Quand les Faits sont Têtus: Avertissement pour l’Est du Congo et le Grands Lacs d’Afrique?


« Les faits sont têtus » est probablement l’expression tirée chez Vladimir Ilyich Ulyanov, dit Lénine. Cette expression a été récemment citée par le chef de l’Etat rwandais lors des cérémonies de commémoration du génocide contre le Tutsi. C’est au cours du 20e anniversaire commémorant le génocide au Rwanda que cette expression, datant d’un siècle, est rappelée au public pour exprimer un désagrément ou une consternation dans un discours tant attendu par les observateurs. Il semblerait que le rappel des faits qui restent têtus visaient les nations dites fortes qui croient imposer aux dites faibles, selon le propos du président Kagame, en vue d’interpréter autrement les faits vécus.

Il est à rappeler au lecteur que quelques semaines avant ces cérémonies du génocide contre le Tutsi, le chef de l’État rwandais a eu un entretien avec Jeune Afrique (details sur le lien suivant) qui a été à l’origine d’un mécontentement. Devant les accusations comme quoi la France avait participé directement dans la préparation et l’exécution du génocide, cette dernière a décidé de ne pas prendre part à ces cérémonies qui se tenaient à Kigali. La France serait possiblement parmi les fortes nations qui sont sur le banc des accusés dans le discours du président rwandais. Toutefois, l’intérêt de cet article ne se situe pas dans les relations franco-rwandaises, mais plutôt à l’aspect qui a peut-être échappé à la médiatisation. Il s’agit des accusations contenues dans cet entretien en l’encontre de la Brigade d’Intervention de la MONUSCO opérant à l’Est du Congo. Ces accusations pointent ouvertement le doigt cette brigade dans la collaboration avec le Forces Démocratiques pour Libération du Rwanda (FRLR) en ce terme « J’ai surtout l’impression que cette brigade a été créée pour défendre les FDLR ».

La réaction de la MONUSCO et des Nations Unies face à ces accusations m’a échappé car la médiatisation avait plus tournée autour de France-Rwanda. Malgré tout, il me parait que les faits restent têtus indépendamment des limites territoriales. Cette expression ferait référence aux vérités qui sont difficilement manipulables quelle que soit la position de victimisation. Elles peuvent s’interpréter différemment pour des raisons diverses, spécialement politiques, mais ces vérités restent telles qu’elles ont été. Elles ne changent pas parce que quelqu’un a été victime aujourd’hui et devenu agresseur demain. Ces têtus faits ne changent pas parce que des explications peuvent être trouvées pour justifier certains choix. L’histoire de ces dernières décennies de la région de grands lacs nous en a informé.

Revenant à l’intérêt de cet article, il est déplorable d’entendre encore une fois que même les Nations Unies, à travers sa Brigade d’Intervention, sont accusées de connivence avec les FDLR. Bien qu’il est difficile de vérifier profondément ces accusations, il est aussi important de souligner que ces accusations ne constituent pas une vérité indubitable ou suprême. Il est d’ailleurs étonnant de penser qu’un nombre important des pays constituant cette brigade ainsi que toutes les structures de la MONUSCO auxquelles oeuvre cette brigade facilite cette complicité avec les FDLR. Il est peut-être concevable que des collaborations peuvent exister, au niveau individuel ou institutionnel, entre les Forces Armées de la RDC et les FDLR compte tenu du climat politique de la région. L’association de ces dernières avec les Nations Unies est à documenter impartialement pour confirmer cette thèse. Vrai ou faux le temps nous en dira plus. Alors, que prédit en réalité ces accusations pour la population de l’Est du Congo ?

Ces accusations sont à prendre au sérieux au meme titre que celles fortement médiatisées dans cet entretien. Elles expriment une suspicion en l’encontre d’une organisation qui a pour mission d’éradiquer les groupes armés opérant en RDC et de stabiliser sa partie Est. Elles peuvent aussi prédire qu’à un certain niveau, celui qui se sent menacé pourra user de la force pour se défendre ou trouver un alibi allant dans ce sens. Et mon inquiétude ne pas de savoir qui va gagner cette probable guerre. Au contraire, elle se situe sur la détermination, par des stratagèmes militaires, du terrain d’affrontement. L’expérience du passé nous renseigne plus. Donc, il est raisonnable que n’importe qui soucieux des misères qu’a connues l’Est du Congo se sente bouleversé par ces accusations. Il est impérativement conseillé de trouver une solution pacifique à toutes ces questions qui pourront nous engouffrer encore une fois.

La population de l’Est du Congo ne doit plus souffrir pour des fins qui ne leur avantagent pas. Elle a plutôt besoin d’être assistée et soutenue moralement et économiquement afin qu’elle puisse se relever de ce gouffre qui date d’un demi-siècle. Elle a aussi besoin d’assistance afin qu’elle puisse se réconcilier ; et cela ne doit plus passer par les affrontements armés. Les leaders et dirigeants du pays sont priés de ne ménager aucun effort en vue de pacifier cette partie du pays et ne pas chercher à exploiter, pour leurs propres intérêts, ce vide d’État.

Nos compatriotes sont aussi dans l’obligation de ne plus céder aux manipulations en se désolidarisant des possibles manœuvres visant à nous plonger encore une fois dans le chaos. Je ne vois pas pourquoi ces groupes armés, particulièrement étrangers, ne doivent pas faire objet des traques comme promu et rapporté. Toutefois, ces traques doivent être menées minutieusement afin d’éviter les pertes en vies humaines de la population locale. La retenue serait indispensable pour les voisins et doivent chercher à résoudre certains problèmes sans passer par de boucs émissaires. Votre appui est important pour le soulagement de l’Est du Congo.

Ntanyoma R. Delphin

Compte Twitter @delphino12

Email: rkmbz1973@gmail.com

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

 

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3 thoughts on “Quand les Faits sont Têtus: Avertissement pour l’Est du Congo et le Grands Lacs d’Afrique?”

  1. Del!Vous avez fait une bonne analyse.Le Chef d’État Rwandais,réponds aux circonstances selon une variété infinie de voies”les règles de calcul”

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