Mystérieux Gouvernement de Cohésion Nationale: Qu’aurait Sauvé le Fédéralisme?


Plus âgé que dès la conception à la naissance d’un bébé, ce mystérieux gouvernement de cohésion nationale sera-t-il formé à la rentrée du parlement, 15 septembre ? Pas encore sûr, seul Dieu et l’autorité suprême de l’Etat le savent. Toutefois, certaines indiscrétions font état d’un possible ‘avènement’ du gouvernement annoncée le 23/10/2013, à la clôture des assises dites de « concertations Nationales ».

Bien que certains signaux fassent penser que la formation de ce gouvernement prendrait encore quelques semaines, deux inquiétudes persistent toujours à mon égard : Il s’agit en premier lieu des raisons évidentes qui ont poussé les décideurs à ralentir cette démarche. Ces raisons étaient-elles dans l’intérêt du gouvernant ou du peuple ? Aux décideurs de mieux répondre a cette question, mais tout porterait à croire que l’intérêt individuel aurait primé sur l’intérêt public.

De deux, ce gouvernement dit de cohésion nationale serait à mesure de résoudre tout ? Indéniablement NON car les problèmes que connait la République Démocratique du Congo (RDC) ne se situe pas inévitablement dans ‘l’inclusivité’ de différentes forces politiques. A mon avis, il est plutôt à rechercher dans le manque d’un système approprié pouvant servir ce peuple dans sa diversité socio-culturelle. Voilà ce qui explique ma préférence au système fédéral à la place et lieu du masque dit ‘régionalisme’. Pourquoi ?

Par contenu, le fédéralisme renvoi à la superposition des juridictions dites fédérales et fédérées. Sa spécificité est que chaque juridiction a ses propres domaines d’action avec un pouvoir constitutionnel ; c’est-à-dire, n’émanant pas de la délégation. Cet aspect d’autonomie/souveraineté dans leur domaine d’action ne signifie pas que nous entrions exactement dans un paradis. Toutefois, le soubassement du point de vue de cet article est que dans le fédéralisme, le blocage au niveau fédéral/central ne paralyserait pas les autres institutions au niveau fédéré comme ce serait le cas d’un système centralisé. Tout simplement cet article croit que les entités fédérées (gouvernement provinciaux dans le cas de la RDC), ayant leurs propres domaines d’actions où elles ont même le droit de légiférer, ne se laisserait pas emporter par des crises sans fondement au niveau central.

L’exemple pratique du fédéralisme en pays X ferait mieux comprendre ce point de vue. Supposons que les provinces/Etats Fédérés ont le domaine d’actions comportant les compétences suivantes : l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement, l’agriculture, le logement, les travaux publics, les transports, la politique de l’emploi, l’énergie, l’organisation et la tutelle des pouvoirs locaux (communes, territoires…), la recherche scientifique, l’éducation; la sécurité publique; la politique fiscale locale... Et que le niveau fédéral/central se réserve le droit dans le domaine ci-après : la diplomatie; la défense nationale; la politique monétaire; commerce international, immigration….

Par conséquent, la paralysie au niveau fédéral pourrait perturber bien sûr certaines réalisations à cause d’interconnexion entre juridictions, mais les provinces continueront leurs projets. La raison est simple et liée au fait que les compétences constitutionnelles sont accompagnées par des capacités financières y afférentes. Par ricochet donc, il sied de croire que la crise post-électorale de 2011 n’aurait pas assez d’effets négatifs sur la gestion des provinces si ces dernières avaient les prérogatives de décider souverainement dans leurs domaines d’action.

Les medias y compris ce blog rapportent que ce gouvernement est attendu depuis la fin des concertations nationales. Nonobstant, il est important de rappeler l’origine et rapport de ces assises avec les élections de 2011. Il s’agirait plutôt d’un gouvernement qui aurait dû être formé à la veille des élections présidentielles de 2011. Suite aux contestations et confrontations liées à la concentration du pouvoir et des ressources dans les mains de Kinshasa, la crise commence et prendra probablement fin en 2016 ou même longtemps après. Donc, il y a 3 ans déjà que cette crise à éclater. La particularité d’octobre 2013 est que la gestion ministérielle est devenue courante ; mais en général, la situation est presque semblable comme avant.

Heureusement/malheureusement, la crise liée à la formation reste moins palpable dans les mains de premiers bénéficiaires qui sont la population ordinaire car cette dernière n’ayant pas, pendant longtemps, vécu un pouvoir public digne de son nom. L’absence d’Etat durant des décennies amènerait à croire que la crise du gouvernement gérant les affaires courantes n’a pas assez d’effets néfastes. Inévitablement, la crise aurait été plus palpable si on avait vécu un pouvoir public viable. Par conséquent, les recommandations à retenir, selon l’analyse de cet article, sont :

La formation de ce gouvernement dit de ‘cohésion nationale’ constituerait moins une garantie selon me prévisions. Il s’agit au contraire d’un mécanisme d’apaisement et de partage des postes pour des fins globalement individuelles. Ce gouvernement est aussi lié aux échéances électorales de 2016 et toutes les diverses manœuvres connexes à celles-ci. La naissance de ce bébé mystérieux vous intéresserait peut-être parce que vous y attendez un poste ou celui d’un proche qui de retour pourra… Une situation normale dans une confédération ethno-communautaire où la représentation est moins idéologique que communautaire. Si l’hypothèse pourra se confirmer, ce gouvernement tant attendu avantagerait moins le peuple ordinaire.

En plus de cela, au vu du passé ainsi que le contexte socio-politique actuel, il est probable de penser que ces types de confrontations auront toujours eu lieu dans l’avenir. Aussi longtemps que le pouvoir est concentré à Kinshasa alors qu’il est le seul moyen d’accéder et contrôler les ressources ; affirmer que de pareilles crises comme celles que nous vivons aujourd’hui seront répétitives n’est pas loin de la vérité. En tout état de cause, ces confrontations en rapport avec les postes ministériels ne sont pas la cause première qui affecte le bien-être social de la population congolaise. Elles sont possiblement les conséquences du manque d’un mécanisme adéquat et approprié au contexte congolais caractérisé par des diversités socio-culturelles.

Par déduction du raisonnement précédent, l’article croit qu’il faudra plutôt pencher nos efforts en visant la mise en place d’un système politico-administrative en mesure de répondre à ces diversités. En rendant les provinces des entités viables, un système fédéral assouplirait ces confrontations répétitives tout en répondant aux besoins de la population. Comme de situations pareilles de crises gouvernementales pourront dans le temps réapparaitre, dans ce cas, un système fédéral servirait comme un modelé approprié car les provinces continueraient à œuvrer dans leur domaine d’action. Même si une crise pourrait naitre au niveau d’une seule province/ un état fédéré, cette situation n’affecterait en rien le reste de provinces.

Il est à noter aussi que le fédéralisme est adapté en RDC pas seulement pour prévenir de telles crises au sein du gouvernement, mais plutôt pour mieux gérer ses diversités socio-culturelles dans l’ensemble. A en croire, le fédéralisme, étant un système accordant aux provinces/entités fédérées la souveraineté dans leurs domaines d’action, il pourra limiter le népotisme, clientélisme et despotisme qui souvent accompagnent un système où la concentration est forte au niveau central.

Pour en fin dire que, si la RDC avait instauré le fédéralisme, ce système aurait au moins sauvé une partie de ces dégâts qui ont eu lieu après la crise électorale de 2011. En plus, ce système aurait été à mesure de réduire des confrontations au niveau central qui sont en grande partie l’origine de ces « standoff ». Le résultant de mettre en place un système fédéral serait que le peuple ordinaire serait servi en premier lieu, indépendamment de qui veut devenir président de la République, premier ministre, ministre, PDG et je ne sais quoi encore.

Avez-vous un avis contraire ? Je crois que celui qui a vécu ce désordre Zaïro-Congolais durant toutes ces décennies s’y opposerait moins.

Ntanyoma R. Delphin

Twitter account @delphino12

Email: rkmbz1973@gmail.com

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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