Qui de Boshab-Minaku Sera Candidat Présidentiel du PPRD: Joseph Kabila Kabange


 La République Démocratique Du Congo (RDC) est connue pour sa diversité socio-culturelle qui fait que le pays s’apparente à une confédération1. Le pays connaît un grand nombre de partis politiques de la même taille que ses nombres d’ethnies-communautés. Il est, depuis une décennie, dirigé par le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), le parti de Joseph Kabila Kabange, chef de l’Etat. Les dernières élections de 2011 ont été entachées d’irrégularités au point que le leader « Maximo » de l’Union pour Démocratie et le Progrès Social (UDPS) se considère toujours comme le président élu qui exerce son pouvoir seulement à Limete dans sa résidence.

Au Congo comme dans différents coins de notre continent, les partis politiques en général sont constitués sur de bases régionales et communautaires. Cet aspect régional et communautaire rende souvent difficile la gestion du pays en plus d’un grand nombre des défis à relever dans le milieu politique congolais. A titre d’exemple, les mécontentements qui sont liés aux récentes élections ont été en grande partie à l’origine de l’organisation des concertations dites nationales pour apaiser les tensions et reconstruire la cohésion nationale. Les mécanismes entrepris restent toujours discutables car la cohésion nationale serait un sentiment à vivre qu’à politiser. La question ne fait pas l’objet de cet article, mais il faudra rappeler que nous sommes déjà à cinq mois dans l’attente du gouvernement de cohésion nationale retardé pour des causes non encore révélées. Le sujet est renvoyé aux oubliettes et serait bloqué à la suite des satisfactions multiples y afférentes.

Toutefois, malgré les conditions socio-économiques du peuple congolais qui sont caractérisées par une pauvreté aiguée allant au-delà de 75%, les politiciens et chefs de partis politiques continuent à se positionner pour 2016. Les prochaines échéances électorales présidentielles sont prévues pour l’année 2016. Pour certains, les pré-campagnes ont commencé sous forme de réconfort aux victimes des guerres. Et pour les autres, leurs leaders restent les mêmes sans tenir compte de conditions de sortie dans les geôles. L’expérience des années 60 à nos jours n’a pas encore grandement changé les conduites des leaders alors considérés comme charismatiques et ils pourront encore une fois briguer le mandat de 2016. C’est-à-dire, le jeu reste le même pour ceux-là qui veulent à tout prix conserver le pouvoir que pour ceux-là qui ne veulent pas entendre les autres diriger leurs propriétés privées, qui sont les partis politiques.

On n’a pas encore un signal de la part du parti au pouvoir et de la majorité présidentielle, sauf des propos du porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Ces propos sont à prendre avec réserve car n’émanant pas du dernier décideur. La question de curiosité est de savoir qui sera proposé comme candidat présidentiel pour le compte du PPRD. Le fondement de cette curiosité est que le pouvoir en Afrique, et plus particulièrement en RDC ne se lâche pas facilement au nom de la démocratie. De deux, le parti au pouvoir a des moyens financiers et force militaire qui peuvent l’aider à gagner une élection avec moins d’efforts proportionnels. En troisième lieu, le pouvoir reste le principal canal de s’enrichir aisément et de continuer à l’exercer pour plus de temps. Tous ces facteurs font croire que le PPRD lâchera difficilement le pouvoir.

Les candidats présidentiels potentiels du PPRD sont entre autre, dans l’hypothèse où la constitution ne sera pas changée, le président de la chambre basse du parlement, Aubin Minaku ainsi que le Secrétaire Général du parti, Evariste Boshab Mabudj-ma-Bilenge. Pour rappel, les deux personnalités politiques, juristes de formation et de carrière, sont respectivement âgés de 50 et 58 ans. Ils sont originaires de Bandudu pour Minaku et du Kassaï Occidental pour Boshab. Ils ont exercés de hautes fonctions au sommet de l’Etat et au sein de leur formation politique, PPRD. D’emblée, ils sont qualifiés pour gérer la fonction du chef de l’Etat comme tant d’autres. Nonobstant, le clivage ethno-régional dans le milieu politique congolais ne leur facilitera pas cette tâche. D’où, il faudra conserver le pouvoir au sein du PPRD sur de bases précitées-haut.

Il faudra aussi rappeler que la situation sécuritaire dans le pays est encore fragile au point qu’elle pourra faire objet de bouc émissaire pour écarter l’alternance au sommet de l’Etat. Les récents développements dans la région de grands lacs et de la SADC, les suspicions mutuelles entre pays et chefs d’Etats sont à prendre au sérieux de la manière qu’ils pourront influencer les décisions Etatiques de part et d’autre. Les questions et engagements sont multiples de façon que la volonté de changer tout ce que les gens chanter de ne pas changer est probable n’importe quand. Il est peut-être sage de laisser aux lecteurs d’en développer et penser à tous ces paramètres qui sont obligatoirement à inclure, coûte que coûte, dans l’équation à résoudre.

Même s’il arrive que le parti présidentiel se distingue en dépassant les limites confédérales ethno-régionales, les nouveaux candidats pourront rester dans la même ligne de conduite que leurs prédécesseurs depuis les années 60 et plus particulièrement de leur formation politique. C’est peut-être un scepticisme moins-fondé, mais il apparaît difficilement promettant que les problèmes socio-politiques congolais se verront résolus par un simple changement du chef de l’Etat2. Cela se justifierait par le fait que les racines du parti au pouvoir resteront toujours gérées comme elles l’ont été durant la décennie. Pour enfin, hypothétiquement, conclure qu’autant laisser la personne en place de continuer sa mission au cas où il y aura moins d’avancements du bien-être social résultant du changement des individus au sommet de l’état.

L’indignation et la préoccupation de cet article est quand seront tenus en considération les besoins du peuple démuni, le partage équitable de ressources nationales sans le confondre à l’alternance qui pourrait ne pas aboutir en rien. Cette préoccupation reste fondamentale et devrait inspirer nos politiciens afin qu’ils pensent au modèle global qui répondrait mieux au souci de servir le peuple plutôt que nous distraire alors qu’ils finissent à devenir des personnalités fortes qui dirigent un peuple meurtri. Pensez-vous que l’actuel président de la République peut faire un troisième mandat au lieu et place des autres personnes qui auront difficile à changer les conditions socio-économiques du peuple ? Ou pensez-vous que l’alternance du chef de l’Etat aboutira inévitablement à l’avancement positif du bien-être que méritent les congolais ?

Ntanyoma R. Delphin

Compte Twitter @delphino12

Email: rkmbz1973@gmail.com

Blog: www.edrcrdf.wordpress.com

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