sans ambages que « Papa/Mama, ozokanisa yo moko okombongisa mboka oyo ?». Bien sûr que le Lingala n’est pas ma langue de premier choix, même si je dois m’efforcer pour la parler. Ce message-réponse en Lingala qui marque un profond désespoir signifierait que « Papa/Mama, tu penses être seul (e) en mesure de remettre en ordre ce pays ? ». Bien que le niveau du Lingala ne soit pas excellent, l’interprétation en français est proche de l’idée exprimée. Il semblerait, de part ce désespoir exprimerait un manque de confiance au redressement de ce grand pays. Ce qui veut dire qu’on est devant un défi qui ouvre où personne ne sent responsable du redressement. Alors, il serait raisonnable de se demander où devait commencer cette campagne de la nouvelle citoyenneté ?

Ne serait-il pas à travers les actions pratiques qui pourront servir de modèle à la population et ravivant l’espoir comme qu’il est encore possible de faire face à ces défis. Les campagnes politiques dans un tel contexte sont nécessaires et importants car faisant l’objet du changement de la mentalité. Toutefois, ce changement de la nouvelle citoyenneté doit d’abord passer par le respect de l’affaire publique. Ce respect des biens appartenant au domaine public reste une voie incontournable pour la mise en place de la révolution de la modernité et pourra en même temps servir des leçons pour l’établissement de la nouvelle citoyenneté. Cet article croit d’abord que ces campagnes sont d’abord à amorcer dans le domaine public et à la plus haute hiérarchie des officiels publics. Si non, la campagne portera moins de fruits si l’hypothèse évoquée en-haut est vérifiable.

Même si l’article conseille aux officiels publics de tirer conséquence de leurs attitudes, il est aussi important de croire qu’un changement est possible une fois que nous y croyons fermement. Le choix de gouvernants est déterminant, mais le peuple qui a besoin de ce changement positif (sans usage de la force et de la violence) peut aussi y parvenir. Il s’agit d’exiger que nous soyons traités en tant que premiers décideurs et premiers bénéficiaires qui méritent une considération comme ceux des familiers de nos dirigeants. Ce changement dont nous avons besoin doit commencer d’abord en nous en admettant qu’il est encore possible d’y parvenir. La déception et le désespoir ne feront qu’enfoncer notre situation dans l’avenir car ceux-là qui occuperont aujourd’hui ou demain ces postes pourraient se conduire aussi comme des mercenaires dans un domaine public.

Avez-vous peut-être une opinion différente, voudriez-vous le partager.

Ntanyoma R. Delphin

Compte Twitter @delphino12

Email: rkmbz1973@gmail.com

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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